Martin Roy: bonheur tranquille à Petite-Rivière-de-l’Île

Dans son deuxième recueil de poésie, Martin Roy déclare son amour et son attachement pour son village d’adoption, Petite-Rivière-de-l’Île, situé au coeur de l’île Lamèque.

«Si j’ai voulu écrire un recueil qui s’appelait Petite-Rivière-de-l’Île, c’est parce que je voulais mettre le village sur la map. Je trouvais que ça en valait la peine parce que les gens sont fins, c’est un acte d’amour, j’aime la communauté. Je me sens vraiment chez moi en tout point et ça m’a aidé beaucoup dans ma guérison de mes difficultés», a déclaré Martin Roy en entrevue.

Cinq années après avoir publié son premier recueil Vers le pays de Canaan, Martin Roy est de retour avec une nouvelle collection de poèmes dans un format littéraire différent.

Cette fois, le poète a choisi la simplicité en proposant une quarantaine de haïkus qui captent l’essentiel de ses observations du monde, tels des instantanés.

L’écrivain raconte que cette forme de courts poèmes d’origine japonaise lui est venue tout naturellement. Après la sortie de son premier recueil, quand il a recommencé à écrire, il a cherché à se renouveler. Il ne voulait surtout pas se répéter. Celui qui a traversé une période trouble de sa vie a dû prendre un temps d’arrêt. C’est justement cette pause qui lui a permis d’observer le monde qui l’entoure. Le poète souligne que son confinement à la maison a commencé bien avant la pandémie.

«Je me suis enraciné et j’ai appris à connaître les gens de mon village (où il demeure depuis cinq ans) et d’une certaine façon à m’attacher à ces gens-là, à cette communauté-là et à cette beauté-là que je vois autour de moi», a-t-il poursuivi.

En déménageant à Petite-Rivière-de-l’île, il a eu un véritable coup de coeur. «Je le répète, c’est mon petit paradis sur terre.»

Ses poèmes sont inspirés par son environnement, les gens qui l’entourent, le Festival international de musique baroque, la ravissante petite église de Sainte-Cécile et sa foi chrétienne. Des poèmes sont dédiés, entre autres, à Sandra Le Couteur, Amélie Hall et Vincent Lauzer; des personnes qu’il apprécie tout particulièrement. Ses textes dégagent une certaine sérénité et un bonheur tranquille.

«Je suis quelqu’un qui est assez hyper sensible et hyper émotif et j’ai besoin de cette tranquillité-là pour me grounder. Je pense que le recueil représente cette forme de vie que j’ai maintenant. Rendu à 37 ans, je n’ai plus envie de me compliquer la vie et de me casser la tête. J’ai juste envie de vivre le moment présent.»

Le poète assume pleinement sa foi chrétienne dans sa vie comme dans son écriture. Il estime qu’il figure parmi les rares écrivains au Nouveau-Brunswick à aborder la foi chrétienne de front.

Un projet d’art populaire

Martin Roy collabore au projet d’art populaire des Éditions Exit (de Gatineau), intitulé NOUS. Ce mouvement qui marie les arts visuels et la poésie se veut rassembleur, un genre de cri de ralliement et d’espoir. Une série d’affiches stylisées sur lesquelles on retrouve un poème inédit de Martin Roy a été créée. Des t-shirts à l’image du projet sont aussi disponibles.

«C’est un cri de ralliement qui tombe drôlement bien dans cette période difficile. C’est de dire que seul on ne peut pas faire grand-chose, mais ensemble, on est vivant et on peut déplacer des montagnes et passer à travers bien des affaires.»

Le poète s’estime privilégié de pouvoir faire partie de ce mouvement puisque les affiches se retrouveront dans les foyers.

«Je me dis que j’entre un peu dans les maisons des gens discrètement avec ma poésie.»

Publié aux Éditions Exit, le recueil Petite-Rivière-de-l’Île sera lancé officiellement le 30 mai à 15h en direct sur la page Facebook de la maison d’édition. Martin Roy travaille à l’Acadie Nouvelle comme rédacteur et responsable de contenu.