Ventus Machina: des concerts en plein air, des contes et un disque

L’ensemble Ventus Machina se prépare à reprendre son envol en offrant des concerts devant public à Memramcook. Inspiré par le chant des oiseaux, le quintette à vent propose un spectacle en plein air qui combine musique, photographie et une série de petites chroniques de l’ornithologue bien connu Alain Clavette.

Le porte-parole et bassoniste de Ventus Machina, Patrick Bolduc, raconte que le quintette a plusieurs projets en ce moment. En mars, lorsque tout le milieu des arts de la scène a dû mettre un frein à ses activités, le quintette a tenté de voir comment il pouvait s’adapter. Il devait, entre autres, présenter un concert au Festival Frye de trois contes publiés par Bouton d’or Acadie, mis en musique pour le quintette. Ils ont décidé de produire des versions numériques de ces contes musicaux présentés dans trois langues différentes: français, anglais et micmac. Les enregistrements se déroulent au Centre des arts et de la culture de Dieppe.

Si les concerts au Parc Haut-du-Ruisseau à Memramcook seront les premiers du quintette devant public depuis la fin du confinement, il reste qu’au cours des dernières semaines, le groupe a offert des spectacles pour les résidents des centres de soins de longue durée.

«Il y a des membres dans le groupe qui ont des amis, des parents qui sont plus âgés et qui sont dans des centres de soins comme ça ou à l’hôpital. On s’est rendu compte que c’est cette démographie qui était la plus affectée parce que même quand les restrictions ont commencé à être levées un petit peu, nous, on pouvait aller voir nos amis, la famille, mais pour les personnes en centre de soins, c’était beaucoup plus difficile.»

Les musiciens s’installent sur la pelouse à l’extérieur de l’édifice et les résidents sont à l’intérieur avec les fenêtres ouvertes pour voir et entendre la musique.

«On ne les voit pas, mais on sait qu’ils sont là. On entend leurs applaudissements. Ça nous a fait du bien de jouer pour du monde et on sait que ça leur a fait du bien d’entendre de la musique et de voir du monde.»

C’est en fin de semaine que l’ensemble reprend donc officiellement sa série de concerts Envol à Memramcook. Deux représentations sont prévues le 18 juillet. Le programme rassemble des œuvres de différents compositeurs en lien avec les oiseaux. On retrouve, entre autres, la pièce Les oiseaux de Respighi et une oeuvre de la compositrice d’origine canadienne Emily Doolittle.

 

L’ornithologue Alain Clavette – Gracieuseté

«On a approché Alain Clavette avec cette idée-là. Il a écouté les pièces et étudié les thèmes et il a bâti des espèces de petites chroniques informatives qu’il insère entre nos pièces. Par exemple, on joue Bird on the Wire et Alain Clavette fait une petite présentation sur comment les structures que les humains ont construites ont un impact sur les oiseaux.»

Selon Patrick Bolduc, il est intéressant de voir comment les compositeurs ont intégré les oiseaux dans leur musique. Dans certaines pièces, on peut littéralement reconnaître le chant des oiseaux, tandis que d’autres compositeurs ont recréé une atmosphère et une espèce de paysage musical évoquant la liberté et le vol des oiseaux.

«On n’entend pas les oiseaux chantés, mais c’est une atmosphère qui nous rappelle le printemps.»

Juste avant le début du confinement, Ventus Machina avait commencé à tourner avec ce programme en salle. Comme les salles de spectacle ne sont pas encore tout à fait rouvertes, l’ensemble a décidé de l’offrir en plein air avec l’autorisation du Village de Memramcook.

«Ça va être exceptionnel, on va entendre le chant des oiseaux et il y aura les images d’Alain Clavette qui vont être là. Ça va être la première fois qu’on fait le concert dans son intégralité à l’extérieur.»

Pour les besoins de la situation, le spectacle a été un peu revu. Les projections ont été remplacées par de grandes photographies en haute résolution d’Alain Clavette. Ces images d’oiseaux vont entourer les spectateurs.

Il y a deux représentations, à 13h et 15h. Les gens doivent s’inscrire à l’avance (page Facebook ou site web de Ventus Machina) afin de permettre de contrôler le nombre de spectateurs qui sera limité à 50. La première représentation se déroulera en français et la seconde en anglais. L’entrée est gratuite, mais les gens sont invités à faire des dons.

Disque en préparation

C’est bien connu; le quintette à vent néo-brunswickois aime s’associer avec d’autres artistes. Pour son deuxième album, il envisage de collaborer à nouveau avec Christian «Kit» Goguen, Ray Légère, un petit choeur d’enfants, ainsi qu’un quintette à cordes. Le groupe répète en ce moment en prévision de l’enregistrement du disque qui se fera au mois d’août.

«C’est de la musique qui a été écrite ou arrangée pour nous. On sort complètement du carcan classique. Dans les dernières années, on a changé un petit peu notre approche artistique. L’album va s’appeler Folklore pour essayer de dépeindre nos racines et qui nous sommes comme musiciens.»

La sortie de ce nouvel opus est prévue pour le début de l’année 2021. Leur premier disque In the Weeds est paru en 2017. Ventus Machina rassemble aussi Karin Aurell à la flûte, Christie Goodwin au hautbois, James Kalyn à la clarinette et Jon Fisher au cor français.