Shediac aura son studio de cinéma professionnel

Un studio de cinéma professionnel doté d’un écran vert ouvrira ses portes à Shediac en avril. Mené par le festival CinéRelève et la polyvalente Louis-J.-Robichaud (LJR), ce centre d’excellence en arts médiatiques qui a nécessité des investissements de 180 000$ desservira non seulement la clientèle scolaire, mais l’ensemble du milieu artistique de la province.

D’après le directeur général de CinéRelève, Jean-Pierre Desmarais, les travaux avancent bien. Un grand local de l’école LJR abritera ce nouveau studio.

Selon celui qui rêvait de ce projet depuis longtemps, le Studio CEAM (Centre d’excellence en Arts médiatiques) sera doté d’infrastructures uniques dans la province. À sa connaissance, il n’existe pas d’autre studio de cette ampleur à la fine pointe de la technologie au Nouveau-Brunswick.

«La plupart des écoles ont un tissu vert de 8 pieds sur 8 pieds pour faire du «green screen». Pour des entrevues, ça va encore, mais pas pour faire des scènes de cinéma», a affirmé le producteur, directeur du festival et du studio, Jean-Pierre Desmarais.

Le studio de Shediac abritera un écran vert d’une hauteur de 14 pieds et de 54 pieds de longueur sur deux murs.

«C’est très important d’avoir quelque chose de très grand qui nous permet de courir devant l’écran et de bouger comme il le faut. Ça va nous amener à un niveau professionnel.»

Les écrans verts permettent aux réalisateurs de faire évoluer les acteurs dans différents environnements, de les placer à peu près partout où ils le souhaitent et de créer des effets spéciaux. Ce type d’écran peut à la fois être utilisé en cinéma, en télévision, pour le tournage de publicité ou encore les jeux vidéos.

Un grillage suspendu avec un système d’éclairage, des ordinateurs, une caméra de grande qualité figurent aussi parmi les équipements qui seront installés dans le studio. Des travaux sont en cours afin d’insonoriser au maximum le local qui est adjacent au gymnase de l’école.

Les investissements pour construire ce studio sont venus des gouvernements fédéral et provincial, ainsi que d’une entreprise de film qui s’est engagée à fournir de l’équipement.

Jean-Pierre Desmarais estime que ce studio donnera la possibilité au Nouveau-Brunswick d’aller plus loin dans le domaine des effets spéciaux. Il précise que les producteurs de cinéma et de télévision ainsi que le milieu artistique de toute la province pourront se servir du studio moyennant des frais de location.

«Les élèves de l’école LJR seront les premiers à en profiter. Pour la première année du studio, on va inviter une école par district à nous soumettre un projet et l’année suivante, ce sera peut-être deux écoles.»

Le comité responsable du studio entend aussi mettre en place des formations et des sessions d’accompagnement pour les jeunes afin qu’ils puissent se familiariser avec les possibilités de l’écran vert.

Un cours de cinéma?

L’agent communautaire à l’École LJR, Rémi Robichaud, estime que ce nouveau studio permettra aux enseignants d’intégrer des projets en art médiatique dans leur cours.

Des élèves pourraient, par exemple, créer des projets en cinéma pour un cours de mathématique, de technologie ou encore d’histoire. Pour l’instant, les arts médiatiques ne figurent pas au programme scolaire.

«C’est notre souhait, qu’éventuellement lorsque le studio sera complété, de créer un cours d’art médiatique à l’école pour éventuellement attirer des jeunes francophones de la province à venir terminer leur secondaire à l’école Louis-J.-Robichaud.»

D’après Rémi Robichaud, les jeunes pourront ainsi approfondir leurs connaissances en cinéma et cela pourrait éventuellement les inspirer à faire carrière dans ce domaine.

Selon l’agent communautaire, plusieurs élèves s’intéressent au domaine du cinéma, notamment depuis la création du Festival de film étudiant CinéRelève. Certains ont même entrepris des études à l’école de cinéma à Vancouver.

L’inauguration du Studio CEAM est prévue le 24 avril à l’occasion du 7e Festival CinéRelève qui se tiendra du 22 au 26 avril.