Denzel Subban: un rappeur qui a du cran

Fortement influencé par ses multiples origines culturelles, le rappeur Denzel Subban, de la Baie Sainte-Marie, propose au public du Festival Acadie Rock d’entrer dans son univers à la fois festif et très évocateur. Celui qui a du cran n’a pas peur d’afficher fièrement ses couleurs.

Le parcours de Moussa Sangaré-Ponce qui a choisi comme nom d’artiste Denzel Subban (clin d’oeil à la controverse au Québec entourant la prononciation française de PK Subban) est plutôt singulier. Né à Montréal d’une mère chilienne et d’un père malien, il a grandi à Clare en Nouvelle-Écosse. Il est maintenant établi à Halifax, tout en maintenant des liens très forts avec la communauté de la Baie Sainte-Marie. Celui qui a travaillé davantage dans l’ombre a décidé de sortir au grand jour et d’assumer pleinement sa créativité musicale. Quand on lui demande ses inspirations, il répond tout simplement sa vie. Fier de ses origines, il met en lumière la diversité culturelle en Acadie dans sa musique sans toutefois en faire nécessairement son seul cheval de bataille.

«Même si la chanson parle de party, si on écoute bien les paroles, on s’aperçoit qu’il y a des choses dans mon coeur et dans ma tête surtout maintenant avec tout ce qui se passe dans le monde. On est dans une sorte de deuxième vague de mouvements pour les droits civiques. C’est comme impossible de ne pas en parler en étant un homme noir. J’ai grandi comme une double minorité, j’ai grandi en étant Noir dans Clare et en étant francophone entouré d’anglophones», a exprimé en entrevue le rappeur.

L’artiste qui ne veut surtout pas être catégorisé tient à vivre ses multiples identités tant musicales que culturelles.

Issu du mouvement musical hip-hop à la baie Sainte-Marie initié par Radio Radio, Arthur Comeau et le collectif Tide School, Denzel Subban fait du rap depuis l’âge de 13 ans. Il a fait ses débuts à l’école à l’occasion d’un projet initié par Radio Radio. Il a ensuite participé à plusieurs échanges musicaux et remporté la compétition musicale des Jeux de l’Acadie en 2009. Le rappeur de 27 ans a collaboré et partagé la scène avec plusieurs musiciens, dont P’tit Belliveau, Arthur Comeau et Mike à Vic. Il a passé beaucoup de temps au studio d’Arthur Comeau (Alexandre Bilodeau), à enregistrer des chansons pour le plaisir. Cette fois, il présente son propre spectacle avec ses compositions.

Inclassable, son style de rap qui est plutôt mélodique puise dans différentes influences (Jacobus, Drake et Karim Ouellet). Vous retrouverez des titres comme C’est ma vie, Sippy Cup, Chicken Wings & Mango. Avec la pandémie et le confinement, le rappeur s’est tourné vers l’écriture et la création. Il a approfondi sa démarche et achevé des chansons qui étaient jusqu’ici incomplètes. Ses nouvelles pièces se retrouveront sur un premier album à paraître en 2020.

Moussa Sangaré-Ponce qui est aussi entraîneur de soccer envisage la musique un peu comme le sport. Doté d’un esprit compétitif, il veut toujours offrir le maximum de lui-même.

Le spectacle de Denzel Subban donne le coup d’envoi à la série de concerts virtuels du Festival Acadie Rock. C’est présenté mercredi à 20h sur la page Facebook du Festival. On retrouvera aussi le groupe Nebullama qui propose une musique rock, pop, progressive, un peu psychédélique avec des éléments de funk. Le groupe de Moncton formé de six musiciens a lancé récemment son premier album Vol.1 réalisé par Pierre-Guy Blanchard.

Le Festival Acadie Rock se poursuit jusqu’au 18 août. La programmation comprend une série de concerts virtuels, des soirées de poésie, des expositions, du théâtre ainsi que des œuvres cinématographiques.