L’art de visiter des expositions sans se déplacer

Comment recréer de façon virtuelle la visite d’une exposition d’oeuvres d’art en galerie? La cinéaste et assistante à la direction de la Galerie Sans Nom, Angie Richard, tente par ses vidéos de rendre l’expérience la plus authentique possible.

Depuis le confinement, la galerie d’art contemporain du Centre culturel Aberdeen offre des visites virtuelles de trois expositions: L’intimité spectacle de Sarah Thibault, Abstracted Landscapes d’Émily Phillips et Une structure, découverte par la coupe de Mathieu Léger.

Angie Richard a réalisé les trois vidéos qui permettent au public de parcourir les expositions de façon virtuelle. La vidéaste de Moncton qui a déjà réalisé plusieurs courts métrages admet que filmer une exposition comporte son lot de défis.

«Ça m’a pris plus qu’une fois. Je suis retourné peut-être trois, quatre fois à la galerie parce que j’arrivais chez nous, je regardais les vidéos et je trouvais que ça ne rendait pas justice à l’expérience qu’on vit en galerie», a expliqué Angie Richard.

Comment capter l’énergie qui se dégage de l’exposition? Elle a pris le temps de filmer les œuvres sous plusieurs angles, avec des plans rapprochés et différentes compositions afin d’illustrer l’ensemble de l’exposition.

«J’ai voulu que ça se se passe un peu comme si on est un spectateur dans la galerie et qu’on ait le temps de passer quelque minutes devant chaque œuvre et donner le temps de vraiment regarder et d’expérimenter l’oeuvre.»

Pour ajouter à la visite, elle a intégré des musiques créées par deux artistes de la scène émergente, Andrea Cormier et Soft Goods (Scott Beaulieu).

«Ce sont des amis et comme on est tous en train de s’entraider, j’ai pensé que ça pourrait les encourager. Je leur ai demandé de m’envoyer une musique qui irait bien avec les expositions.»
Angie Richard a été appuyé dans la production de ces vidéos par le collectif HAT, dont elle fait partie. Tracey Richard et Hyacinthe Raimbault sont les deux autres artistes membres du collectif.

Des approches artistiques variées

Dans son exposition, Sarah Thibault poursuit ses recherches sur l’intérieur bourgeois en investissant la Galerie Sans Nom de moulures dorées, de caissons muraux, à travers lesquels sont intégrés des vidéos, des textiles et des papiers. Ses œuvres sont un croisement entre l’art décoratif et la nature.

Pour sa part, Émily Phillips est fortement inspirée par la beauté, le drame et la diversité des paysages de la Baie de Fundy. Ses peintures qui se rapprochent de l’art abstrait proposent une nouvelle façon de voir le paysage. Comme le souligne la directrice de la galerie, Catherine Arseneault, cette artiste qui est représentée par la Galerie Murmur à Moncton réalise habituellement des peintures très détaillées presque hyperréalistes. Cette fois-ci, elle s’éloigne davantage du sujet pour créer des formes simplifiées et des combinaisons de couleurs afin de construire et déconstruire les paysages.

Membre de la Galerie Sans Nom depuis longtemps, Mathieu Léger présente son travail sur le mur des membres. Il a participé à plus de 70 résidences de création à travers le monde. Dans cette nouvelle série d’oeuvres sculpturales, il explore la surface et la structure des plans géométriques. L’artiste s’intéresse à l’aspect performatif de la coupe elle-même et ce qu’elle peut révéler. Dans chacune de ses œuvres, il y a une coupe qui dévoile autre chose derrière.

Ces trois expositions sont en montre sur le site web de la Galerie Sans Nom. La GSN qui demeurera fermée jusqu’à nouvel ordre proposera une série d’activités sous forme virtuelle au cours des prochaines semaines. En mai, elle tiendra son encan annuel Hors d’oeuvres en ligne. Bien qu’une bonne partie de sa programmation est annulée ou modifiée, des oeuvres du Festival de musique expérimentale et d’art sonore Re:Flux 14.5 seront présentées sur le web. Les détails seront annoncés plus tard.