Les deux visages de Jacques Surette

La vie est belle pour l’auteur-compositeur-interprète Jacques Surette qui malgré tous les drames du monde arrive à faire jaillir la lumière dans sa musique comme en témoigne son deuxième album qui révèle sa grande diversité musicale.

«Quand même qu’il y a des choses qui sont difficiles dans ces temps-ci, je me considère dans une bonne place», a exprimé le musicien qui s’estime privilégié de faire de la musique.

Un an après avoir sorti un premier album francophone à saveur country, Marche, marche, marche, l’artiste de Yarmouth en Nouvelle-Écosse est de retour avec un deuxième opus bilingue Jacques Surette II, beaucoup plus varié sur le plan musical. Avec 11 compositions originales en français et en anglais, on découvre ainsi les deux visages créatifs de ce chanteur et guitariste à la voix profonde qui propose une poésie du quotidien. Difficilement classable comme genre musical, l’artiste ne s’en fait pas trop avec ça. Il continue sa route comme il l’entend.

«Il y a du monde qui me place dans adulte contemporain, d’autres dans folk, mais moi j’aime expérimenter dans tout ça pour le moment. On change tout le temps et je veux juste explorer différents styles.»

Tout en offrant quelques pièces country dans la continuité de son premier opus, il s’aventure dans plusieurs genres musicaux: folk, blues, rock, alternatif. En français, il a une couleur country-folk, tandis qu’en anglais, il devient plus rock.

«J’ai figuré que j’allais diviser l’album en deux parce que je chante dans les deux langues. Je voulais représenter ça dans cet album-ci.»

Humour, réalisme et intensité

Pour ce disque, il s’est associé à Christien Belliveau et à Mike Trask du studio MRC à Memramcook qui signent la réalisation. Julie Aubé des Hay Babies a collaboré aux voix. La belle pochette colorée de l’album créée par l’artiste Richard Daigle reflète la dualité de l’artiste. En grandissant, l’artiste de 20 ans a toujours écouté différents styles de musique en français et en anglais. Il compose et chante dans les deux langues.

Ce nouvel album témoigne du chemin parcouru par le jeune auteur-compositeur-interprète. En anglais, les sujets abordés sont plus intenses, fait remarquer l’artiste. Le premier extrait Everyday s’inspire d’événements tragiques un peu partout dans le monde, dont les tueries qui l’attristent.

«Du monde qui meurt ou des gens qui n’ont pas de famille, qui ont des vies difficiles, ça me touche.»

Dans sa langue acadienne, il nous parle de son coin de pays, d’histoires vécues ou d’expériences racontées par les amis. À mi-chemin entre l’humour et le réalisme, la pièce Barre tes portes est inspirée d’ailleurs d’une expérience qu’il a vécue récemment lorsqu’il a été victime d’un vol dans sa voiture.

On retrouve aussi quelques chansons particulièrement émouvantes et d’une belle simplicité comme Mon thé qui nous invite à voir les belles choses de la vie malgré les guerres, les morts et les voleurs puis Donald Trump. Pour clore l’album, le chanteur revient dans sa région en chantant Back à la Baie qui expérimente différentes sonorités. Il raconte que ces sonorités sont apparues un peu par accident.

«La guitare est tombée du stand. Je l’ai ramassée et elle était dans un bizarre de tuning et j’ai expérimenté avec ça.»

Il a écrit cette chanson après une grosse tournée au Québec. Sur le chemin du retour, il songeait à tout ce qui se passait à la Baie.

Après avoir offert une vitrine virtuelle au Festival international de la chanson de Granby, cette semaine, Jacques Surette entreprendra une tournée de 13 spectacles en solo dans plusieurs régions du Québec, du 3 septembre au 2 octobre.

«C’est extrêmement apprécié qu’il rouvre les salles. Ça va être nice de pouvoir voyager de nouveau, ça fait un grand boutte que j’ai pas sorti hors des provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. J’aime ça des petites salles intimes parce qu’on rencontre du monde.»

Son album sortira le 4 septembre sur toutes les plateformes numériques, mais la version vinyle paraîtra un mois plus tard.