Quand la pandémie freine les Ananas

Si la pandémie a freiné l’élan de la grande majorité de nos artistes, elle s’avère particulièrement cruelle pour la relève qui comptait sur les prochains mois afin de conquérir le coeur d’un public en quête de nouveauté. Les Ananas, un groupe composé de quatre musiciens encore verts de la région Chaleur, en sont un bel exemple.

Les Ananas, quatre fois célébrés en août dernier à Dieppe lors du concours Accros de la chanson, prévoyaient lancer leur premier EP le 15 mai. Ç’a évidemment été annulé.

Même Serge Brideau, des Hôtesses d’Hilaire, avait confirmé, le temps d’une chanson, sa présence au lancement prévu à la Salle multifonctionnelle Denis-Richard de Petit-Rocher.

D’autant plus que le quatuor comptait sur les spectacles prévus ce printemps pour financer ce mini album qui s’intitule Fausse Réalité. Un titre fort bien choisi compte tenu de notre quotidien depuis quelques semaines.

«Le coronavirus nous coupe les ailes, affirme le chanteur du groupe Samuel Mallais. Nous sommes rendus à la dernière étape de notre projet et il nous manque 1500$ pour payer la pochette. Nous travaillons là-dessus. Nous prévoyons faire quelques activités, dont une campagne de financement sur Facebook.»

Pour ceux et celles qui se posent la question, les Ananas impliquent aussi le batteur Guillaume Pitre-Godin, le bassiste et pianiste Sam Newman, ainsi que le guitariste, trompettiste et saxophoniste Ayden Hutchinson. Samuel, lui, outre sa voix, joue de la guitare.

Fausse Réalité est un mini album de six pièces réalisé en février par Mico Roy, le guitariste des Hôtesses d’Hilaire. Le EP baigne entre le jazz et le rock.

Par ailleurs, la pandémie cause aussi des problèmes à Samuel en ce qui concerne ses projets en solo, lui qui est qualifié pour les demi-finales du Festival de la chanson de Granby.

«J’étais supposé prendre part ce mois-ci à un stage de formation et nous avons finalement eu droit à des ateliers sur Zoom la semaine dernière. J’avais envoyé trois chansons pour ces ateliers. J’ai envoyé deux de mes compositions qui sont Quand j’arriverai et Je rêve. Pour la troisième pièce, j’ai opté pour C’est correct qui sera dans l’album des Ananas. C’est différent de ce que je fais avec le groupe. C’est plus relaxe, plus folk.»

Beaucoup de questions

Évidemment, Samuel et ses comparses des Ananas se posent bien des questions vis-à-vis de l’avenir.

«C’est sûr qu’on se questionne beaucoup actuellement. Comment va se faire la relance de l’industrie une fois la pandémie terminée? Comment ça va prendre de temps avant que les gens aient confiance d’aller voir des spectacles? Allons-nous pouvoir vivre de notre musique?», s’interroge l’auteur-compositeur-interprète de 18 ans qui a aussi mis la main sur quatre prix lors du dernier Gala de la chanson de Caraquet.

«Ce qui pourrait aider c’est que les artistes obtiennent une meilleure redevance des radios. Nous sommes nettement en retard sur d’autres pays à ce niveau», confie-t-il.

Cet automne, Samuel compte se diriger vers le Cégep de Drummondville où il entamera des études en technologie sonore.

«Mon plan est de posséder un jour mon propre studio, mentionne-t-il. Et l’un de mes rêves est de faire de la musique de film. J’adore le cinéma francophone. Je veux suivre les traces de Denis Richard.»

Je le questionne ensuite sur la raison qui a poussé le quatuor à s’appeler les Ananas.

«Ça m’est venu pendant un cours à l’ÉSN, alors que j’ai vu l’un des profs manger de l’ananas. J’ai dit ensuite aux gars: ‘‘On va s’appeler les Ananas!’’ On se cherchait un nom de groupe qui resterait dans la tête des gens. Nous voulions que les gens savent immédiatement qui nous sommes en entendant le nom du groupe», indique le jeune homme de Petit-Rocher, qui se débrouille aussi au piano, au violon et à la basse.

«Surtout que nous tenons à chanter en français. Nous avons essayé une fois de changer en anglais et ça avait été un désastre. De toute façon, le français est tellement une belle langue. C’est plus poétique que l’anglais», explique Samuel.

Mentionnons finalement que Samuel Mallais a participé récemment à un Facebook Live consacré à la pièce Suzie avec le groupe Baie (Matt Boudreau, Chloé Breault et Marc-André Boudreau), qui était accompagné pour l’occasion de trois amis musiciens, soit Denis Surette (guitare électrique), Sébastien Michaud (trompette) et Danny Bourgeois (batterie).

Samuel, lui, faisait partie de l’impressionnante chorale virtuelle du clip en compagnie de Thomé Young (et Léo), Dave Puhacz, Joannie Benoit, Joey Robin Haché, Maggie Savoie, Michel Thériault, Nicolas Basque (et Flavie), Shaun Ferguson, Christine Melanson, Émilie Landry, Bidoux (Sam Robidoux), Félix Belliveau, Gabriel Robichaud, Geneviève Lanteigne, Jonathan Mpunge, Justin Doucet, Marie-Ève Caron, Randy Johnston, Réjean Laplanche, Tommy Bulger et la gérante d’artistes Carol Doucet.

«C’était pas mal cool d’avoir été invité à faire partie de ça, révèle Samuel. C’est sûr que ç’a aidé que je sois ami avec Matt et Chloé, mais en même temps c’est comme si on me souhaitait la bienvenue dans l’industrie. Je vois ça comme une reconnaissance.»