Sur les routes du Nouveau-Brunswick pour partager leur art avec la jeunesse

Éveiller la passion de la création, voilà un peu ce que se sont données comme mission la cinéaste d’animation Anne-Marie Sirois ainsi que la poète et femme de théâtre Joannie Thomas qui entreprennent une tournée à travers la province afin de partager leur expérience artistique avec des groupes d’élèves et des communautés.

Le Conseil provincial des sociétés culturelles a dévoilé, mercredi, les artistes qui prendront part à la tournée littéraire les Mots qui tournent et au programme Les Écrans baladeurs.

Joannie Thomas qui est l’auteure vedette de la 11e tournée littéraire s’est dite honorée de faire partie de cette aventure qui l’amènera aux quatre coins de la province. Il s’agit de la plus grande tournée littéraire jamais organisée par le CPSC avec au moins 13 villes à l’horaire.

«Je me rappelle du sentiment que j’avais d’être sur les bancs d’école. Quand on a des gens de l’extérieur qui viennent à l’école, c’est comme si ça ouvre une fenêtre sur un autre monde. Je me sens tellement fébrile et j’ai l’impression que je vais tout donner ce que je peux donner d’expérience», a exprimé Joannie Thomas.

Celle qui a publié un recueil de poésie Quatre pattes Catherine aux Éditions Perce-Neige, écrit des œuvres théâtrales et joué dans plusieurs pièces dont Huit femmes, veut stimuler et encourager la créativité chez les jeunes. Elle apportera ses cahiers d’écriture. Déjà en 5e année, elle écrivait des poèmes romantiques. Elle compte bien faire quelques lectures et des exercices d’écriture avec les groupes d’élèves qu’elle rencontrera.

«On va explorer et s’amuser avec les mots…Des fois on pense qu’on n’a pas le droit d’écrire parce qu’on fait des fautes et qu’on n’a pas un assez bon vocabulaire. J’ai juste envie d’enlever ces barrières-là et de vraiment leur permettre de se libérer. C’est tellement important de s’exprimer et de créer.»

Cette tournée est organisée en collaboration avec la Caravane internationale des dix mots qui a comme thème cette année Au fil de l’eau.

Une incursion dans les coulisses du cinéma

Après Herménégilde Chiasson, Mathieu Laprise et Ginette Pellerin, c’est au tour d’Anne-Marie Sirois de balader son cinéma. Artiste visuelle, auteure, illustratrice, la cinéaste d’animation compte à son actif six réalisations et une dizaine de segments qu’elle a créé pour d’autres films, allant du documentaire à la fiction, en plus de ses nombreuses collaborations. Sa carrière dans le domaine du cinéma d’animation s’étend de 1980 à 2005, sa plus récente réalisation étant Pssst; un film plutôt expérimental.

En tournée avec les Écrans baladeurs, elle présentera ses quatre derniers films qui ont eu recours à diverses techniques. Elle apporte aussi un paquet de dessins réalisés à la main.

«En les feuilletant rapidement, ils peuvent voir le mouvement. Ça va leur donner une idée de comment on travaillait, mais je n’ose pas dire que c’est démodé parce qu’il y a encore plein de cinéastes qui travaillent à la main. L’ordinateur s’est ajouté à ce qu’il y avait avant, mais il y en a encore beaucoup qui en font une grande partie à la main.»

En général, les enfants sont fascinés par l’immensité du travail derrière la réalisation d’un film d’animation. Pour un court métrage de quelques minutes, la cinéaste peut y travailler plusieurs mois souvent avec une équipe incluant coloriste, bruiteur et monteur.

«Pour Joséphine qui dure environ 4 minutes, ça m’a pris 11 mois à partir du moment où j’ai commencé à dessiner.»

L’artiste espère allumer une étincelle chez les enfants pour les arts et la création.

«J’adore partager mes connaissances avec les jeunes. C’est sûr que ce n’est pas tout le monde qui est appelé à devenir un cinéaste d’animation parce que la grande qualité que ça demande, c’est la patience.»

La tournée d’Anne-Marie Sirois débute ce lundi 10 février, tandis que celle de Joannie Thomas, le 17 février. L’artiste de la Péninsule acadienne sera accompagnée du cinéaste Paul Arseneau qui réalisera des micros-trottoirs sur les dix mots de la francophonie choisis par la Caravane des mots.

Ces deux tournées provinciales reposent sur un budget d’environ 35 000$ en partie financé par des programmes gouvernementaux.