Le lieu d’appartenance inspire neuf artistes dans une exposition éclectique

Où se sent-on le plus chez soi? Une question qui a nourri le Collectif 3E qui propose une exposition de neuf artistes qui ont des liens avec l’Atlantique à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen à Moncton. D’une installation de sculptures extérieure à la réalité virtuelle, cette collection d’oeuvres qui explorent les notions d’espace, de lieux et d’intimité se déploie sous plusieurs formes.

Formé en 2018, le Collectif 3E rassemble Emma Hassencahl-Perley, Emilie Grace Lavoie et Erin Goodine, trois commissaires émergentes issues de communautés autochtone, francophone et anglophone respectivement.

Elles ont décidé de se réunir après avoir travaillé ensemble sur un projet marquant le 50e anniversaire de la banque d’oeuvres d’art du Nouveau-Brunswick à la Galerie Beaverbrook. Leur rencontre a été déterminante dans la suite de leur parcours. Elles se sont retrouvées à quelques reprises à collaborer à des projets communs pour ensuite préparer cette exposition pour la galerie de l’université de Moncton intitulée, Un espace, un lieu, un monde intime. La directrice de la galerie Nisk Imbeault leur a donné carte blanche.

La thématique s’est développée à la suite de discussions entre les trois commissaires sur leurs lieux d’origine.

«On vient toutes les trois du Nouveau-Brunswick, mais on n’a pas la même expérience avec le territoire. Cela nous a fait réfléchir sur l’endroit où l’on se sent plus chez nous. C’est vraiment parti de notre expérience personnelle par rapport au lieu. À partir de ça, on a pensé à la thématique de l’exposition», a raconté la Émilie Grace Lavoie, d’Edmundston.

À la suite de l’appel de projets qu’elles ont lancé, elles ont fait une sélection des créateurs en fonction du thème, des médiums et du territoire. Elles tenaient aussi à avoir des artistes émergents et de différentes cultures.

«À partir de là, c’était de voir comment on peut faire des liens entre leur travail. On a une variété d’artistes qui ne travaillent pas le même médium ou qui ne viennent pas nécessairement de la même place et qui n’appartiennent pas aux mêmes cultures.»

Dans cette exposition, on retrouve des œuvres très variées qui utilisent des techniques et des médiums différents, que l’on voit moins en galerie. Vidéos, installations, réalité virtuelle, peintures, sculptures, céramiques, assemblages d’objets trouvés, dessins.

Une série de Léopold L. Foulem

La série de sculptures de céramique et d’objets trouvés, Panorama, de l’artiste acadien de renommée internationale Léopold L. Foulem fait partie de l’exposition. Avec humour, il nous rappelle comment les objets du quotidien qui occupent notre environnement peuvent nous procurer un sentiment d’appartenance à notre chez-soi.

L’installation Monter aux cieux (2017) de Denis Lanteigne fait partie de l’exposition Un espace, un lieu, un monde intime présentée à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen. – Gracieuseté

Denis Lanteigne, de Caraquet, a réalisé une grande installation extérieure de sculptures près du Carrefour de la mer, intitulée Monter aux cieux. Le public pourra donc admirer des images de l’installation ainsi qu’un segment de ses œuvres de bois et de chaux teintés qui font partie de l’exposition.

«Chaque année, Denis Lanteigne fait des œuvres comme ça à l’extérieur qui sont exposées pendant l’été. Il joue souvent avec la ligne d’horizon. Pour cette œuvre, il nous invite à réfléchir peut-être à la construction des croyances, du monde plus spirituel, et d’une certaine façon, comment l’architecture nous procure un visuel auquel on peut appartenir, un peu comme un lien communautaire. Dans ses oeuvres, je trouve qu’il y a beaucoup d’humour et un questionnement par rapport aux religions», a commenté la commissaire.

Les visiteurs pourront aussi découvrir une œuvre en réalité virtuelle de Séamus Gallagher.

«On porte le masque de réalité virtuelle et on entre vraiment dans l’univers de l’artiste. C’est comme un monde que je dirais intime parce que c’est une création en soi. C’est vraiment une façon d’entrer dans l’espace personnel de l’artiste», a expliqué Emilie Grace Lavoie.

Elle souligne le lien avec l’oeuvre de Serge V. Richard qui s’intitule À la table qui explore toutes les deux l’intimité de l’environnement de l’artiste. On retrouve également dans cette exposition des œuvres de Rudi Aker, Hailey Guzik, Meagan Musseau, Reiko Pleau et Lisa Thériault. L’exposition est en montre jusqu’au 18 octobre. Les trois commissaires qui sont aussi des artistes présenteront leurs propres œuvres dans une nouvelle exposition qui prendra place à la Galerie Colline à Edmundston en 2021.