Carrefour en fête: une vitrine en attendant le déconfinement

La Société Culturelle de la baie des Chaleurs procédera sous peu à la première diffusion d’une série d’émissions culturelles conçue pour mettre les projecteurs sur les talents de la région.

Privé de vitrine depuis le début de la pandémie en raison de l’abandon des salles de spectacles, de la panne sèche au niveau de l’événementiel et de la désertion galeries d’art, les artistes des quatre coins de la province ont faim de public. Et ceux du Restigouche n’y échappent pas.

Afin de les aider et de continuer à faire rayonner la culture régionale, la SCBC est arrivée avec Carrefour en fête, un projet virtuel où la chanson, le conte, la littérature et les arts visuels sont à l’honneur.

«Depuis le début du confinement, on (la SCBC) cherche des façons de poursuivre notre mission qui est de contribuer à mettre en valeur les artistes du Restigouche. Et c’est d’autant plus important dans le contexte actuel, car le public a besoin des arts plus que jamais. C’est bon pour le moral, pour le maintien d’une bonne santé mentale», explique Honorine Ngountchoup, membre du conseil de la SCBC et idéatrice du projet.

Au départ, l’organisme culturel avait eu l’idée de faire des prestations gratuites devant public en variant les endroits. Mais, en raison des mesures de distanciation toujours en vigueur, on a plutôt choisi de préenregistrer le tout en salle et de livrer le résultat sous forme d’émissions diffusées sur le web.

«Ça va finalement ressembler à une émission de télé», souligne Mme Ngountchoup

Mélanie Guitard est directrice générale de la SCBC. Selon elle, le projet est une nécessité pour les artistes de la région qui sont en mode survie depuis le confinement.

«On ne sait pas du tout quand les choses vont revenir à la normale, quand il pourra à nouveau y avoir des spectacles en salle. C’est important pour nous – la SCBC – de continuer notre mission, de rester vivant malgré tout. Et ce l’est d’autant plus pour les artistes qui en arrachent, et autant ceux qui vont sur scène que ceux en arrière-scène, comme ceux à la technique», exprime Mme Guitard, précisant que les artistes qui participent au projet reçoivent un cachet.

Dans les faits, ce projet, rendu possible en grande partie grâce à une subvention du gouvernement du Nouveau-Brunswick et le Conseil de Sociétés culturelles du NB, a permis l’embauche de trois techniciens. Ceux-ci ont capté les prestations et s’occupent du montage.

Selon Mme Guitard, en plus de ce petit cachet, les artistes obtiennent une visibilité qui ne peut qu’être bénéfique.

En tout, cinq émissions sont en préparation. La première sera diffusée le vendredi 17 juillet. Les autres suivront de façon pratiquement hebdomadaire jusqu’à la fin août. Environ quatre artistes seront invités à chacune des émissions. Du lot, on reconnaît notamment Émilie Landry, Nathalie Renault, Matt Boudreau, Marie-France Cormier et Denis-Michel Haché. Plusieurs autres artistes moins connus seront également de la partie.

«C’est un nouveau concept pour nous, une tentative, et on essaye de toucher un peu à tout et de s’adresser à tout le monde. Et ce qui est bien c’est que ce sera gratuit», ajoute la directrice générale.

Pour le moment, la SCBC prévoit diffuser ces émissions par l’entremise de sa page Facebook. Si l’expérience s’avère un succès, l’organisme ne dit pas non à une suite.