Danny Boudreau en route vers un dixième album

Danny Boudreau a entamé la création d’un dixième album aux couleurs assurément country. Celui qui navigue depuis plus de 30 ans dans le milieu musical a envie plus que jamais de retourner à ses origines.

Installé pour quelques jours avec ses musiciens au studio La Classe à Memramcook, l’auteur-compositeur-interprète de Petit-Rocher s’est lancé dans la pré-production de son album. Si la plupart de ses spectacles du printemps risquent d’être annulés ou reportés en raison de la pandémie de COVID-19, il reste que la création n’attend pas.

En avril, il enregistrera deux albums; son dixième opus solo et un disque avec les Gars du Nord. Pour son nouvel album, il a choisi le Studio La Classe afin de travailler à nouveau avec le batteur et technicien de son Danny Bourgeois chargé du mixage audio.

L’idée de ce nouveau projet est partie de la chanson La Gibson de mon père qu’il avait écrite pour Patrick Norman. Au départ, il voulait produire un album avec des pièces qu’il a composées pour d’autres chanteurs, mais que lui-même n’avait pas mises sur disque.

En cours de route, sa vision a changé pour devenir un album qui regroupera principalement de nouvelles compositions. La collection comprendra trois compositions pour d’autres artistes, mais aussi de nouvelles chansons, dont certaines qu’il a composées avec un complice de longue date Louis-Marie Mathieu. C’est d’ailleurs avec lui qu’il a composé la chanson thème du 400e anniversaire de Québec.

«Le disque aura une facture plus country, plus assumée. Le duo Beauséjour c’était country avec un brin folk, mais celui-là ce sera très country. J’ai toujours aimé ça. Mon école première c’était ça. Quand je chantais dans les bars à 7 ans, c’était que du country avec mon père et ma sœur», a-t-il raconté.

Choriste depuis 30 ans pour des émissions country, Danny Boudreau baigne dans cette musique depuis très longtemps. Celle des icônes telles que Hank Williams, Willie Nelson, Waylon Jennings jusqu’aux racines du country québécois avec Willie Lamothe.

«Je pense que les vraies affaires se disent là et puis le country raconte de belles histoires. On est moins abstrait dans ce genre de musique, on raconte quelque chose. C’est ce que j’aime en partie dans le country et il y a des instruments qui me font vibrer.»

Avec ses musiciens, Justin Doucet au violon, Sylvain Doucet à la basse, Jesse Mea au clavier et l’accordéon, Mario Robichaud au piano, Danny Maillet à la guitare Dobro ainsi que Danny Bourgeois à la batterie, il a commencé à préparer la production du disque en choisissant les chansons et en explorant différentes sonorités en studio. Il a choisi le Studio La Classe afin de pouvoir enregistrer tous les musiciens ensemble, comme cela se faisait à l’époque. Ce studio dispose d’un grand espace.

«À ce moment-là, c’est beaucoup plus vivant et je trouve que la chanson est plus vivante comme ça.»

Exploration d’univers

Sur le disque, on retrouvera, entre autres, un duo avec Ronald Bourgeois. L’artiste confie que ses collaborations avec d’autres auteurs-compositeurs ont alimenté son inspiration. Une chanson sur l’avenir de la planète Terre promise, un autre titre Jour d’automne, pour son père, figurent parmi les pièces qu’il a choisies.

«Mon père revient souvent parce qu’il a été tellement instrumental dans le fait que je fasse ce métier aujourd’hui.»

En passant du temps en studio, il a pu commencer à concevoir la réalisation du disque en utilisant les forces de chaque musicien. Il envisage d’entrer à nouveau en studio en avril pour la production. Il aimerait bien pouvoir sortir un premier extrait au printemps pour ensuite lancer ce nouvel opus à l’automne.

«Je pense que ce sera un beau mélange. Il y a une chanson au style de la Louisiane, une autre plus d’été et de route. L’influence vient beaucoup du son qu’on entend de Vince Gill avec la guitare Dobro de Danny Maillet. C’est un peu cet univers que je veux aller chercher.»

Ce projet country sera-t-il le dernier album physique de sa carrière? Danny Boudreau a déjà dit en entrevue qu’il n’avait pas l’intention de dépasser les 10 albums physiques, compte tenu de la situation dans l’industrie du disque. Or, il n’est plus tout à fait certain puisqu’il n’a pas encore réalisé le troisième volume de son album hommage aux poètes acadiens. Il rappelle que les artistes ont encore besoin de produire de disques pour pouvoir tourner avec leurs spectacles.