Amélie Hall a vraiment envie de se faire plaisir

Amélie Hall nourrit de grands espoirs pour son troisième album qui, espère-t-elle, sera en parfaite symbiose avec son cheminement artistique et sa vision du monde. «C’est une suite, mais un fruit beaucoup plus mûr», confie cette auteure-compositrice-interprète qui cherche à se dépasser.

S’entretenir avec Amélie Hall, c’est aller à la rencontre d’une chanteuse et musicienne intègre et authentique. Après deux premiers opus, dont Cultiver l’amour paru en 2017, la chanteuse country de 36 ans a entamé la création d’un troisième album qui sortira plus tard cette année. Aucune date n’a encore été annoncée.

«Je suis rendue à un point où j’ai besoin de nourrir mon intégrité artistique. J’ai toujours senti que je n’avais pas encore fait le projet qui me respecte complètement. C’est pour ça que c’est dur à créer. Il m’obsède, c’est presque maladif et j’ai même été obligé de prendre une pause pour décrocher. J’ai toutes ces grandes idées et ces attentes pour cet album, mais je sais qu’il ne faut pas que je me mette trop de pression parce que ce ne sera pas le dernier.»

L’auteure-compositrice-interprète originaire de Tracadie considère que ses deux premiers disques ont été son école et sait maintenant ce qu’elle veut. Cette fois, son équipe lui a donné carte blanche et l’artiste a vraiment envie de se faire plaisir. Elle ne cherche plus à satisfaire des exigences commerciales. Ce sera avant tout un projet artistique, promet celle qui désire prendre son temps.

«J’ai besoin de faire un album qui me ressemble et j’ai passé à autre chose. Tout est plus mature. C’est vraiment plus un trip artistique qu’un trip commercial.»

Elle admet qu’elle a dû faire quelques sacrifices au début de sa carrière, mais le temps est venu de suivre son instinct.

«J’ai essayé beaucoup de choses en spectacle et j’ai la confirmation des gens que je m’en vais dans le bon chemin en suivant mon gut feeling pour le prochain album.»

L’Acadienne a connu une année 2019 merveilleuse avec plusieurs récompenses pour sa musique, dont le Prix SOCAN qui lui a ouvert les portes de Nashville. Ses rencontres et ses collaborations l’ont beaucoup inspirée. Le fil conducteur est toujours le country, mais avec quelque chose de plus vintage, de moderne et de folk.

«On se laisser bercer par l’inspiration. Si les chansons sont bonnes juste guitare et voix, peu importe ce qu’on va mettre dessus, ça sera de bonnes chansons. C’est ce que j’ai appris beaucoup à Nashville dans ma manière d’écrire.»

Influencée par de grandes artistes comme Dolly Parton, Joni Mitchell ou encore Carole King, elle a envie de se dépasser. Elle délaisse un peu les chansons d’amour pour se donner davantage de liberté et aller vers l’universel, comme dans le premier extrait Le bon dieu qui paraîtra prochainement.

La musique avant l’image

L’artiste qui se présente sur scène vêtue d’un jean et d’un t-shirt ne veut plus être jugée pour son allure, mais bien pour sa musique.

«Dans les dernières années, j’ai quasiment arrêté de faire des efforts sur tout ce qui est look parce que pendant des années, je me suis tellement fait juger pour mon apparence. On dirait que j’avais l’impression qu’il fallait que je travaille 100 fois plus fort pour être prise au sérieux.»

Le paysage musical commence à changer et elle se réjouit de voir les femmes prendre de plus en plus leur place.

«Ça fait 15 ans que je suis à Montréal et quand je suis arrivée, le show-business était mené par des hommes et j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Aujourd’hui, je travaille avec des hommes formidables, mais ça reste que c’est encore un milieu dominé par un monde d’hommes. Comme femmes, il faut qu’on travaille vraiment plus fort pour être prise plus au sérieux et que ce soit juste à propos de la musique.»

La fin de sa tournée en Acadie

Après Kedgwick et Tracadie, Amélie Hall s’arrêtera au théâtre du Monument-Lefebvre à Memramcook le 31 janvier à 19h30 afin d’offrir son concert intime Hale-toi une bûche. Accompagnée de Ray Légère au violon, la guitariste et chanteuse revisite les pièces de ses deux albums, avec des incursions dans les classiques du country américain et francophone. Elle leur donne un petit coup de fraîcheur et de modernité. Ce sont des chansons qui ont vieilli avec elle. Au fil des mois, ses admirateurs ont pu voter sur Internet pour leurs chansons favorites. La pièce C’est juste l’amour de Ronald Bourgeois arrive en tête du peloton. C’est d’ailleurs souvent cette pièce qui ouvre son tour de chant.

Depuis qu’elle a tourné en duo avec Hugues Aufray, Amélie Hall se plaît dans ce genre de formule intime.

«Je suis un peu une conteuse dans la vie. Je parle beaucoup entre les chansons et j’aime ça être proche du public.»

Son spectacle donnera le coup d’envoi à la nouvelle saison des concerts intimes au Théâtre du Monument-Lefebvre.