Valérie LeBlanc et Daniel H. Dugas: 30 années de vidéopoésie

Depuis 30 ans, Daniel H. Dugas et Valérie LeBlanc parcourent le monde avec leur caméra vidéo à la recherche d’images poétiques. Partenaires dans la vie comme dans la création, ces deux artistes de Moncton figurent parmi les premiers au monde à avoir créé des séries de vidéopoèmes.

L’ouvrage bilingue Videopoetry Vidéopoésie de Daniel H. Dugas et de Valérie LeBlanc vient tout juste de paraître en format numérique et bientôt en version papier.

Ce document d’envergure en deux volumes couvre 30 années de pratique en vidéopoésie.

Considérés comme des précurseurs dans leur domaine, ces deux artistes oeuvrent dans plusieurs registres de création: art médiatique, vidéopoésie, performance, arts visuels et littérature.

Leur nouveau livre rassemble la plupart des vidéopoèmes qu’ils ont réalisés de 1986 à 2018, soit individuellement ou en duo. Le couple a eu envie de produire cet ouvrage surtout pour ne pas que ces œuvres soient oubliées. En 30 ans, les formats et la technologie ont beaucoup évolué, font-ils remarquer.

«C’est aussi une bonne façon de se souvenir et d’analyser ce qu’on a fait», déclare Valérie LeBlanc.

Mais qu’entend-on par vidéopoème? C’est en réalité un voyage poétique, en images et en mots, produit dans un lieu, mais qui peut évoquer autre chose, une nouvelle vision du monde, comme dans leur projet sur le Parc national des Everglades en Floride.

«Je dirais que c’est une question de rythme, de contenu et de peut-être qu’un n’illustre pas l’autre, mais qu’il y ait un dialogue entre le texte et l’image et peut-être une troisième source de sens qui ressort qui n’était pas là dans l’écriture ni dans le visuel, mais qui apparaît dans le résultat final», explique Daniel H. Dugas.

Leur nouveau livre permet de parcourir 30 années de vidéopoésie. Aux images et aux textes viennent se greffer les liens pour avoir accès aux vidéopoèmes.

En plus de leur propre présentation, deux vidéopoètes britanniques jettent un regard sur le travail des deux Acadiens. Ils ont travaillé pendant trois années à la réalisation de cet ouvrage. Jamais, ils n’auraient imaginé une telle montagne de travail.

«C’est devenu comme une boule de neige qui descend sur un talus avec de la neige mouillée. C’est devenu assez gros», souligne Daniel H. Dugas.

Les deux artistes s’intéressent aux arts médiatiques depuis longtemps.

«Tous les deux, on a toujours été un peu rébarbatif à l’idée du cloisonnement des disciplines. La vidéopoésie nous est toujours apparue individuellement ou ensemble, comme une forme d’expression qui réunissait plusieurs choses.»

La vidéo fait partie de leur parcours depuis les tous débuts. C’est donc tout à fait naturel pour eux de réaliser ce genre d’oeuvres.

Valérie LeBlanc qui est issue du milieu des arts visuels cherchait à un moment dans sa vie un moyen de faire le pont entre les arts plastiques et le mouvement. Elle écrivait aussi de la poésie.

La vidéopoésie permet aussi, selon eux, de poser un regard parfois critique sur un événement, un lieu, un phénomène ou un mouvement. L’écologie, la condition humaine et les enjeux socioéconomiques sont au coeur de leur travail. Ils ont réalisé des vidéopoèmes dans plusieurs pays, dont l’Australie, les États-Unis, le Brésil, les Provinces maritimes et ailleurs au Canada.

«Le voyage a toujours été une source d’inspiration et d’occasion de remise en question, donc ça transpire dans le livre», confie l’artiste.

Le couple envisage de publier éventuellement un troisième volume qui comprendrait leur travail à partir de 2018. Le duo s’apprêtait à vivre une année assez chargée en terme d’expositions, dont une à Orlando en Floride qui ira de l’avant de façon numérique. Quelques-unes ont été annulées ou reportées en raison de la pandémie.

Videopoetry Vidéopoésie est publié chez Small Walker Press, une maison d’édition de l’Ontario.