Cent millions d’années: la voix et les mélodies de Christine Melanson

Violoniste talentueuse aux influences celtiques, Christine Melanson révèle une nouvelle facette de son art avec son deuxième album Cent millions d’années, aux accents folk et pop. Avec une voix à la fois délicate et chaleureuse, l’auteure-compositrice-interprète de Moncton invite le public à entrer dans son univers fortement inspiré par l’amour.

Après avoir fait paraître un premier disque de violon instrumental en 2016, Christine Melanson arrive avec un deuxième opus qui rassemble 11 de ses compositions, paroles et musiques. Si pendant plusieurs années, la violoniste n’a pas osé chanter, cette fois, elle s’y lance avec conviction.

Sans révolutionner le genre musical, cet album nous fait découvrir un univers singulier et personnel d’une artiste qui se présente sans artifice. Enveloppées dans des orchestrations sobres, la voix et la poésie de ses chansons occupent l’avant-plan. On se laisse rapidement bercer par sa voix et les mélodies.

Elle confie que c’est après avoir traversé un épisode d’épuisement sur le plan personnel et professionnel qu’elle a composé sa première chanson, La comète. À cette époque, elle ne chantait pas.

«Je l’avais envoyée à Monique Poirier pour qu’elle la chante ou qu’elle la propose à quelqu’un d’autre. Au lieu de la chanter de ça, elle m’a encouragé à la chanter. C’était la permission dont j’avais besoin pour chanter et continuer d’écrire des chansons», a raconté l’auteure-compositrice-interprète de 26 ans.

Malgré sa jeunesse, celle qui a commencé à jouer du violon à l’âge de 4 ans a déjà une feuille de route bien garnie. Elle est aussi guitariste, pianiste et membre du trio trad-folk Les Fireflies. À partir du moment où elle s’est donné la permission de chanter, elle a tout mis en œuvre pour développer sa voix et atteindre ses objectifs. Les pièces ont été écrites entre 2016 et 2019. Comme pour beaucoup de ses chansons, elle imagine un peu ce qu’elle aimerait qu’on lui dise. La comète se veut un chant d’espoir.

«La comète c’est ce que j’avais besoin d’entendre à ce moment-là et il y a beaucoup de chansons qui sont écrites comme ça. Il y a très peu de mes chansons qui sont inspirées d’événements qui se sont vraiment passés dans ma vie. Mon processus d’écriture est davantage basé sur des personnages que j’invente et des histoires que je leur donne parce que je trouve ça beaucoup moins compliqué d’inventer des histoires que d’essayer de résumer des grosses situations de vie en trois minutes et demie.»

Traversé par les multiples déclinaisons de l’amour, son album représente bien sa personnalité. Les relations amoureuses, l’amour universel, l’amour porté à un enfant à naître, pour un lieu ou encore pour la vie en général.

«Je crois qu’en tant que personne, je suis vraiment portée à donner de l’amour et de l’affection aux gens qui m’entourent. Des fois, les gens m’appellent ma tante Christine. Je crois que c’est parti de là et de mon besoin d’être proche des gens, de donner et de recevoir.»

Sources d’inspiration

Figurent parmi les titres qui retiennent l’attention, Comme une chanson d’hiver, Cent millions d’années et Pour rêver. Avec une formation universitaire en littérature, Christine Melanson ne laisse rien au hasard. Chaque mot, chaque note ont leur place.

«Souvent, le processus que j’utilise le plus souvent et que j’enseigne quand je donne des ateliers dans les écoles, c’est que j’ai un cahier et sur la page de gauche, je me donne tous les droits d’écrire juste des mots, des métaphores et des bouts de phrase et à droite, je suis capable d’écrire ce qui va vraiment aller dans la chanson.»

Chaque pièce repose d’abord sur un univers musical et une émotion qu’elle a envie d’exprimer. Si au début, cela peut sembler nébuleux, peu à peu les paroles et les mélodies se dessinent. La pièce Cent millions d’années qui aborde à la fois l’universel et l’intimité reflète bien l’esprit du disque. On retrouve sur la couverture une photographie de l’artiste Marika Drolet-Ferguson tirée de sa collection sur l’Islande.

Comme en spectacle

L’album a été enregistré à la salle Neil-Michaud de l’Université de Moncton. Christine Melanson a coréalisé l’enregistrement avec Xavier Richard.

«Le fait que je suis multi-instrumentiste et que j’ai des talents diversifiés, j’espère que ça inspirera aussi les jeunes filles à plus se lancer dans ce que j’ai fait et à se faire confiance.»

Ils ont réalisé l’enregistrement tous les musiciens ensemble, un peu comme s’ils étaient en spectacle. Cette pratique d’enregistrement qui remonte aux années 1960 est en train de faire un retour chez les musiciens. L’artiste estime qu’ainsi ils arrivent un peu à recréer l’ambiance que l’on retrouve en spectacle.

Elle adore être sur scène. Avec le chant, elle a le sentiment aussi d’entrer dans la peau d’un personnage pour interpréter ses chansons. C’est un véritable plaisir, confie celle qui présentera ses nouvelles chansons lors de son lancement d’album à la salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen, à Moncton, ce jeudi 12 mars à 19h. Elle sera alors entourée de Denis Surette aux guitares et de Nicolas Basque à la basse. Gabriel Robichaud a signé la mise en scène du spectacle.