Deux films acadiens primés en Louisiane

Le court métrage documentaire Belle-Île en Acadie de Phil Comeau et le drame Pour mieux t’aimer de Denise Bouchard et Gilles Doiron sont récompensés au Festival Cinéma on the Bayou à Lafayette en Louisiane.

Film de clôture du festival, Pour mieux t’aimer a obtenu le prix spécial du jury du long métrage de fiction, tandis que Belle-Île en Acadie a été couronné du Choix du festival.

Cinéaste chouchou du festival, Phil Comeau en est à son cinquième prix à ce festival qui célèbre cette année son 15e anniversaire. Chaque fois qu’il y a participé, il est reparti avec un prix. Le cinéaste confie que cette nouvelle récompense qui s’ajoute aux 16 autres trophées remportés par Belle-Île en Acadie depuis sa sortie lui fait chaud au coeur.

«Je suis super content surtout que ce sont les mêmes personnages que le premier film (Belle-Île-en-Mer, île bretonne et acadienne). En Louisiane, c’est bien parce que c’est un peu dans notre cour, alors ça vient me chercher plus que des prix en Inde ou ailleurs dans le monde», a exprimé Phil Comeau au cours d’un entretien téléphonique depuis Lafayette.

Des thématiques universelles

Si le film reçoit autant de récompenses partout où il est présenté, c’est qu’il traite de thématiques universelles qui dépassent les frontières de l’Acadie. Le cinéaste rappelle que la plupart des pays ont des minorités et des tragédies dans leur histoire qui ressemblent un peu à la déportation.

«Je sens que c’est quelque chose qui vient chercher les gens parce que ça les touche dans leur propre culture et leur identité personnelle. Dans les commentaires que je reçois, les mots ‘‘touchant’’, ‘‘émotif’’ et même ‘‘humaniste’’ reviennent souvent. C’est peut-être aussi simplement parce que j’écoute le monde quand il parle et que je réagis par rapport à ce qu’ils vivent.»

Le cinéaste a une feuille de route bien garnie avec 103 réalisations et 114 prix dans des festivals de cinéma. Il est reconnu aussi pour être capable d’aller chercher l’âme des gens. Son documentaire Vague d’Acadie a également été présenté au Festival cette année.

Les prix ont été remis cette semaine avant la fin du festival. Tous les films ont été vus à l’avance par les membres du jury. Les cinéastes reçoivent un trophée appelé le Goujon Caille représentant une espèce de poisson qui se pêche dans les bayous.

Une expérience hors du commun

Joint aussi Lafayette, Gilles Doiron a confié vivre une expérience hors du commun. Il a rencontré plusieurs cinéastes américains et les possibilités de coproduction entre la Lousiane et l’Acadie sont bien réelles, considère le cinéaste de Moncton.

«C’est vraiment cool de pouvoir venir ici et de passer du temps avec nos cousins cajuns. Ça, c’est un prix en soi.»

Le réalisateur est fier que leur long métrage a séduit le jury avec une histoire aussi complexe.

Le directeur du festival Pat Mire a souligné la qualité des images, de l’éclairage, du jeu, notant du même souffle le tour de force qu’ils ont réussi en produisant un long métrage de fiction avec un budget de moins d’un quart de million de dollars.

Gilles Doiron présentait aussi le documentaire Le Prince de l’Acadie à ce festival. Ces deux films pourraient lui ouvrir des portes en Louisiane.

Le Festival Cinema on the Bayou se termine mercredi (29 janvier) sur les images de Pour mieux t’aimer. Onze trophées ont été remis et le prix du public sera décerné plus tard cette semaine. Cette année, neuf œuvres acadiennes figuraient à la programmation.