Ananas: chanter pour ne pas perdre sa culture

Ne vous fiez pas trop au nom. Ananas peut paraître léger, mais c’est aussi une formation qui peut s’avérer engagée dans certaines causes comme celle de défendre sa langue et sa culture. Avec un premier opus 100% francophone en main, ce groupe de la région Chaleur arrive tel un vent de fraîcheur dans le paysage musical.

L’album Fausse réalité paraît le 3 juillet. Ce jeune groupe de la région Chaleur a remporté en 2019 la finale du concours Accros de la chanson. Poussé par cette première récompense, le quatuor formé de musiciens âgés de 17 à 19 ans n’a pas voulu attendre trop longtemps avant d’entreprendre la création d’un premier album. Ils se sont réunis très peu de temps après la finale du concours pour commencer à composer de nouvelles chansons.

Au style funk dans un rock bien assumé, un peu jazzy avec du groove, Fausse réalité rassemble six pièces qui explorent différentes thématiques. Si certaines chansons traitent d’enjeux sociaux plus sérieux comme le pouvoir de l’argent, les inégalités, les injustices et le droit des francophones, d’autres par contre sont beaucoup plus légères avec une bonne dose d’humour et d’ironie. Cela peut être aussi simple que la chanson Brigitte qui raconte l’histoire d’une femme à la retraite qui après avoir gagné le gros lot au bingo va s’acheter une télévision.

«On est un jeune groupe et on est tous de jeunes adultes qui s’en viennent et on commence à réaliser, veut veut pas, que le monde est moins un conte de fées qu’on nous disait. Je pense que ça nous dérange tous les injustices, mais on ne veut pas être un groupe qui parle juste de ça. On ne voulait pas que le monde écoute notre album et qu’après une demi-heure, ce soit déprimant.»

La musique est à la base de toutes leurs compositions. D’ailleurs, le disque comprend une pièce instrumentale. Les paroles viennent après la musique et c’est souvent à partir de blagues qu’ils commencent à imaginer les textes des chansons. Ils se lancent des idées et par la suite, ils écrivent et finalement, les chansons sont composées par l’ensemble du groupe.

Sans réinventer le genre, Ananas qui s’annonce très prometteur propose un style aux multiples influences. Samuel Mallais précise que cette mixité des genres s’est faite de façon naturelle puisque deux des membres du groupe sont de grands amateurs de jazz. Le message sur la culture est important pour le quatuor. Dans la chanson C’est correct, ils ont tenu à envoyer un message clair sur le danger de perdre sa langue au Nouveau-Brunswick.

«On voulait envoyer un message qu’on est là et qu’on a le droit de parler en français. Tout notre album a été fait à 100% français.»

Le chanteur estime que le concours Accros de la chanson les a poussés un peu inconsciemment à chanter en français. C’est là que tout a commencé.

«J’ai toujours eu un gros amour pour la langue française. C’est important pour nous que notre album se fasse 100% en Acadie par des gens qu’on aime.»

Ils ont enregistré le disque au début mars 2020 au Studio La Grosse Rose à Lower Dorchester. Mico Roy (Les Hôtesses d’Hilaire), propriétaire du studio, a signé la réalisation ainsi que le mixage de l’album. Jean-Pascal Comeau (Comté de Clare) en a fait le matriçage. Katrine Noël (Les Hay Babies) et Marie-Ève Caron ont fait des voix sur plusieurs pistes.

Le groupe rassemble Guillaume Pitre-Godin, Samuel Mallais, Sam Newman et Ayden Hutchinson. Pandémie oblige, le groupe lance son disque sur sa page Facebook, le 3 juillet à 19h30. Ils ont également un spectacle de prévu au Centre des arts La petite église à Edmundston le 8 juillet dans le cadre des Mercredis musicaux.