Les petites fins du monde de Matt Boudreau

Pour son deuxième album, Armageddon, qu’il concocte tranquillement à la maison à Petit-Rocher, Matt Boudreau explore non pas l’apocalypse, mais les petites fins du monde, celles de la vie au quotidien.

Malgré le confinement, l’auteur-compositeur-interprète a choisi de poursuivre la production de ce deuxième disque déjà commencé cet hiver avant la crise sanitaire. Il collabore avec le multi-instrumentiste Benoît Morier aussi connu comme étant l’instigateur du fameux Bingo avec Johanne.

Matt Boudreau réalise ce disque seul, à l’exception de quelques instruments, dont la batterie et la basse, qui sont joués par son collègue de Moncton.

«Il (Benoît Morier) fait ça chez lui et on se transfère les chansons sur internet et il m’envoie ça de nouveau et je m’amuse avec ça», raconte l’auteur-compositeur-interprète.

Depuis la parution de son premier album Goéland, il y a près de deux ans, Matt Boudreau a investi dans l’achat d’équipement de studio et d’instruments de musique. Autant la musique le passionne, autant la production et la réalisation commencent aussi à l’intéresser de plus en plus.

«Dans le fond, je me suis aperçu que quand j’écoute des chansons, ce qui m’intéresse le plus ce n’est pas vraiment un instrument en particulier, c’est juste surtout la manière que l’enregistrement a été produit avec les arrangements musicaux et les sons qu’ils ont choisis.»

En plus de l’équipement de studio, il possède une collection d’une dizaine de guitares, trois basses, des synthétiseurs, piano et même une batterie.

«Mon but est d’avoir un studio d’enregistrement pas juste pour moi, mais pour d’autres artistes, alors j’investis beaucoup dans l’équipement et les instruments. C’est de plus en plus faisable de monter un studio avec une très bonne qualité», a poursuivi le guitariste qui joue aussi de la basse et des synthétiseurs.

Plus relaxe et mélancolique

Avec son nouveau projet qui devrait paraître à la fin du mois d’août, début septembre, il a voulu créer un album concept au titre évocateur.

«Chaque chanson est à la base d’une petite fin du monde que ce soit une rupture, quelqu’un qui s’en va ou même de la vraie fin du monde. C’est un thème qui est récurrent dans l’album.»

Le cosmos, les planètes et les ovnis assortis d’un sentiment de flottement étrange se dégagent des chansons, souligne l’artiste. Si son premier disque épousait le style folk-rock, cette fois, il se dirige vers quelque chose de plus relaxe, voire même planant.

«Je crois qu’il va y avoir au moins une chanson ou deux qui font le pont entre Goéland et cet album-ci, mais en général c’est beaucoup plus smooth, avec plus de synthétiseurs. C’est aussi plus par rapport aux paroles, à l’atmosphère et au groove que de «varger» sur une guitare ou sur un drum. Il y a quand même des chansons qui sont rock’n’roll parce que ça prenait un zénith dans l’album, mais je dirais qu’en général, c’est plus planant.»

Même s’il se désole de voir tous ses concerts annulés en raison de la pandémie, il estime que cette pause de la scène lui permet de se consacrer à la création et de passer du temps à la maison.

Un premier extrait du disque sera lancé au cours de l’été.