Cours, Ben, Cours!: un roman interactif où le lecteur devient le héros

Dans le roman jeunesse Cours, Ben, Cours! de Philippe Garon et Sonia Cotten, il n’y a qu’une fin, mais plusieurs chemins pour y arriver. Ce récit interactif qui propose aux lecteurs de choisir sa route à chaque étape nous entraîne dans une aventure palpitante où le réalisme côtoie le merveilleux.

Pour son 5e ouvrage et premier roman jeunesse, l’auteur Philippe Garon, de Bonaventure en Gaspésie, a fait appel à la poète Sonia Cotten de Rouyn-Noranda en Abitibi.

Par correspondance, ils ont construit et écrit ce roman qui vient de paraître aux Éditions Bouton d’or Acadie.

L’auteur gaspésien précise qu’il doit beaucoup à l’Acadie avec qui il partage plusieurs affinités culturelles. En plus d’avoir publié trois livres chez des éditeurs acadiens, il a rencontré Sonia Cotten au Festival de poésie de Caraquet, il y a une dizaine d’années.

Philippe Garon a travaillé plusieurs années à mijoter et à écrire ce premier roman jeunesse. Il raconte qu’il est en quelque sorte retombé en enfance. Dans sa jeunesse, il lisait beaucoup d’ouvrages de la collection des romans dont vous être le héros. C’est d’ailleurs ce type de romans qui lui a donné la piqûre de la fiction et que sa passion pour l’écriture a émergé.

Il trouve son inspiration dans le monde et dans l’action. Pour écrire ce roman, il a commencé par des ateliers en milieu scolaire.

«Ce que je voulais c’était de m’inspirer le plus possible des idées des enfants. Je me promenais avec un petit sac de thèmes que je souhaitais aborder dans le livre. Je proposais ces idées aux enfants qui eux faisaient de l’improvisation autour de ces thèmes-là. Tranquillement pas vite, j’ai brodé les intrigues de Cours, Ben, cours!», a-t-il expliqué.

Artisan de l’action

Même si la fin est commune à tous, il y a plusieurs variantes à l’histoire, exigeant ainsi une grande gymnastique technique. À chaque étape, le lecteur choisit la direction qu’il veut prendre. Celui-ci devient donc un artisan de l’action.

L’écriture a été assez complexe, convient le romancier. Il faut que le tout se tienne bien. À un certain moment dans le projet, il a ressenti un découragement et c’est là que Sonia Cotten est venue lui prêter main-forte.

«On travaillait souvent en ping-pong. J’ai apporté un regard extérieur un peu comme de la direction littéraire, aider à sortir des sentiers battus, proposer de nouvelles aventures, améliorer les personnages et puncher les récits. À un certain niveau, c’est Philippe qui l’a fait et après ça, j’ai embarqué pour bonifier tout ça et en faire le meilleur livre possible», a raconté Sonia Cotten.

La poète qui en est à son premier roman apprécie le fait que le lecteur soit actif. C’est aussi un groupe d’âge qui l’intéresse puisqu’elle côtoie beaucoup d’enfants dans le cadre de son travail de coordonnatrice à l’animation de la bibliothèque publique de sa ville.

L’éloge de la différence

Cours, Ben, Cours! raconte les aventures d’un garçon, Ben, de son père, l’homme-tronc nommé Monsieur Baptiste, et d’une corneille albinos. Ils vivent dans une ville très laide, noire et salle. Un train déraille et toute la ville brûle. Ben installe son père, qu’il n’arrive plus à réveiller, dans une poussette pour fuir le brasier. Dans leur course, ils rencontrent une corneille albinos qui les guidera vers d’autres lieux. Un périple s’en suivra où ils croiseront la troupe de la Marigouronde, un cirque ambulant et le club de l’Effort humain.

Le récit met en scène divers personnages qui vivent avec des différences. Un géant au grand coeur, une femme à barbe, l’homme caoutchouc, pour ne nommer que ceux-là.

«Mon fils est autiste, ça fait que moi dans mon quotidien l’acceptation de la différence et la souffrance que volontairement ou non, les gens infligent aux personnes différentes est un enjeu qui m’habite au quotidien. Je pense qu’on n’en parlera jamais trop même si je ne veux pas que ce soit didactique.»

Pour Philippe Garon, il est important que l’écriture repose sur une expérience de vie et une pensée philosophique, avec des valeurs et une vision de ce qu’est l’être humain.

L’auteur avait envie d’aborder les questions écologiques et la menace qui pèse sur l’environnement.

Pour le style, il s’est rattaché au réalisme merveilleux, lui permettant ainsi de faire apparaître des éléments magiques dans une histoire qui à première vue semble normale. Ainsi, des animaux parlent, des personnages ont des super pouvoirs et il y a certains phénomènes physiques qui défient la réalité.

Pour marquer le lancement de cet ouvrage, les deux auteurs présenteront un entretien sous forme de Facebook en direct, le mardi 14 avril à 15h. Léonore Bailhache des Éditions Bouton d’or Acadie dirigera l’entretien qui sera interactif. Par clavardage, les spectateurs pourront choisir les chemins que prendra l’histoire.