À la valdrague: le tournage est reporté à 2021

Le tournage de la quatrième saison de la comédie télévisée À la valdrague est reporté à l’été 2021, faute d’assurance pour la COVID-19. La productrice Suzette Lagacé se désole de la situation, mais elle estime que l’équipe ne peut pas prendre le risque de tourner sans assurance parce que cela pourrait entraîner d’énormes coûts supplémentaires.

Mozus Productions et Radio-Canada ont confirmé à l’Acadie Nouvelle que le tournage de cette série acadienne est remis à une date ultérieure, probablement en juin et juillet 2021. La productrice assure que toutes les mesures étaient en place afin d’entreprendre le tournage de ce quatrième chapitre des aventures de Rita Melanson et de la petite communauté de Saint-Prospère dans la Vallée de Memramcook, mais l’impasse avec les compagnies d’assurance n’est toujours pas résolue. Les compagnies refusent d’assurer les productions télévisuelles et cinématographiques pour le coronavirus. Les discussions en cours avec le gouvernement fédéral n’ont pas encore abouti, a fait savoir Suzette Lagacé, précisant que l’enjeu est complexe et coûteux.

«Imaginez qu’on commence à tourner puis qu’après une ou deux semaines, il y a une personne qui contracte la COVID-19, alors tout le monde doit être en quarantaine, on doit arrêter le tournage pendant deux semaines. Ce sont des coûts énormes», a expliqué Mme Lagacé.

L’équipe avait mis en place un protocole sanitaire détaillé afin de pouvoir filmer, mais l’absence d’assurance les contraint à remettre leur projet à plus tard. Seule série télévisée de fiction acadienne, dont le tournage était prévu en 2020, À la valdrague rassemble une soixantaine d’artisans et d’acteurs sur le plateau. Tous ces gens devront attendre à 2021 pour reprendre le travail.

«Tout le monde était prêt à le faire, mais il faut dire que cette période d’incertitude crée un stress. Ça rend tout le monde nerveux et on espère qu’à l’été prochain, on pourra tourner dans des conditions plus normales.»

Suzette Lagacé précise qu’ils ont approché le gouvernement provincial pour obtenir leurs appuis. Ils ont reçu des fonds supplémentaires de Fredericton afin de financer les coûts associés aux mesures sanitaires: ajout de journées de tournages, de personnel, etc.

«Ils sont allés au maximum de ce qu’il pouvait à la mesure du possible. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’a pas les moyens financiers de la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles)», a-t-elle souligné.

Le gouvernement québécois par l’entremise de la SODEC a injecté 51 millions $ pour la relance de l’industrie du cinéma et de la télévision qui comprend des indemnités temporaires en cas d’interruption de tournage.

«L’industrie de la télé et du film, ce sont des milliards de dollars dans l’économie au Québec. Au Nouveau-Brunswick, nous ne sommes pas une aussi grosse industrie et on n’a pas la même population.»

D’ailleurs, au dire de Mme Lagacé, les autres provinces canadiennes n’ont pas encore commencé à tourner de télésérie.

La troisième saison d’À la valdrague a été diffusée ce printemps. En repoussant le tournage à l’été prochain, la série ne sera donc probablement pas diffusée avant l’hiver ou le printemps 2022. Pour cette 4e saison de huit épisodes, de nouvelles auteures Marie-Josée Ouellet et Eugénie Beaudry, se sont greffées à Patricia Léger pour l’écriture des scénarios.