Suzie LeBlanc explore le folklore acadien de Shippagan

La soprano Suzie LeBlanc revisite une série de chants traditionnels de la Péninsule acadienne tirée de la collection Chansons de Shippagan du docteur J. Dominique Gauthier.

Le public pourra découvrir une petite parcelle du recueil Chansons de Shippagan, ce samedi, lors d’un concert présenté en ligne par le Festival international de musique baroque de Lamèque.

La chanteuse native d’Edmundston sera alors accompagnée du flûtiste Vincent Lauzer (directrice artistique du festival), du luthiste Sylvain Bergeron et de la violoniste Marie Nadeau-Tremblay, lauréate du concours de musique ancienne Mathieu-Duguay en 2019.

Le concert a été enregistré à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal.

«C’est une salle qui est belle à voir et qui sonne bien et qu’on aime beaucoup. Le directeur l’a mise à la disposition des musiciens pour aider les artistes. Nous avons été les premiers à faire un enregistrement quand ils ont annoncé ça», a indiqué la soprano au cours d’un entretien téléphonique depuis Montréal.

Le programme du concert qui met en valeur les Chansons de Shippagan a été conçu à partir de recherches menées par la soprano. Elle y songeait depuis près d’une année. Ces chants recueillis par le docteur J. Dominique Gauthier entre 1950 et 1957 ont été publiés dans un recueil par les Presses de l’Université Laval en 1975.

La mère de Suzie LeBlanc, Marie-Germaine LeBlanc qui était chanteuse classique et professeure de chant, possédait ce recueil. En découvrant et en parcourant la publication, la soprano a éprouvé un grand intérêt pour la collection.

«C’est écrit très librement parce que les gens quand ils chantent des chansons ne le font pas nécessairement avec un métronome. Il y a beaucoup de chansons, un tiers du livre, qui ont des ornements qui ressemblent beaucoup à des ornements baroques, alors je me suis dit il faut que je pousse ça un petit peu. Je trouve ça intéressant d’aller dans une région en particulier puisque toutes les chansons viennent un peu de la Péninsule acadienne et ça permet de voir si ce qui se chantait là est différent de ce qui se chantait ailleurs.»

La chanteuse précise que c’est un début. Pour le concert, elle propose un mélange de trois chansons tirées du recueil et de trois mélodies baroques afin de faire le pont entre les deux. Le recueil rassemble environ 70 chants.

«C’est comme si l’on vous offre l’apéro. C’est un petit concert. Pour moi aussi, c’est l’apéritif à cette recherche-là. Dans mon cas, je vais continuer la recherche et je pense même que j’aimerais ça faire un album avec beaucoup plus de chansons de Shippagan.»

Les vidéastes Jérôme-Luc Paulin et Emmanuel Crombez ont collaboré à cette production. Des images de Shippagan et des îles Lamèque et Miscou accompagnent les musiciens. Offrir des récitals virtuels préenregistrés constitue une expérience assez unique, confie la chanteuse.

«En fait, c’est unique parce que ça veut dire qu’on peut assister à notre propre concert. Il faut connecter très profondément avec le texte qu’on dit et la musique. C’est sûr que ça nous porte toujours de toute façon, mais il nous manque un gros élément quand le public n’est pas là. C’est un peu comme faire des enregistrements, mais il ne faut pas oublier que c’est un Live, pas un disque.»

Depuis le début de la pandémie, Suzie LeBlanc n’a pas beaucoup arrêté de travailler. Elle prépare de grands concerts et la prochaine rentrée universitaire. Celle qui enseigne le chant à l’Université McGill, à Montréal, a dû revoir ses façons de faire. Elle prépare, entre autres, un concert de musique et de théâtre sur l’histoire des Religieuses hospitalières, ainsi qu’un festival sur la musique composée par des femmes à l’époque du 17e siècle, qui se tiendra en mai 2021.

Le concert virtuel Chansons de Shippagan sera présenté le samedi 25 juillet à 17h sur la page Facebook du festival qui célébrera en 2021 son 45e anniversaire.