Et si le Salon du livre de Dieppe déménageait pour de bon?

Saluant la décision du Salon du livre de Dieppe d’aller de l’avant dans une formule réinventée malgré la pandémie, des auteurs et des exposants estiment que cette situation exceptionnelle constitue l’occasion de renouveler l’événement.

Le dramaturge Marcel-Romain Thériault se réjouit du déménagement du Salon du livre de Dieppe au Centre des arts et de la culture de Dieppe. C’est un lieu plus central au coeur de l’action, estime-t-il.

Celui qui avait pratiquement fait une croix sur le salon ne manquera pas d’aller y faire un tour cette année.

«Moi, je m’étais dit: c’est fini. Les dernières années, je rentrais là, j’allais chercher un livre et je ne restais pas.»

Selon lui, le gymnase du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (où le salon se tient habituellement) n’est pas l’endroit idéal pour tenir le salon.

«Pour avoir parlé avec quelques auteurs, je peux vous dire que c’est à l’autre bout du monde, c’est loin de l’action. C’est dur pour les auteurs. Qu’un auteur inconnu comme moi n’attire personne à son stand, je peux comprendre, mais il y a des auteurs très connus qui sont là pendant leur heure et il n’y a personne qui vient à leur stand», a exprimé l’auteur de théâtre.

«Je ne veux pas que les gens du salon arrêtent de faire le salon, mais je crois qu’ils peuvent profiter de la situation pour le repenser, le recréer et le refonder. Je pense que c’est important qu’il y ait un salon du livre à Dieppe et qu’il faut rejoindre les gens.»

Ce n’est pas la première fois que le lieu du salon est remis en question. Chaque fois, la réponse a été que le collège est accommodant et qu’il constitue probablement le seul établissement dans la ville assez grand pour recevoir l’événement.

Marcel-Romain Thériault suggère même de tenir un salon plus petit et de continuer à le faire au CACD, une fois que la crise sanitaire sera derrière nous.

Si elle convient que le salon doit se réinventer et qu’un nouveau lieu plus central serait souhaitable, même si le collège a toujours été accueillant, la directrice des Éditions Bouton d’or Acadie, Marie Cadieux, estime que le Centre des arts n’a peut-être pas suffisamment d’espace pour accueillir le salon une fois que la normalité sera de retour.

Elle considère que l’événement doit être capable d’offrir une grande diversité d’ouvrages. Moins d’espace signifie moins d’exposants et moins de livres.

À son avis, les citoyens du Grand Moncton doivent avoir accès à une variété de livres, autant pour la jeunesse que pour les adultes, qui peuvent aussi intéresser la population universitaire puisque le salon se tient dans une ville universitaire. Selon celle-ci, la grande région de Dieppe a les moyens d’avoir un salon du livre d’envergure.

«Il y a tout ce qu’il faut à Moncton et je pense qu’il faut penser un peu en dehors de la boîte et se cantonner dans le quadrilatère de Dieppe n’est peut-être pas la solution.»

L’éditrice salue l’initiative du conseil d’administration et de la nouvelle direction de tenir un salon hybride conjuguant mini expositions de livres et activités virtuelles.

«Je suis vraiment heureuse de voir ça et ça augure bien de la capacité d’innover du salon qui est un signe qu’on attendait. C’est sûr que dans les circonstances de la COVID-19, ce ne sera pas le salon habituel et on comprend ça. J’ai l’impression qu’il y aura très peu de salons en présence d’ici à Noël à quelque endroit que ce soit.»

Les éditeurs ont besoin des salons pour rencontrer leurs lecteurs et promouvoir leurs ouvrages, rappelle Marie Cadieux. Celle-ci a ajouté qu’elle a été invitée, comme d’autres éditeurs, à faire une visite du Centre en vue de l’aménagement du prochain salon qui se tiendra du 22 au 25 octobre.