Acadie: le milieu de la BD salue l’oeuvre d’Albert Uderzo

Le décès de l’un des pères d’Astérix, Albert Uderzo, attriste des bédéistes en Acadie qui se joignent au milieu de la bande dessinée pour saluer l’oeuvre du dessinateur français considéré comme un monument dans son domaine. Selon les créateurs, c’est un peu comme si l’une de leurs étoiles venait de s’éteindre.

Qui ne connaît pas la fameuse potion magique des irréductibles Gaulois ou encore le petit chien Idéfix et les menhirs d’Obélix. Ces personnages colorés qui résistent contre vents et marées à l’Empire romain sont bien ancrés dans la culture populaire et le patrimoine littéraire depuis près de 60 ans.

Avec des albums vendus à plus de 380 millions d’exemplaires, disponibles dans plus d’une centaine de langues, Astérix est considéré comme la plus grande série de bandes dessinées du monde francophone avec Tintin. L’influence du dessinateur français trouve écho jusqu’en Acadie.

Albert Uderzo est décédé mardi à l’âge de 92 ans d’une crise cardiaque, rapporte le journal Le Monde.

«Je trouve que c’est triste. J’aime beaucoup la bande dessinée et quand quelqu’un de cette grandeur-là meurt, c’est comme si la reine d’Angleterre était morte dans le monde de la bande dessinée», a exprimé le bédéiste Roland Daigle de Petite-Aldouane près de Richibucto.

Même si l’auteur de la bande dessinée Alerte à Richibuto se considère davantage comme un disciple d’Hergé (créateur de Tintin), il reconnaît l’immense influence d’Albert Uderzo. Le bédéiste acadien qui a étudié la bande dessinée en Belgique explique qu’il y a deux grandes écoles de BD; celle de Bruxelles associée au style de Tintin et celle de Charleroi influencée par le style d’Astérix.

«Tintin c’est la ligne claire et plus technique tandis qu’Astérix c’est comme le pinceau et c’est moins un trait uniforme et c’est plus expressif. On pourrait dire que ce sont les deux sources de dessin de la BD. Les deux grands styles et de là, il y a beaucoup de choses qui ont évolué. Ç’a tellement influencé de dessinateurs», a commenté Roland Daigle.

À son avis, la série Astérix figure parmi les premières bandes dessinées à se distinguer des comics américains et à s’adresser à un plus large public. Avec Astérix, on est souvent dans l’ironie, les histoires à double sens et les jeux de mots. Bien que les histoires se situent à l’époque des Romains avant J.-C, elles mettent souvent en lumière des enjeux humains et sociaux actuels.

Pour la jeune bédéiste Camille Perron-Cormier, Astérix est un incontournable. Celle qui a fait des études en bande dessinée en Outaouais au Québec salue le travail d’Albert Uderzo qui a réussi à créer un univers original dans un mélange d’humour et d’aventures. C’est aussi une bande dessinée qui s’adresse autant à la jeunesse qu’aux lecteurs plus âgés.

«Je pense que ce qui me frappe c’est l’humour et beaucoup les dessins, les gestes et les expressions. À l’âge que j’ai commencé à regarder Astérix, j’aimais plus regarder les dessins et ça marchait quand même. C’est le fun pour les adultes autant que pour les enfants. Ça nous fait découvrir aussi un peu la France, l’Europe et l’histoire ancienne.»

La dessinatrice de Moncton qui a un projet d’illustration avec les Éditions Bouton d’or Acadie et une bande dessinée en création rappelle que cette série a transcendé ses créateurs puisqu’elle a été reprise par d’autres auteurs.

Depuis la retraite d’Albert Uderzo en 2011, des auteurs et dessinateurs ont pris la relève afin de créer de nouveaux albums d’Astérix.

«Je pense que c’est une série qui va rester longtemps dans nos bibliothèques», a ajouté Camille Perron-Cormier.

Albert Uderzo a créé cette bande dessinée avec l’auteur René Goscinny. Ce dernier est décédé en 1977 et Uderzo a choisi de poursuivre seul les aventures d’Astérix. Le premier album Astérix Le Gaulois a été publié en 1961. Un total de 38 albums a été publié à ce jour. Des films, des dessins animés et divers produits dérivés ont été créés à partir de cette série.