Concert symphonique de 1755: un legs pour les prochaines générations

En concert avec les 80 musiciens de l’Orchestre des jeunes du Nouveau-Brunswick, samedi soir à Moncton, le groupe 1755 s’est offert une belle cure de rajeunissement. Ce grand coup de fraîcheur à une musique qui a traversé plus de quatre décennies a été acclamé par les 1800 spectateurs.

«On dirait que ça les propulse dans le temps. C’est comme une sorte de plan de succession. Il passe ça aux jeunes et cette musique-là va toujours vivre», a exprimé un spectateur Michael Bourque, à l’issue du concert au Centre de célébration Wesleyan.

La foule nombreuse a salué par une ovation bien sentie le groupe acadien et les 80 jeunes musiciens dirigés par Antonio Delgado. Mission accomplie: la fusion entre la musique symphonique et le folk, rock, country a été réussie. Selon la violoniste Catherine Gagné, le grand défi des musiciens a été le rythme.

«Il faut que ça swingue, il ne faut pas que ç’ait l’air coincé. Il fallait vraiment écouter et regarder Kenneth Saulnier parce que sa façon de manipuler l’archet est différente et on ne pouvait pas jouer de la façon classique et ç’a donné le son qu’on voulait», a affirmé la violoniste.

Celle qui a enseigné à plusieurs musiciens de l’orchestre a fait la route depuis Montréal pour pouvoir jouer dans ce concert.

«J’aime 1755 depuis que je suis toute petite. Quand j’ai vu que Tony Delgado faisait le concert avec l’orchestre, je lui ai écrit pour lui demander s’il avait besoin d’un autre violon et il m’a invitée à jouer avec eux. J’ai pris congé et je suis venue jouer avec eux et le groupe a même signé sur mon t-shirt», a affirmé fièrement la violoniste.

«Un beau buzz»

De la chanson Le monde a bien changé à La maudite guerre en passant par Le monde qu’on connait, Rue Dufferin, Vivre à la baie et quelques autres, le quintette a eu droit à un immense party de cuisine. Les membres du groupe étaient visiblement heureux du résultat. Parions qu’ils auront dû mal à se passer de l’orchestre à l’avenir.

«C’est un maudit beau feeling. Tout a bien été et le monde a très bien réagi. C’est un beau buzz. Ça va faire dull de se retrouver juste nous autres astheure», a mentionné en riant, Pierre Robichaud, en entrevue dans les coulisses après le spectacle.

Les membres du groupe aimeraient bien emmener l’orchestre avec eux lors de leurs prochaines tournées. Roland Gauvin a confié avoir vécu quelque chose d’extraordinaire en précisant qu’il s’agit d’un rêve qui devient réalité. L’ensemble du concert avec tous les musiciens s’est monté en deux jours, bien que le travail et la préparation ont commencé, il y a plusieurs mois.

«Toute la semaine, il y avait du monde qui nous demandait comment l’orchestre allait faire pour joindre nos deux musiques. Ce soir, ils (membres de l’orchestre) ont bien prouvé que c’était faisable. J’ai tellement eu de plaisir à entendre toutes les petites subtilités comme dans La maudite guerre. Les arrangements étaient beaux», a confié Roland Gauvin.

Kenneth Saulnier a été touché de voir l’immense talent des jeunes musiciens. «Il y en avait des violons avec moi et ce sont de très bons violonistes. C’était une expérience incroyable avec eux», a-t-il partagé.

Hommage à Gérald Leblanc et Gérard Forest

Avec leur humour légendaire, Roland Gauvin et Pierre Robichaud ont raconté quelques anecdotes, sans oublier de rendre hommage au parolier Gérald Leblanc, considéré comme le 6e membre du groupe, en revisitant quelques-unes de ses compositions. Ils ont tenu aussi à souligner le départ d’un autre des leurs, Gérard Forest, membre fondateur du groupe. Pour célébrer sa mémoire, ils ont interprété une pièce de Crosby, Still, Nash and Young.

À l’issue du concert, les commentaires des spectateurs ont été très élogieux.

«On a toujours vu 1755 sur la scène par eux-mêmes et voir des jeunes avec tellement de talent, jouer avec eux, c’était phénoménal. Ç’a donné un autre aspect et ça fait revivre 1755 en 2020», a commenté André Véniot.

Pour les amateurs de 1755, c’était l’occasion rêvée de les revoir dans un nouveau contexte et d’encourager l’orchestre et son travail notamment avec le programme Sistema.

«C’était magnifique. J’ai beaucoup aimé le fait qu’ils ont honoré Gérald Leblanc parce que sans lui, il n’y aurait peut-être pas eu 1755. Je trouve ça superbe et on vient aussi pour encourager les jeunes», a indiqué une autre spectatrice Liliane Poirier.

Le concert s’est achevé avec le traditionnel solo de batterie de Ronald Dupuis toujours aussi énergique. Il a été acclamé par le public. Le groupe a eu droit à un rappel qu’il n’avait pas nécessairement planifié, alors ils ont terminé le concert comme il l’avait commencé avec Le monde a bien changé.

En première partie, l’Orchestre des jeunes du Nouveau-Brunswick (OJNB) a présenté des œuvres du répertoire classique, dont Fantaisie sur Carmen avec la jeune violoniste Vasi Vangjeli comme soliste et la Symphonie No 7 en la majeur, op 92 de Beethoven. Avant d’entreprendre le segment final du concert avec 1755, ils ont interprété la pièce Bohemian Rhapsody de Queen.

L’OJNB rassemble la crème des jeunes musiciens de plusieurs régions de la province.

La soirée a été animée par le poète et homme de théâtre Gabriel Robichaud.