André-Carl Vachon sur les traces des miliciens acadiens de la bataille des plaines d’Abraham

Qui étaient donc les 156 Acadiens qui ont combattu auprès des Canadiens et de l’armée française lors de la bataille des plaines d’Abraham? Dans son nouvel ouvrage, l’historien André-Carl Vachon arrive à les identifier tout en retraçant le parcours des réfugiés en Nouvelle-France de 1755 à 1763.

– Gracieuseté

Celui qui s’est donné comme mission de faire découvrir l’histoire de l’établissement des Acadiens au Québec signe son 8e ouvrage sur le sujet. Publié aux Éditions La Grande Marée, Les réfugiés et miliciens acadiens en Nouvelle-France (1755-1763) vient tout juste de paraître. L’auteur québécois d’origine acadienne a mené de longues recherches dans des ouvrages historiques, des registres et des actes notariés afin d’identifier ces 156 miliciens acadiens. D’abord, il a suivi le parcours des 1935 Acadiens qui ont trouvé refuge en Nouvelle-France après la Déportation. Ce livre nous permet donc de suivre leur périple, leur arrivée en Nouvelle-France et d’en apprendre davantage sur le rôle des miliciens acadiens dans la bataille des plaines d’Abraham.

Réalisé dans le cadre de ses études de maîtrise en histoire acadienne, cet essai est abondamment documenté. Il a réalisé un véritable travail de moine d’une grande rigueur, en menant de recherches qui se sont étendues sur plusieurs années. Pour arriver à identifier les miliciens acadiens, il a dû suivre les mouvements de population de réfugiés à travers la Nouvelle-France afin de déterminer ceux qui sont restés dans la ville de Québec.

«Dans mes études universitaires sur l’histoire générale, on en parle du fameux 13 septembre 1759 (bataille des plaines d’Abraham), on parle des autochtones qui sont là, des militaires français, des miliciens canadiens, mais pratiquement jamais des miliciens acadiens.»

La littérature fait parfois mention des 150 miliciens acadiens, mais les chiffres sont toujours arrondis. L’historien a voulu identifier ces gens qui étaient sur le champ de bataille. Les réfugiés provenaient principalement de la région du Fort Beauséjour, de l’île Saint-Jean et des établissements le long du fleuve Saint-Jean. À leur arrivée au port de Québec, les réfugiés étaient logés temporairement dans des hangars pour ensuite être hébergés par des familles canadiennes. Si les Canadiens ont accueilli plutôt favorablement les réfugiés acadiens, il reste que ceux-ci craignaient à leur tour d’être déportés. Les familles de la Nouvelle-France recevaient de l’argent pour prendre soin des Acadiens. Leur intégration ne s’est pas faite sans difficulté, révèle l’ouvrage d’André-Carl Vachon. En 1757, plusieurs maladies ont frappé la Nouvelle-France, dont l’épidémie de variole qui a fait plusieurs victimes, dont possiblement 335 Acadiens. À travers tous ces événements, l’historien retrace donc leur parcours.

Une mine d’informations

On retrouve dans ce livre la liste des 156 miliciens acadiens qui étaient âgés de 14 à 70 ans. Certains lecteurs reconnaîtront peut-être certains de leurs ancêtres. C’est le cas de l’auteur, notamment, qui a retrouvé quelques-uns de ses ancêtres, dont Joseph Trahan. Pour l’historien, c’était important d’identifier ces miliciens et l’histoire des réfugiés acadiens. En 1763, ils retrouveront un peu de liberté avec le traité de Paris, mais il reste encore bien des choses à raconter, estime l’auteur qui cherche toujours à faire connaître l’histoire de l’Acadie.

«Quand on regarde les cours d’histoire générale au Canada, l’histoire des Acadiens n’est pas très bien traitée. On dit qu’on a fondé l’Acadie, qu’on l’a perdue avec le traité d’Utrecht en 1713 et qu’ils ont été déportés en 1755 et après ça, on n’en entend plus parler. Il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire-là. On va parler par exemple des loyalistes qui arrivent au Québec, mais il y a eu plus d’Acadiens qui sont venus et qui ont développé autant plus que les loyalistes. On a de grands bâtisseurs acadiens au Québec.»

Son plus grand souci est de rendre ses essais les plus accessibles possible au grand public.

«Ça dépend toujours de l’objectif d’un livre, mais mon mandat à moi c’est de faire connaître cette histoire-là au grand public, mais si c’est aride comme lecture et que ça ne donne pas le goût aux gens de le lire, ça va rester dans les cercles universitaires et ça n’ira pas plus loin», a ajouté celui qui sera le président d’honneur du 30e Salon du livre de Dieppe (du 22 au 25 octobre).

Reconnaissant d’avoir été invité à jouer ce rôle, l’historien entend profiter de cette tribune pour souligner l’histoire du Salon qui célébrera ses 30 ans.