Des concerts virtuels en salle de spectacle

«C’est presque le retour à la normale», déclare la violoniste Christine Melanson qui remonte sur scène avec ses deux collègues, Louise Vautour et Samantha Robichaud, du trio Les FireFlies afin d’offrir un spectacle virtuel depuis la Salle Bernard-LeBlanc à Moncton.

Remonter sur scène avec des musiciens appuyés d’une équipe technique; voilà un peu à quoi rêvent bien des artistes ces temps-ci. Pour les trois derniers rendez-vous du programme NB Chez soi, Musique NB propose des captations de concerts dans de véritables salles de spectacle, mais sans public. Ces prestations sont ensuite diffusées en ligne.

«Ça fait partie du programme NB Chez soi qu’on avait commencé au début avril. À cause du confinement, on n’avait pas le choix que ça se passe chez les gens. Mais avec l’assouplissement des mesures sanitaires, on a vu que c’était possible de faire ça autrement dans des salles», a expliqué le directeur général de Musique NB, Jean Surette.

Musique NB aura présenté 47 spectacles virtuels dans le cadre du programme NB Chez soi. Jean Surette convient qu’offrir des spectacles à partir de la maison comporte son lot de défis.

«Il y a tellement de choses qui entrent en jeu. Quelle sera la sonorité de la pièce? L’internet sera-t-il assez robuste pour que le signal soit bien envoyé. Pendant les 47 performances, il y en a qui ont eu de la misère. Il y a même une violoniste de Fredericton qui a juste arrêté au milieu parce que ça coupait tout le temps.»

Pour les trois derniers concerts, ils ont conclu des ententes avec des salles à Saint-Jean, Fredericton et Moncton afin d’offrir les spectacles dans des conditions professionnelles. Les Fireflies entament cette dernière série.

«Pour moi, le fait d’avoir des techniciens, c’était beaucoup plus normal que de faire un Facebook live à la maison toute seule. C’est quasiment comme le déconfinement des musiciens et un retour progressif à la normale. C’est le fun de rejouer ensemble. On respecte la distanciation, mais ça fait un monde de différence de pouvoir jouer avec les autres», a exprimé Christine Melanson.

Le trio qui présente son spectacle de la scène Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen revisitera les pièces de son album dans de nouveaux arrangements. Chacune des trois violonistes possède un champ d’expertise qui lui est propre. Christine Melanson se spécialise dans le répertoire écossais et du Cap-Breton, Louise Vautour dans la musique irlandaise, tandis que Samantha Robichaud joue davantage du Old Time. Ensemble, elles arrivent à créer un son unique d’inspiration traditionnelle. En plus du violon, elles chantent et jouent divers instruments. Le spectacle est présenté ce mercredi à compter de 19h sur la page Facebook de Musique NB. Jeudi, ce sera au tour de Brent Mason à Saint-Jean, suivi vendredi de Kill Chicago à Fredericton. Les artistes seront en ligne pour interagir avec le public.

«On a demandé aux trois salles si possible de faire la captation audio et vidéo avec les changements de caméra en direct. Il n’y a pas de montage après. C’est vraiment une captation», a précisé Jean Surette.

Comme d’autres artisans du milieu culturel au Nouveau-Brunswick, le directeur de Musique NB souhaite la réouverture des salles de spectacle, même avec un nombre restreint de spectateurs. Il pourrait y avoir des spectateurs en salle et une diffusion en ligne.

«Si on peut avoir une cinquantaine de personnes qui donnent au moins une ambiance. Il y a des réactions, les artistes peuvent interagir avec ces gens-là. Ce qui va faire que les captations et les diffusions internet seront tellement meilleures parce qu’on va vraiment sentir qu’il y a un public. Si on peut avoir 50 personnes dans une église, alors pourquoi pas dans une salle de spectacle?», a ajouté Jean Surette.

Au Québec, les salles de spectacle et de cinéma pourront rouvrir leurs portes à compter du 22 juin, avec un maximum de 50 spectateurs et en respectant les règles de distanciation physique.