Natasha St-Pier: «des chansons pour parler au cœur»

Avec son nouvel album Croire, Natasha St-Pier poursuit dans la lignée de ses précédentes aventures musicales à saveur religieuse et spirituelle. Celle qui cherche à donner un sens à ses chansons offre pour la première fois sur un disque deux textes de sa propre plume.

«En fait, j’aime beaucoup mon travail qui consiste à divertir les gens. J’avais envie de pouvoir divertir en faisant quelque chose de plus. Ce qui m’a fait choisir d’amener du divertissement, mais avec un sens et une profondeur. C’est pour ça que j’ai choisi ce chemin spirituel. Il y a plein de chemins possibles, mais moi j’ai choisi celui-là parce que sincèrement, je pense qu’on n’est pas juste des êtres de chair et d’os. J’avais envie de parler à notre conscience, à notre âme, si on peut se permettre d’utiliser ce mot-là, et d’utiliser les chansons pour parler au cœur», a exprimé en entrevue la populaire chanteuse qui partage sa vie entre Paris et le sud-ouest de la France.

Son disque Croire sort en Europe et au Canada le 14 août. Ses deux opus précédents, Thérèse – Vivre d’amour et Thérèse – Aimer c’est tout donner, qui rassemblent des textes de sainte Thérèse de Lisieux ont récolté du succès. Les tournées dans les églises qui ont suivi la sortie de ces deux albums ont été présentées à guichets fermés avec plus de 60 000 billets vendus. Pour son troisième album de cette saveur et 14e en carrière, la chanteuse a choisi de rassembler des textes de divers auteurs. Elle interprète un poème de sainte Thérèse de Lisieux, une chanson sur mère Teresa, Viens sois ma lumière, ainsi que des textes hommage à Marie. Des femmes qu’elle estime inspirantes.

«C’est un album qui parle beaucoup des femmes, qui parle de la maternité, de moi en tant qu’enfant puisque j’ai une chanson où je parle à ma mère. Ça parle aussi de moi en tant que maman. C’est un album qui est spirituel, mais si on arrive à faire la différence entre la religion et la spiritualité, je ne pense pas que cet album-là est religieux, je pense qu’il est spirituel.»

Si elle a attendu jusqu’à ce jour pour enregistrer ses propres textes, c’est qu’elle se sentait un peu intimidée. L’album comprend 12 chansons, surtout des ballades, dont Par amour et Peu m’importe. Ce sont des textes qu’elle a signés sur une musique du pianiste Vincent Bidal.

«J’ai toujours écrit et j’aime écrire, mais je n’ai pas toujours eu envie de proposer mes textes à des compositeurs parce que ça peut être intimidant. J’avais envie de les garder pour moi ou alors pour d’autres artistes. Et là, j’ai rencontré Vincent Bidal, le pianiste qui est en tournée avec moi depuis un peu plus d’un an, qui m’a inspiré confiance et qui a su me mettre suffisamment à l’aise pour lui montrer ce que j’ai écrit. En une journée, il avait déjà des choses à me proposer.»

Sur cet album, elle revisite la chanson Le temps des cathédrales, une pièce qui évoque ses débuts dans le spectacle Notre Dame de Paris.

«J’aime beaucoup cette chanson. En plus la cathédrale a vécu un grand drame. Elle est en reconstruction, on la voit chaque jour et on voit à quel point que ça touche les gens ici en France et je me suis dit de rechanter cette cathédrale, ça faisait écho à mes débuts et aussi à ce qui se passe aujourd’hui dans cette cathédrale.»

Lancer un album dans un contexte de pandémie

Natasha St-Pier convient que c’est un peu risqué d’un point de vue commercial, mais elle tenait à le sortir à ce moment-ci. À son avis, c’est pendant cette période que les gens ont besoin d’une forme d’apaisement. C’est du moins ce qu’elle cherche à transmettre avec son disque.

«Si j’attends dans un an pour le sortir pour avoir une fenêtre marketing plus confortable, je vais malgré tout à l’encontre de tout ce que j’essaie de dire dans cet album-là qui est de faire du bien aux gens. En période de pandémie, je pense que ce dont les gens ont besoin, c’est de se tourner vers des valeurs humaines, vers la compassion envers les autres et envers eux-mêmes.»

Si elle continue d’offrir des formations de yoga, il reste qu’elle consacre la majeure partie de son temps à la musique. À la fin septembre, elle entreprendra une tournée en France d’une cinquantaine de spectacles. La chanteuse précise que les frontières sont ouvertes en Europe et il est possible de reprendre les concerts dans des conditions sanitaires strictes et en respectant la distanciation physique.

«Comme on fait des demi-salles, on fait deux spectacles par endroit. Et donc du coup, on va faire une centaine de représentations jusqu’à Noël. On devait venir en tournée au Canada en juin, mais évidemment avec la pandémie, c’a été annulé. On ne sait pas quand on va venir.»

L’artiste confie qu’elle s’ennuie de sa famille en Acadie qu’elle n’a pas pu visiter cet été en raison de la pandémie. Elle ne sait pas non plus si elle pourra les voir à Noël. Ses parents et son frère vivent toujours à Bathurst.