Dans l’univers éclaté de l’artiste Guillaume Desrosiers Lépine

Le Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD) propose de découvrir depuis la maison, l’installation artistique Nerikomi de Guillaume Desrosiers Lépine. Puissante, immersive et opulente, son exposition qui occupe tout l’espace de la galerie fait appel à plusieurs disciplines.

Cette installation, qui s’intitule Nerikomi: comment réfléchir à l’intérieur de la matière, est exposée à la Galerie du CACD depuis le mois de mars, mais compte tenu de la crise sanitaire, l’institution a fermé ses portes et le vernissage a été annulé. Or les responsables du CACD et l’artiste ont décidé d’offrir une alternative virtuelle en présentant du contenu et des illustrations des œuvres sur la Toile. Chaque semaine, le Centre publiera du nouveau matériel sur son site web et sur les médias sociaux. Ces images permettent de donner un aperçu du travail de l’artiste.

Ayant vu l’exposition en galerie juste avant le confinement, on peut dire que l’artiste a créé une installation hors du commun qui nous transporte dans une véritable expérience artistique. Professeur de peinture et d’art médiatique au département d’art visuel de l’Université de Moncton, Guillaume Desrosiers Lépine navigue à travers divers médiums.

«Les artistes en art contemporain vont travailler avec plusieurs techniques des fois même des techniques qui ne sont pas reliées directement au champ des arts visuels, je m’inscris vraiment dans cette filiation-là», a-t-il expliqué lors d’une entrevue récente.

Ayant fait des études au Canada, au Brésil et en France, Guillaume Desrosiers Lépine présente sa première exposition solo au Nouveau-Brunswick. Il en met plein la vue. Issu du monde de la peinture, il serpente vers d’autres techniques que ce soit la sculpture, la céramique et différentes technologies, comme la photographie, la numérisation et l’impression. C’est d’abord une recherche plastique qui guide son travail. Il s’est intéressé notamment à une technique de façonnage utilisée dans le monde de la céramique, appelée nerikomi. Au lieu d’appliquer la couleur sur une surface, il l’applique dans la matière comme une pâte qu’il tranche pour ensuite redécouvrir la couleur et les motifs. Il travaille donc avec la peinture, la céramique et la pâte à modeler.

«On ne sait pas trop ce qui se passe à l’intérieur du pain dans lequel on mélange les couleurs et c’est ce que je trouve fascinant donc j’ai besoin de me transposer un peu à l’intérieur de cette chose-là pour réfléchir aux motifs qui vont en sortir et puis je trouve ça super intéressant parce que c’est une autre façon de travailler l’application de la couleur.»

Une exposition immersive

L’exposition occupe vraiment tout l’espace de la galerie. Il y a des imprimés, des peintures et des dessins qui tapissent l’entièreté des murs et des planchers, en plus des œuvres installées sur des socles. On a l’impression d’entrer littéralement dans le travail de Guillaume Desrosiers Lépine.

«Ça permet de penser le travail dans une grande circulation, une grande fresque et un grand panorama. Je tenais à faire une exposition à cette saveur très généreuse et très opulente, un peu pour dire merci à tout le monde ici et de l’accueil que j’ai reçu», a partagé l’artiste québécois.

À cette technique plutôt artisanale, le créateur oppose des œuvres numériques faisant appel à l’ordinateur, au numériseur et à la photographie. Il fait circuler ses œuvres à travers différentes étapes: photographie, imprimé et peinture.

On retrouve aussi dans cette exposition de grands dessins réalisés au stylo bille. Il y a une finesse et une minutie dans ce travail de répétition qui donne un effet visuel s’approchant du frétillement des feuilles des arbres, explique l’artiste. Certaines peintures sont en lien avec l’histoire de l’art optique.

«Je les ai faits parce que je trouve ça intéressant qu’aujourd’hui on a une quête de la netteté. On essaie toujours de rendre les choses nettes que ce soit à partir d’appareils comme à travers les lunettes ou le focus d’une caméra. Ces œuvres montrent cette quête de la netteté et qu’on a de la difficulté à vivre avec cette zone grise où l’on est plus dans le diffus.»

En attendant la réouverture du Centre des arts et de la culture de Dieppe, l’artiste propose donc une expérience numérique qui permet de découvrir son travail.