Décès de Louis Haché, le romancier qui a fait rayonner la Péninsule acadienne

Décédé le 22 avril à Moncton, Louis Haché figure parmi les grands romanciers acadiens. L’écrivain de 95 ans qui a publié près d’une quinzaine d’ouvrages se passionnait pour l’histoire de la Péninsule acadienne et la langue française.

Natif de Saint-Isidore, Louis Haché a été à la fois enseignant, traducteur-réviseur et écrivain. Celui qui a vécu aussi à Fredericton, en Allemagne et à Moncton s’est toujours passionné pour l’histoire et particulièrement celle de la Péninsule acadienne. Depuis son premier roman Charmante Miscou en 1974, l’écrivain a toujours voulu mettre en valeur sa région natale.

«Fondamentalement, il nous laisse un très beau portrait de la Péninsule acadienne. Toute ses œuvres racontent dans le fond, l’histoire de la Péninsule à peu près jusqu’à l’époque des années 1950. D’une œuvre à l’autre, il a travaillé sur différents thèmes qui permettent de brosser un très beau portrait de cette région et un portrait tracé avec amour», a exprimé le chroniqueur littéraire et écrivain David Lonergan.

Figure de proue de la scène littéraire, Louis Haché a été des tous débuts des Éditions d’Acadie. Il été le premier écrivain à recevoir le Prix France-Acadie pour son roman Adieu, p’tit Chipagan. Quelques-unes de ses œuvres ont été primées, dont La maîtresse d’école qui été couronné du Prix Champlain. Ce roman fait partie d’une trilogie acadienne avec La Tracadienne et Le desservant de Charnissey. Détenteur d’une maîtrise en études françaises de l’Université Laval, il a publié 14 romans, nouvelles, récits et essais de 1974 à 2011; Le dernier gérant des Robin étant le plus récent, paru en 2011 aux Éditions de la Francophonie.

Herménégilde Chiasson qui a réalisé la couverture de deux de ses livres Charmante Miscou et Tourbes jersiaises salue le parcours de l’écrivain.

«Louis Haché arrivait à installer un climat d’une époque», a commenté l’artiste natif de la Péninsule acadienne.

Si ses écrits sont fictifs, il reste qu’ils sont fondés sur une véritable recherche historique. Il a traité de divers sujets liés au développement économique et social de la Péninsule acadienne.

«Il a une très belle fluidité de plume et il a une capacité de créer des personnages qui sont vivants. C’est toujours dans un roman qui va plus vers le populaire que vers l’avant-garde. Il est resté dans les canaux traditionnels, mais il le fait très bien», a poursuivi David Lonergan.

Son fils François Haché se souvient de la passion que son père avait pour l’histoire, la littérature et les gens. Il allait régulièrement interviewer des personnes âgées dans le nord de la province pour qu’elles lui racontent des histoires du passé. Ces histoires ont probablement inspiré l’écrivain, note François Haché.

«Quand il était jeune, il aimait écouter les histoires de la région. Quand on allait à Miscou, il parlait aux gens. C’était une personne qui aimait beaucoup lire.»

Louis Haché était un homme généreux, qui sous une apparence réservée, aimait aller à la rencontre des autres, souligne son fils.

David Lonergan qui rappelle l’importance de l’ensemble de l’oeuvre de Louis Haché retient tout de même quelques titres particulièrement forts, dont Le cortège d’anguilles, La maîtresse d’école et la Tracadienne qui raconte l’histoire de la première maîtresse de poste.

«Le parcours du personnage est absolument fascinant et son personnage féminin est très fort…», a-t-il ajouté.

Plusieurs livres de Louis Haché sont encore disponibles, dont le coffret de la trilogie acadienne publié aux Éditions de la Francophonie.