P’tit Belliveau: une rencontre entre le banjo et l’électro

Avec humour et légèreté, l’auteur-compositeur-interprète P’tit Belliveau propose pour son premier album, une exploration du quotidien fortement inspirée de son coin de pays, la Baie Sainte-Marie. Des chansons dans l’air du temps sur fond de country-folk où le banjo croise les synthétiseurs et les rythmes électros.

Jonah Richard Guimond alias P’tit Belliveau sort un premier disque qu’il s’est amusé à intituler Greatest Hits Vol.1. «Pourquoi pas!», lance l’auteur-compositeur-interprète avec humour. «Je trouvais ça juste drôle», poursuit le musicien qui propose dix chansons à ne pas trop prendre au sérieux.

Auteur et musicien ingénieux, il a le tour d’aborder certains travers de l’humanité pour les rendre plus légers. C’est ainsi qu’il a composé Income Tax à propos d’une personne qui se lance dans la dépense effrénée de son remboursement d’impôt. L’artiste raconte que cette façon de voir la vie est tout à fait naturelle pour lui.

«C’est juste comme ça que je vois le monde. Il y a beaucoup de monde qui se prend au sérieux et pour moi, c’est facile de rire de bien des affaires. Le monde est tellement fucked up (foutu) qu’on a besoin de prendre les choses moins au sérieux pour ne pas virer fou.»

Même s’il est établi à Moncton, P’tit Belliveau continue d’être fortement inspiré par la Baie Sainte-Marie. Que ce soit la vie quotidienne de cette région ou encore les musiciens locaux; tout le ramène à cette région acadienne de la Nouvelle-Écosse où il a grandi.

«J’aime bien Moncton, mais c’est une ville comme beaucoup d’autres. En général, mes sujets sont plus basés dans le quotidien. Si j’écris à propos de ces sujets, c’est à cause que j’ai tout le temps eu une vie assez simple.»

Avec cet album, il nous présente une suite de petites histoires du quotidien dans lesquelles bien des gens peuvent se reconnaître. Comme on dit dans sa biographie, son premier album est «une suite d’histoires volontairement simples, un réconfort qui vient de la mer et de ceux qui mènent des petites batailles sans faire de vagues.»

Un mariage de styles

Celui qui a atteint la finale des Francouvertes en 2019 avec son groupe, Les grosses coques, propose un amalgame de sonorités. Il navigue aisément à travers le country, le folk, la pop et l’électro donnant ainsi un son particulier à sa musique. Il y a quelque chose de très dansant.

«Au niveau du son en général, ce qui m’a inspiré c’est toute la musique qui jouait sur notre radio communautaire à la Baie Sainte-Marie, CIFA. En grandissant, j’entendais souvent des musiciens locaux qui chantaient avec un petit drum machine, une guitare mal accordée et ils ne chantaient pas si bien que ça. Ça donnait une vibe (ambiance) assez unique. En grandissant, je croyais que tout le monde écoutait cette musique-là.»

L’idée de jouer cette musique inspirée des orchestres de garage lui est donc venue de façon naturelle.

«L’idée de faire du country mal accordé genre DIY (Do it yourself) avec des drum machines dans un garage, c’est de quoi que j’ai tout le temps eu dans ma tête. De mon point de vue, c’est une continuation de ça, à la différence que c’est un peu plus pop, un peu plus radiophonique, mais il reste que je veux que ce soit du DIY, un peu garage comme ce l’était avant.»

Sur le disque, il joue pratiquement tous les instruments. Quelques musiciens, dont Guyaume Boulianne, ont collaboré à certaines pièces, mais dans l’ensemble tout est joué par P’tit Belliveau. Il partage la réalisation de l’album avec Emmanuel Ethier, l’un des réalisateurs les plus recherchés à Montréal.

Son album sera disponible à compter du 27 mars. Par contre, ses lancements et tous ses concerts sont remis à plus tard en raison de la situation entourant le coronavirus.

«Nous avons annulé ou reporté tous les événements des 30 prochains jours. On ne sait pas quand on va annoncer la tournée. On va essayer de faire un plan, mais c’est difficile de faire des plans en ce moment», a-t-il ajouté.