Un projet de musée d’art contemporain en Acadie franchit une nouvelle étape

Avec comme mission de promouvoir l’art acadien et atlantique de 1960 à nos jours, le futur musée d’art contemporain du Grand Moncton devrait avoir une superficie de 50 000 pieds carrés avec un espace d’exposition de 15 400 pieds carrés, révèle une étude de faisabilité présentée mercredi. Le projet est estimé à 38 millions $.

Daniel Chiasson de l’organisme Atlantic(que) Image Art a dévoilé les conclusions de l’étude de faisabilité menée par la firme Lord Cultural Ressources (LCR), financée par les villes de Moncton et Dieppe. Des élus des deux municipalités ainsi que des membres du conseil d’administration du groupe chargé du projet de musée d’art contemporain ont assisté à cette rencontre virtuelle animée par le maire Yvon Lapierre. L’étude démontre clairement que le projet pourrait se faire, qu’il est complémentaire aux autres musées existants et qu’il y a une clientèle potentielle. On estime que le musée d’art contemporain pourrait accueillir 48 000 visiteurs les deux premières années pour ensuite se stabiliser à 40 000 visiteurs. Daniel Chiasson précise que les chercheurs en sont venus à cette conclusion après avoir analysé le marché dans l’ensemble de la région atlantique.

Seul musée d’art contemporain à l’est du Québec, il aurait comme spécialité la promotion de l’art acadien et atlantique.

«Ce serait une spécialité qu’on ne retrouve pas ailleurs et qui deviendrait une marque particulière du musée. La région est très riche en art. Il ne faut pas oublier que l’art d’ici vaut l’art d’ailleurs. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas connu de la même façon qu’il n’est pas important. Le musée va mettre de l’avant l’art d’ici au même niveau que celui d’ailleurs sur le plan canadien et mondial», a affirmé M. Chiasson.

Il souhaite un musée actuel et à la fine pointe de la technologie. Les œuvres pourraient provenir des musées, d’institutions publiques et de collectionneurs qui détiennent des banques d’œuvres d’art importantes.

«Avec toute la collaboration des autres institutions, on n’entrevoit pas de problème à pouvoir amasser une collection assez intéressante et prestigieuse.»

L’étude recommande un édifice de 50 000 pieds carrés avec une superficie utilisable de 34 500 pieds carrés, dont 15 400 pieds carrés d’espace d’exposition. C’est quand même un espace assez important, si on le compare, entre autres, à la Place Resurgo qui a une superficie d’environ 30 000 pieds carrés. L’édifice compterait aussi d’autres genres de service, des salles polyvalentes et des espaces à louer.

Près de la rivière Petitcodiac?

Le lieu n’a pas encore été choisi, bien que la firme d’expert suggère que le musée soit situé près de la rivière Petitcodiac. Toutes les options sont ouvertes et on estime que les coûts de construction et d’aménagement d’un nouvel édifice de cette nature seraient de 38 millions $.

L’étude propose trois sources de financement, soit le fédéral, le provincial et le privé. Les municipalités qui s’engagent dans le projet seraient responsables du fonctionnement, une fois la construction de l’édifice terminée. Le budget annuel de fonctionnement a été évalué à 1,9 million $ et on estime que les revenus du musée pourraient atteindre 1,3 million $. Il emploierait l’équivalent de 18,5 personnes appuyées d’une équipe de bénévoles.

L’établissement pourrait présenter des collections permanentes, des expositions itinérantes, des créations de l’Atlantique et des échanges avec d’autres galeries importantes.

Daniel Chiasson a précisé qu’aucun financement n’a été confirmé à ce stade-ci du projet.

Est-ce qu’un édifice déjà existant pourrait être une option valable?

«Je pense que c’est important surtout avec la crise que nous vivons actuellement d’essayer de recycler le plus possible de bâtiments. Je pense toujours au Moncton High School qui est absolument superbe. Je suis convaincu qu’on pourrait faire quelque chose même de très futuriste et moderne à l’intérieur du bâtiment qui coûterait peut-être moins que 38 millions $. C’est peut-être quelque chose à considérer», a soulevé la conseillère de Moncton, Paulette Thériault.

Si les maires de Dieppe et Moncton se montrent intéressés par le projet, il reste que bien des étapes restent à franchir avant la première pelletée de terre. Les municipalités devront se pencher sérieusement sur la question pour voir le rôle qu’elles veulent jouer dans cette entreprise ambitieuse. Le groupe Atlantic(que) Art Image qui travaille à ce projet depuis 2016 se dit prêt à appuyer les villes dans l’ensemble du processus.