Ballet atlantique: danser près de l’océan

Sachant très bien qu’il sera probablement impossible de tenir son gala annuel de financement dans le contexte actuel de la pandémie, l’équipe du Ballet Atlantique Canada a imaginé une nouvelle forme de spectacle. Danser sur une scène extérieure avec l’océan comme décor.

Les billets pour les trois représentations (17, 24 et 31 juillet) se sont envolés rapidement. Il ne reste que quelques places pour la dernière représentation.

«Je dirais que c’était assez spécial, magique. Quand on voit une session de ballet avec l’océan comme fond de scène et le ciel bleu, c’est majestueux. Ça nous transporte dans un monde féerique», a exprimé la présidente du conseil d’administration de la compagnie, Rachel Maillet Bard qui a assisté à la première, le 17 juillet.

Comme bien des organismes culturels, la compagnie de Moncton a dû annuler sa saison en raison de la crise sanitaire. Si les huit danseurs ont pu réintégrer les studios, il reste que les salles de spectacle fonctionnent toujours au ralenti. Les fondateurs du Ballet atlantique, Susan Chalmers-Gauvin et Igor Dobrovolskiy (directeur artistique et chorégraphe), cherchaient un moyen de se produire sur scène.

Ayant une propriété de 43 acres en bordure de mer à Grande-Digue, avec son époux, Susan Chalmers-Gauvin a eu l’idée de construire une scène temporaire chez elle.

«C’est notre deuxième été sur cette propriété. C’est un très bel espace, un refuge pour les oiseaux. Comme tout le monde, nous étions confinés à la maison et en regardant toute cette beauté, nous avons eu l’idée de bâtir une scène et de créer un espace sécuritaire pour le public. Comme c’est une propriété privée, nous pouvons contrôler le nombre de personnes qui peuvent entrer sur le site.»

Toujours prêt à relever des défis artistiques, Igor Dobrovolskiy a créé une pièce unique pour l’événement.

«Il était excité non seulement d’avoir l’occasion de produire le ballet sur scène, mais d’être en mesure de créer quelque chose de très unique pour l’occasion. Pour les danseurs qui sont sur scène, le fait d’être entourés de terres humides, du chant des oiseaux, de l’océan, c’est un sentiment vraiment unique», a-t-elle poursuivi.

Le chorégraphe a créé une pièce sur le thème de l’isolement, en harmonie avec l’environnement maritime.

«Cela vous donne le sentiment d’être en isolement et de sortir de cette isolement. Il a choisi des costumes très simples qui flottent avec le vent.»

Avec cette série de spectacles, la compagnie espère recueillir une somme de 50 000$ qui l’aidera dans son fonctionnement et dans la réalisation de ses projets artistiques. Mme Chalmers-Gauvin rappelle que la recherche de financement auprès du secteur privé n’est pas facile en ce moment en raison de l’impact de la pandémie sur les entreprises.

«Nous avons une longue année ou peut-être 18 mois devant nous et nous avons besoin du support de la communauté et des commanditaires selon leur capacité parce que nous sommes conscients que tout le monde a été touché par la pandémie», a exprimé la présidente-directrice générale de la compagnie.

La compagnie offre aussi le spectacle les samedis et dimanches après-midi pour les familles et des organismes communautaires durement touchés par la crise sanitaire. Le site peut accueillir jusqu’à 80 personnes tout en respectant les consignes de distanciation sociale.

Rachel Maillet Bard estime que ces spectacles permettent de retrouver une certaine normalité et d’apprécier la culture et les arts. «Avec le confinement qu’on a eu, c’est très rafraîchissant.»

La série Ballet sur l’océan se termine le 31 juillet, mais l’équipe du Ballet atlantique n’écarte pas l’idée de reprendre le concept en septembre.