Un galeriste de Moncton cherche à révolutionner l’expérience artistique en ligne

Comment s’assurer que l’on pourra vivre au quotidien avec une œuvre d’art? Un propriétaire d’une galerie à Moncton et artiste, Mathieu Hébert, a mis en place une application virtuelle qui permet à sa clientèle de visualiser une peinture chez soi avant de l’acheter.

Depuis le début de la pandémie, le propriétaire de la galerie et boutique The Acorn Studio a dû imaginer de nouvelles façons de promouvoir le travail des artistes qu’il représente et de rejoindre sa clientèle. Sa petite galerie qui n’était ouverte que depuis quatre mois a été forcée, tout comme la plupart des boutiques, de fermer ses portes au printemps pour une période de deux mois.

Mathieu Hébert a profité de cette pause pour créer une boutique en ligne. Pendant ce temps, il a découvert une nouvelle fonction numérique qu’il a pu intégrer à son site web. Cette application développée par l’entreprise américaine ArtPlacer permet aux amateurs d’art d’accrocher virtuellement une peinture au mur de leur salon et de visualiser ainsi l’oeuvre dans l’espace. Pour l’avoir essayé, l’application est assez facile à utiliser.

Le galeriste souligne qu’il aurait aimé trouver une entreprise canadienne avec qui collaborer, mais ça n’existe pas. ArtPlacer se spécialise dans le domaine des œuvres d’art et des galeries.

«Un des problèmes qui existent depuis tous les temps c’est que lorsqu’on veut acheter une œuvre d’art, il faut arriver à visualiser comment sera l’oeuvre d’art chez soi. Avec cette application, on peut voir l’oeuvre en temps réel chez soi accrocher sur son propre mur donc ceci révolutionne l’approche des galeries. Avec cette étape, ça donne plus d’options aux galeries surtout en temps de pandémie où on est obligé de trouver de solutions.»

Seulement quelques galeries au Canada offrent ce genre d’application, a fait savoir Mathieu Hébert qui se trouve à être le seul dans les Maritimes à fournir ce service. Après quatre mois de préparation, le nouveau service (disponible sur le site web de la galerie) a été lancé cet été. Le site web de la galerie rassemble plus de 500 œuvres d’une quarantaine d’artistes des Maritimes.

«À ce jour, il y a beaucoup de monde qui trouve ça vraiment intéressant et ça attire la curiosité. On a eu beaucoup de visites sur le site web plus qu’en magasin qu’on aurait eu normalement.»

Avec son site web, le galeriste rejoint des amateurs d’art d’un peu partout à l’extérieur de la région de Moncton. Il a réussi à faire quelques ventes. Son site enregistre une moyenne de 500 visiteurs par mois, ce qui est plus élevé qu’en galerie.

«Pour un début d’une nouvelle fonctionnalité, on est très satisfait. Les artistes aussi. Ça permet de vendre plus qu’en magasin et d’aller chercher des clients partout dans le monde entier.»

Avec une saison touristique au ralenti, le galeriste a dû se tourner vers d’autres avenues pour maintenir une bonne clientèle. En développant de nouveaux services, il a pu se maintenir la tête hors de l’eau, et ce, sans aide gouvernementale. Il a vu de nouveaux visages entrer dans sa boutique. Ce sont des gens qui réalisent l’importance d’appuyer l’économie locale, a-t-il mentionné.

«Tout ce qui est en magasin est en ligne et on a aussi des oeuvres d’art qui sont exclusivement en ligne. Présentement, il y a seulement des galeries d’art qui peuvent vendre des œuvres d’art. Y a aucun marché, aucun événement artistique qui se passent dans les environs, donc pour les artistes, c’est difficile de trouver des endroits pour vendre.»

Dans le futur, Mathieu Hébert souhaiterait pouvoir offrir un programme de réalité virtuelle qui permettrait aux clients de voir les œuvres d’art sous plusieurs angles.

Le galeriste précise que les gens ont souvent besoin de voir les œuvres en vrai pour les apprécier. L’entreprise américaine travaille d’ailleurs au développement de cette application qui s’en vient prochainement, a ajouté le galeriste.