Un projet de chant choral virtuel pour rompre la solitude

Pour briser l’isolement, quoi de mieux que le chant choral. En cette période de confinement, un enseignant de musique d’Edmundston, Marc-André Pelletier, a mis sur pied un projet de choeur virtuel.

En quelques jours, le Choeur virtuel de l’Acadie a rejoint plus de 500 personnes. Un projet similaire qui date d’une dizaine d’années lui a donné envie de répéter l’exercice, mais avec les technologies d’aujourd’hui.

«C’était assez impressionnant et ça m’a donné l’idée qu’on pouvait refaire ça dans le but d’arrêter l’isolement et de rapprocher les gens qui sont seuls à la maison», a expliqué Marc-André Pelletier.

L’enseignant de musique de la région d’Edmundston qui a dirigé plusieurs chorales, dont celle des Éloizes et des célébrations d’ouverture du Centre Jean-Daigle, s’est donc lancé dans l’aventure avec l’aide de sa conjointe Chantal Doiron-Pelletier qui est aussi enseignante de musique.

«Quand j’ai vu tous les concerts de chorales qui étaient annulés ou remis, je me suis dit pourquoi ne pas leur donner l’occasion de chanter encore et de faire partie d’un groupe, de partager de la musique et de se changer les idées.»

Le chef de choeur a choisi la chanson traditionnelle Partons la mer est belle. Ce folklore acadien et français est connu au-delà des frontières de l’Acadie. Il espère ainsi attirer des gens non seulement de toutes les régions du Nouveau-Brunswick, mais aussi d’ailleurs au pays et de l’étranger. Parmi les participants, il y a déjà des choristes du Québec et de l’Europe qui se sont joints au projet. Claude-André Lavoie a créé un arrangement spécial de la pièce pour quatre voix (soprano, alto, ténor et basse).

Afin d’éviter un décalage dans les voix, Marc-André Pelletier a opté pour la vidéo. D’ici quelques jours, il enverra à chacun des choristes participants une vidéo de la chanson interprétée par un soliste (selon le type de voix). Par la suite, ceux-ci doivent chanter la pièce en suivant la même cadence que la soliste et en filmant leur performance. Ils achemineront leur vidéo au chef de choeur.

«Étant donné que tout le monde va chanter à la même vitesse, la synchronisation sera beaucoup plus facile au niveau du montage.»

Des monteurs vidéos et audios se chargeront ensuite de réaliser la première prestation du Choeur virtuel de l’Acadie. Marc-André Pelletier prévoit recevoir toutes les vidéos d’ici le vendredi 3 avril pour ensuite passer à l’étape du montage qui pourrait prendre un certain temps. Il n’a pas fixé de date de lancement, puisque cela dépendra du temps de montage.

Les bienfaits du chant choral

M. Pelletier estime que ce genre de projet rassembleur donne un sentiment d’appartenance à une communauté.

«Même si on ne se voit pas nécessairement en personne, on sent qu’on fait partie d’un groupe encore et d’un travail collectif. Les gens s’associent aussi à leur timbre de voix. En plus de ça, ça change les idées et ça nous donne un but. Les personnes ont besoin d’avoir des buts dans la vie», rappelle l’enseignant.

Même si plus de 500 membres suivent le groupe, il ne sait pas encore le nombre exact de choristes qui participeront réellement au projet. Il se dit prêt à accepter tout le monde même ceux qui n’ont pas d’expérience en chant choral, pourvu qu’ils connaissent leur timbre de voix. Une fois l’expérience terminée, il n’écarte pas l’idée de réaliser un deuxième projet virtuel collectif si les monteurs audio et vidéo sont toujours disponibles.

«Et si ça continue après la quarantaine, peut-être que le choeur deviendra permanent et qu’on ira chercher des chansons originales acadiennes peut-être plus actuelles», a ajouté le chef de choeur.

Celui-ci tient aussi à maintenir l’aspect communautaire de la chorale afin de démontrer qu’il est possible de réaliser des projets d’une telle ampleur sans être nécessairement des super étoiles.