Little Richard, un pionnier du rock ‘n’ roll, s’éteint à 87 ans

Little Richard, qui s’est déjà proclamé « l’architecte du rock ‘n’ roll » et qui a irrévocablement modifié la musique populaire en faisant entendre le R&B dans la blanche Amérique, s’est éteint samedi à l’âge de 87 ans.

Un ami proche du chanteur, le pasteur Bill Minson, a confirmé la nouvelle à l’Associated Press. Il a dit avoir parlé au fils et au frère de Little Richard.

La famille ne dévoilera pas les causes du décès

Né Richard Penniman, Little Richard a été l’un des pionniers du rock ‘n’ roll. À l’instar de Chuck Berry et de Fats Domino, il a contribué à briser les barrières raciales sur les palmarès musicaux. Ces musiciens ont réussi à imposer ce qui était appelé « la musique raciale » dans le courant populaire.

Le jeu de piano éclatant de Little Richard, couplé à sa voix et sa coiffure ébouriffante, a fait de lui un phénomène invraisemblable: un homme gay et noir célébré à travers l’Amérique pendant l’ère Eisenhower.

Il a vendu plus de 30 millions de disques dans le monde et son influence sur d’autres musiciens était tout aussi stupéfiante, des Beatles et Otis Redding à Creedence Clearwater Revival et David Bowie. Dans sa vie personnelle, il a oscillé entre torride et religion, embrassant alternativement la Bible et un comportement scandaleux.

« Little Richard? C’est du rock’n’roll, a rappelé Neil Young au biographe Jimmy McDonough. Little Richard a été formidable sur chaque disque ».

C’est en 1956 que sa chanson « Tutti Frutti » a fait exploser les palmarès. On se souviendra de son célèbre appel: « wop-bop-a-loo-bop-a-lop-bam-boom ».

Une série de succès a suivi, établissant une solide base à la musique rock naissante: « Lucille », « Keep A Knockin », « Long Tall Sally », « Good Golly Miss Molly ». Plus de 40 ans après sa sortie, Bruce Springsteen jouait toujours « Good Golly Miss Molly » en spectacle.

Lorsque le panthéon du rock ‘n’ roll a ouvert ses portes en 1986, Little Richard a fait partie des premiers artistes à y être intronisés. Il n’était pas en mauvaise compagnie avec les Elvis Presley, Chuck Berry, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis et autre Sam Cooke.

Peu étaient plus rapides à reconnaître le rôle fondateur de Little Richard que Richard lui-même. Le flamboyant chanteur a affirmé avoir ouvert la voie à Elvis, inspiré Mick Jagger pour ses mouvements de scène et donné des cours de chant pour McCartney.

« Je suis l’architecte du rock’n’roll! », avait lancé Little Richard lors de la cérémonie des Grammy en 1988.

Sa carrière a subi quelques éclipses. Une arrestation de 1962 pour une rencontre homosexuelle dans les toilettes d’une gare routière a conduit à son divorce et à son retour sur les scènes.

Il a participé à trois tournées en Angleterre de 1962 à 1964, avec les Beatles et les Rolling Stones en première partie. De retour aux États-Unis, il a formé un groupe comprenant le guitariste Jimi Hendrix qu’il a ensuite congédié parce qu’il était en retard pour un trajet d’autobus.

En 1968, Richard a frappé Las Vegas et relancé sa carrière. En deux ans, il a eu un autre succès et a fait la couverture du magazine Rolling Stone.

Au milieu des années 1970, Richard a dû lutter contre un problème de cocaïne a de nouveau abandonné sa carrière musicale. Il est retourné à la religion, vendant des Bibles et renonçant à l’homosexualité. Pendant plus d’une décennie, il a disparu des radars.

Mais il revient de nouveau sous les feux de la rampe, en 1986, de façon spectaculaire. Il renoue avec les palmarès grâce à la chanson « Great Gosh A’Mighty » tirée de la bande originale du film « Down and Out in Bervely Hill » dans lequel il jouait.

Sa ville natale, Macon, en Géorgie, a nommé une rue en son honneur. Little Richard a aussi reçu une étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood. En août 2002, il annonce sa retraite, mais cela ne l’empêche pas de réapparaître fréquemment à la télévision.