COVID-19: le secteur artistique encouragé par les mesures d’aide

Avec l’élargissement des mesures d’aide d’urgence fédérale pour les travailleurs et les organismes affectés par le coronavirus, l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) a bon espoir que le secteur artistique pourra surmonter cette crise.

Le président de l’AAAPNB, Philippe Beaulieu, arrive ainsi un peu aux mêmes conclusions que celles du rapport préliminaire d’un sondage du Conseil des arts du Canada sur les mesures fédérales d’aide d’urgence et le secteur des arts. Le sondage lancé auprès des clients (artistes et travailleurs culturels) du Conseil des arts du Canada a obtenu rapidement une réponse. En 48 heures, plus de 7500 personnes, soit 27% des gens interrogés ont répondu au sondage.

Les réponses démontrent un niveau élevé de confiance à l’égard des mesures d’aide d’urgence du gouvernement fédéral. Soixante-et-un pour cent des répondants ont déclaré que le secteur des arts surmontera la crise provoquée par la pandémie avec le soutien des programmes d’aide annoncés par le gouvernement fédéral. Du côté du Nouveau-Brunswick, 65% d’entre eux jugent que le plan d’aide du fédéral les aidera à traverser la crise.

Au moment du sondage, 40% des répondants néo-brunswickois ont indiqué qu’ils allaient faire une demande pour la prestation canadienne d’urgence (PCU).

La situation évolue constamment et depuis le sondage qui a été fait le 6 avril, le gouvernement fédéral a élargi les critères de la PCU afin d’englober davantage de travailleurs, a fait remarquer Philippe Beaulieu. C’est donc dire que plus d’artistes et de travailleurs culturels pourront faire des demandes.

«Le programme a été élargi donc il va y avoir moins de citoyens qui vont passer à travers les mailles, entre autres, les artistes qui reçoivent des droits d’auteurs ou qui gagnent 1000$ ou moins, ils vont maintenant pouvoir profiter de l’aide et avoir accès à ce programme-là», a expliqué M. Beaulieu.

L’AAAPNB a tenu une rencontre virtuelle avec ses membres et plusieurs d’entre eux ont même déjà reçu la PCU ou encore la prestation du gouvernement provincial de 900$. Philippe Beaulieu se dit encouragé par les actions prises par le gouvernement fédéral et provincial pour venir en aide aux artistes comme à l’ensemble des travailleurs, même s’il convient que la situation est sans précédent.

Le sondage du Conseil des arts du Canada révèle que certains segments du secteur artistique demeurent toutefois plus à risque tel que les organismes culturels qui dépendent de travailleurs autonomes et ceux dont la masse salariale est inférieure à 50 000$. Il faut aussi noter que de nombreux organismes doivent assumer des coûts fixes élevés qui ne sont pas couverts par les mesures d’aide d’urgence, comme les coûts d’entretien des lieux et de production et de diffusion. De plus, les organismes de taille petite et moyenne indiquent qu’ils sont moins portés à demander des prêts.

«C’est sûr qu’il faut voir au fur et à mesure et qu’il y aura peut-être d’autres problèmes, mais nous sommes très encouragés par l’ouverture de nos gouvernements, ce qui nous permet de garder espoir parce que personne ne sait combien de temps ça va durer.»

Philippe Beaulieu rappelle que le budget du Conseil des arts du Nouveau-Brunswick a été augmenté de 500 000$ et que les artistes peuvent toujours faire des demandes de bourses dans le cadre des programmes de création et de documentation. La date limite pour soumettre des demandes dans ces deux programmes a été prolongée jusqu’au 30 avril.

Le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture travaille actuellement avec des organismes artistiques, dont l’AAAPNB, pour élargir le programme de prestations artistiques virtuelles, NB Chez Soi, à d’autres disciplines comme le théâtre, la danse, la littérature et la peinture.