Sandra Le Couteur et Vishtèn ont rendez-vous avec le monde

Sandra Le Couteur et Vishtèn participent à l’une des plus grandes initiatives internationales de jumelages en ligne de musiciens, jamais vue. Pour ces deux artistes de l’Acadie, ce nouveau projet constitue à la fois l’occasion d’obtenir une visibilité dans d’autres marchés, mais aussi d’échanger avec des groupes d’un peu partout sur la planète.

Quand Sandra Le Couteur a appris qu’elle était sélectionnée pour le nouveau projet international, Global Music Match, elle a été renversée. Selon celle-ci, cette invitation vient poser un baume sur tout ce qu’elle a perdu au cours des derniers mois en raison de la pandémie. Elle devait d’ailleurs partir en tournée en Europe.

«C’est la plus grosse offre que j’ai eue dans ma vie. Ça m’amène à un autre niveau. C’est une autre étape dans la vie parce que c’est immense. Je vais avoir une visibilité sur la planète», a déclaré la chanteuse.

Un total de 96 artistes de 14 pays, répartis en 16 groupes, figurent à la sélection. Parmi eux, on retrouve 12 musiciens de l’Atlantique, mais seulement deux francophones, soit le groupe Vishtèn de l’Île-du-Prince-Édouard et la grande dame de la chanson de l’île Lamèque. Le projet se déroule d’ailleurs principalement dans la langue de Shakespeare. Sandra Le Couteur se sent d’attaque même s’il n’est pas parfaitement bilingue. Celle qui s’est assurée d’être bien entourée a fait appel au cinéaste Chris LeBlanc pour la captation de ses entrevues. Elle entend faire connaître sa musique, dont son plus récent album Les cormorans à travers le monde.

Créé dans le cadre d’une première collaboration entre l’Association de la musique de la côte Est, Sounds Australia et Showcase Scoltland Expo, ce projet regroupe 11 autres organisations d’exportations et événements de vitrines musicales du monde.

Le projet pilote vise à accroître la visibilité des artistes locaux prêts à l’exportation sur les marchés internationaux, en vue possiblement de tournées futures. Ceux-ci rappellent que faire connaître les artistes sur la scène internationale est un processus difficile, surtout dans le contexte de la pandémie de COVID-19, puisque les occasions de vitrines musicales et de rassemblements se font plutôt rares.

Un jury international

Les musiciens ont été choisis par un jury international. Chaque semaine, à compter du 31 août, un artiste fera connaître un groupe ou un musicien d’un autre pays par le biais d’entrevues, de clips, de prestations et de divers moyens de promotion sur les réseaux sociaux. Sandra Le Couteur a été jumelée avec cinq autres artistes de la Finlande, de l’Australie, des Pays-Bas, de l’Italie et du pays de Galles.

Même s’ils reçoivent un petit cachet pour leur travail, la chanteuse confie qu’elle l’aurait même fait gratuitement tant elle est emballée par la proposition.
«C’est un investissement. C’est gros, c’est la planète qui va m’entendre!», a lancé celle qui a entrepris des démarches pour trouver une équipe en Europe afin de l’épauler dans ses projets d’exportation.

«Penser à des idées innovatrices»

Emmanuelle LeBlanc de Vishtèn estime qu’il est particulièrement important d’arriver à se démarquer en trouvant des façons d’innover.

«Il faut essayer de penser à des idées innovatrices parce que je trouve qu’il y a beaucoup de contenus en ligne. On doit se démarquer dans tout ça.»

Selon celle-ci, cette nouvelle initiative permettra au trio qui tourne déjà beaucoup à l’international d’élargir sa visibilité dans des pays où ils sont moins présents.

«On va pouvoir être mis en vitrine dans cinq autres pays ou marchés. Ces artistes ont des groupes d’admirateurs qui vont au-delà de leur pays d’origine. C’est vraiment intéressant de pouvoir faire ça», a raconté la musicienne.

Le groupe Trad est associé, entre autres, avec des musiciens de la Finlande et de Taïwan, deux régions où ils n’ont jamais donné de concert.

«Je trouve ça le fun aussi parce que ce sont des groupes qu’on ne connaît pas nécessairement. On découvre d’autres artistes, leur culture, leur démarche artistique, leur musique. On est jumelé avec des groupes qui sont de toutes sortes de différentes musiques même si l’accent de ce Global match est surtout basé dans les genres folk, roots.»

Le trio qui a dû annuler une soixantaine de spectacles depuis le printemps en raison de la pandémie se réjouit d’une telle initiative.

«On a présenté des diffusions en ligne et on est chanceux d’avoir des tournages cet été pour différents projets, mais on ne voit pas personne. On n’a pas fait de spectacle live et veut veut pas, on manque cette connexion-là. Avec Global Music Match, on fait des connexions avec des groupes, du monde, on échange et on s’entraide, ça fait du bien. Une grosse partie de l’industrie de la musique, c’est le contact avec le public, mais aussi avec les gens de l’industrie et les autres artistes», a-t-elle ajouté.

Le projet qui en est à ses débuts se déroulera du 31 août au 11 octobre.