Diane Albert: recycler les vêtements en œuvres d’art

Diane Albert n’a jamais été couturière, mais les tissus de toutes sortes la fascinent depuis longtemps. À partir de fourrures et de matière textile, elle crée des œuvres sur toile hors du commun.

En se promenant au centre-ville de Moncton, il est possible de visiter les deux expositions de Diane Albert en montre à l’Hôtel de Ville et à la bibliothèque publique. Par un pur hasard, les deux galeries qui sont situées sur la rue Main ont choisi de présenter ses œuvres en même temps.

Onze grandes œuvres sont rassemblées à la galerie de l’Hôtel de Ville, tandis que 20 tableaux de plus petit format sont exposés à la bibliothèque.

Fourrures, tissus, cuir, bijoux, objets précieux, sacs à main, souliers et boutons; tous des matériaux recyclés qui composent ses toiles tout en relief.

D’ailleurs, en les regardant on a presque envie d’y toucher. Brillantes, presque somptueuses, parfois avec un soupçon de mystère, ses œuvres abstraites très contemporaines s’inspirent de diverses thématiques.

Cette cuisinière de métier qui s’adonne à l’art textile depuis dix ans apprécie l’aspect tridimensionnel de cette forme d’art. Toutes les pièces sont cousues à la main sur la toile.

La surconsommation est aussi à l’origine de ses œuvres puisqu’elle utilise des matériaux recyclés.

«J’ai décidé de faire de la récupération parce qu’il y a beaucoup de vêtements qui sont jetés. Ça devient de la pollution. Au moins, il y a les friperies (qui récupèrent les vêtements) qui sont une bonne chose», a exprimé l’artiste de Shediac Cape en entrevue à la Galerie de l’Hôtel de Ville de Moncton.

Pour les titres de ses toiles, elle s’amuse avec les mots. Dans ce tableau, souligne-t-elle, elle a récupéré une de ses robes vétustes pour en faire un tango. Un autre tableau intitulé Entrer dans la zone grise fait un clin d’oeil à ses cheveux grisonnants qu’elle a décidé de ne plus teindre.

Une randonnée au parc Kouchibouguac, l’écologie, l’amitié, le tai-chi, les motifs et les couleurs constituent autant de sources d’inspiration. Elle peut travailler plusieurs semaines sur un même tableau. Ses œuvres réalisées de 2014 à 2019 laissent beaucoup de place à l’interprétation.

Encouragée par ses amis et son compagnon de vie et artiste visuel Paul André Babin, Diane Albert figure parmi les quelques artistes contemporains du textile en Acadie. Son approche est singulière. Son objectif est de faire sourire les visiteurs quand ils regardent les œuvres tout en leur fournissant quelques pistes de réflexion.

«J’ai fait ma carrière dans l’hôtellerie et je suis cuisinière de métier. Quand je préparais des repas pour de grandes occasions, on faisait de beaux plateaux avec par exemple des pommes sculptées en oiseau. Cela a peut-être eu une influence sur mon art.»

Par sa démarche, elle tient aussi à rendre hommage à des gens souvent oubliés qui sont engagés dans la fabrication des textiles ou d’objets décoratifs basés sur un statut social.

L’exposition à l’Hôtel de Ville est présentée du 6 janvier au 26 février et celle à la bibliothèque publique de Moncton s’étend jusqu’au 31 janvier. Un vernissage de l’exposition à l’Hôtel de Ville se tiendra bientôt.