Festival acadien de Caraquet: la COVID-19 vient freiner les efforts de relance

Un peu plus et on serait porté à croire que la guigne s’acharne sur le Festival acadien de Caraquet. Après deux années difficiles sur les plans financier et participatif, voilà que la COVID-19 vient freiner les efforts de relance de l’événement, forcé de faire une croix sur de grands espoirs pour 2020.

L’annonce n’a évidemment surpris personne, compte tenu des restrictions imposées par le gouvernement Higgs et la Santé publique. La décision d’interdire tout rassemblement public jusqu’au 31 décembre a sonné le glas de bon nombre de festivals et de spectacles estivaux.

Cette décision constitue en soi un autre chapitre abracadabrant de ce rendez-vous phare de la culture acadienne.

En 2018, la 56e édition a présenté un bilan financier déficitaire de 153 000$ sur un budget d’un peu plus de 900 000$. Elle avait aussi suscité une certaine grogne dans la communauté avec la stratégie controversée de la passe-bracelet obligatoire pour avoir accès à un concert. Heureusement, la direction de l’époque avait pu effacer ce rouge de l’ardoise en allant piger dans un fonds de réserve.

Mais les choses ne se sont guère mieux passées en 2019. Plusieurs spectacles à l’horaire n’ont pas connu le succès espéré. Des promotions de dernière minute (rabais de 50%) ont également eu comme incidence une perte de revenus non négligeables. Et même si le budget du 57e festival a été réduit à 750 000$, il était déjà assuré qu’un deuxième déficit consécutif attendait au détour le bureau de direction lorsque la musique s’est tue, le soir du 15 août.

Un plan de redressement a été immédiatement mis en place. Le poste de direction générale a été aboli et le président Marc Blanchard a remis sa démission à l’automne. Son remplaçant, Paul Marcel Albert, a réussi à organiser deux concerts bénéfices qui ont rapporté plus de 40 000$.

La programmation de 2020 était fignolée à 80%, les billets pour les grands spectacles de Patrick Norman, le 8 août, et de Salebarbes/Bois-Joli, le 14, se vendaient très bien… jusqu’à l’arrivée du coronavirus.

«Il faut trouver le côté positif, a sentencé un Paul Marcel Albert résilient devant ce nouveau revers de fortune. S’il avait fallu pleurer sur notre sort, on aurait déjà versé quelques larmes… Mais là, on travaille pour que 2021 puisse être l’un des plus beaux festivals, car les gens l’auront attendu pendant deux ans.»

Certes, le délai imposé par la COVID-19 donnera suffisamment de temps à l’équipe pour peaufiner la programmation 2021, qui sera sensiblement une copie de celle de 2020 avec quelques éléments différents et bonifiés, promet le président.

«Ça allait bien et ça ne coupe pas notre élan, assure M. Albert. Nous avons déjà en main une belle programmation pour travailler sur 2021. Ça nous donne du temps et on pourra lui donner une touche encore plus spéciale.»

Le comité doit également confirmer le retour des concerts de Patrick Norman et de Salebarbes/Bois-Joli. Il cherche une formule pour satisfaire les gens qui avaient déjà achetés des billets.

Tintamarre

Ce n’est pas parce qu’il n’y aura pas de Festival acadien de Caraquet cette année qu’il n’y aura pas de tintamarre, tient à indiquer le porte-parole. Un comité a été formé et son travail est d’évaluer toutes les options possibles pour faire du 15 août un moment tout aussi festif, en respectant évidemment à la lettre les consignes de distanciation physique.

«On ne sait pas encore ce qu’on va faire, mais ce sera quelque chose de spécial», promet-il. Chose certaine, le président croit que le Festival acadien de Caraquet sortira grandi de ces embûches.

«Nous avons la responsabilité de faire en sorte que notre festival brille de tous ses feux à nouveau. S’il y a quelque chose que je peux promettre, c’est qu’on va travailler fort pour offrir aux gens l’une des plus belles programmations des 50 dernières années, rien de moins. Le festival n’est pas seulement spécial dans la Péninsule acadienne, il l’est pour toute l’Acadie. On fêtera davantage en 2021!»