«Je me sens vivant sur une scène» – Luc LeBlanc

Que ce soit dans la peau de Citrouille qu’il incarne depuis un quart de siècle, au petit écran ou encore dans ses spectacles, Luc LeBlanc arrive à transformer le quotidien en humour. L’animateur du gala D’un rire à l’autre confie que c’est sur la scène qu’il se sent le plus vivant bien que ce soit très exigeant.

Si depuis quelques années, on le voit de plus en plus à l’écran notamment dans la comédie Les Newbies, le comédien continue de monter sur scène régulièrement, soit en enfilant son costume de Citrouille au Pays de la Sagouine, au théâtre ou comme humoriste. La scène c’est intense, mais il y a une véritable communion avec la foule, confie l’artiste.

«Je me sens vivant sur une scène, j’adore ça», a-t-il déclaré.

Il apprivoise de plus en plus la télévision, même si les tournages peuvent parfois être longs. Ce qui est merveilleux avec le petit écran, c’est que tout est capté, tandis que le théâtre demeure un art éphémère.

En tournée au pays avec la pièce L’incroyable légèreté de Luc L., Luc LeBlanc s’arrêtera au Festival HubCap, vendredi, afin d’animer, avec Julien Dionne, le Gala d’un rire à l’autre au Théâtre Capitol. Celui qui a déjà animé ce genre de gala ailleurs au pays entend s’amuser avec les humoristes.

«J’ai animé cinq galas et à toutes les places que j’ai animées, je n’étais pas connu, mais les autres humoristes l’étaient. Je vais leur renvoyer la balle en les présentant comme des humoristes purement inconnus avec un drôle d’accent», se promet-il.

Plus «boosté» que jamais

Après avoir créé un premier spectacle solo Boosté qu’il a promené un peu partout au pays et qui a été bien reçu par le public, l’humoriste acadien s’est remis à l’écriture. Ce sont des numéros individuels qui pourraient éventuellement être rassemblés dans un nouveau spectacle solo possiblement prévu pour 2021.

Pour écrire, il observe le monde qui l’entoure et s’inspire de son propre quotidien.

«Je suis plus un raconteur d’histoires. Ce qui me fait rire c’est un être humain dans une situation. Quelque part quand je vais au théâtre ou à un show d’humour, ce qui me touche ou me fait rire c’est quand je me reconnais.»

Il n’y a pas de modèle ni de recette magique pour créer un bon numéro d’humour. Luc LeBlanc en sait quelque chose pour avoir voyagé avec plusieurs humoristes dont les styles sont aussi variés que les couleurs du prisme.

«Chacun a ses limites, même Mike Ward!», lance-t-il en riant.

La force de Luc LeBlanc se trouve dans l’art de raconter une histoire. Il trouve son inspiration dans des situations quotidiennes. Il note ses idées dans un calepin qu’il garde à ses côtés. Souvent les idées surgissent avant de s’endormir.

«J’écris juste quelques phrases

et le lendemain, je vais explorer ça. Même avec mon téléphone, si je suis quelque part et que je trouve quelque chose de comique, je l’enregistre.»

En ce moment, il essaie de tester ses blagues le plus souvent possible devant un public. Même si elles ne sont pas légion, il reste que le nombre de scènes pour l’humour francophone commence à s’accroître dans la province.

Les avancées de l’humour en Acadie

La scène francophone a fait des bonds de géant à partir du moment où Juste pour rire s’est associé avec le Festival HubCap, estime Luc LeBlanc. Avant, il y avait la revue acadienne, mais peu d’humoristes acadiens osaient s’aventurer dans le stand-up.

«L’équipe de Juste pour rire a changé le volet francophone. Ils nous ont encouragés à faire du stand-up et on s’est lancé là-dedans. Il y avait moi, Jean-Sébastien Levesque, André Roy, Samuel Chiasson, Robert Gauvin et bien d’autres. Ç’a stimulé le rêve d’être humoriste.»

De plus en plus d’endroits ont commencé à offrir des spectacles d’humour en français, notamment avec Les Productions l’Entrepôt.

Cependant, peu d’artistes en Acadie arrivent à vivre seulement de l’humour. Ils font tous pratiquement autre chose, fait-il remarquer.

«Aujourd’hui, si on me demandait de nommer une personne en Acadie qui est humoriste et qui fait juste ça, je ne pense pas que j’en connais un.»

Un engouement pour les Newbies

Le 6 février, les Newbies, de la série télévisée du même nom, offriront pour la première fois un spectacle devant public. Le trio de comédiens qui fait fureur au petit écran montera sur la scène de la microbrasserie Cavok à Dieppe. Les billets se sont envolés dans un temps record et c’est présenté à guichets fermés.

«On s’apprête à faire des vidéos de promotion des Newbies. On s’est dit que vu que les trois (André Roy, Christian Essiambre et Luc LeBlanc) on a fait de l’humour qu’on allait essayer ça. Je ne pense pas que l’objectif est d’avoir un trio (permanent) qui s’appelle Les Newbies.»

Le Gala d’un rire à l’autre présenté vendredi à 19h au Théâtre Capitol réunira aussi, entre autres, Alexandre Bisaillon, JC Surette, Yves P. Pelletier, Alex Perron, Martin Bruyère et Charles Deschamps. Le spectacle sera filmé pour la chaîne Unis.