Envol de Ventus Machina: le chant des oiseaux envahit la cathédrale

Salué par une ovation, le concert Envol de l’ensemble Ventus Machina nous fait découvrir à la fois des œuvres musicales d’une grande beauté, inventives et l’univers fascinant des oiseaux.

«Je ne verrai plus jamais les oiseaux de la même manière», a confié une musicienne après avoir vu le concert. Une remarque qui a fait chaud au coeur à l’ornithologue Alain Clavette qui assure l’animation.

Une centaine de personnes ont assisté à ce concert à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à Moncton jeudi soir, dans le cadre de l’Été musical de Barachois. Avec son écho naturel, la cathédrale offre une acoustique remarquable pour la musique. Comme le souligne le bassoniste Patrick Bolduc, on peut entendre le chant des oiseaux même quelques secondes après la fin des pièces.

Le quintette à vent du Nouveau-Brunswick qui cherche à sortir du moule traditionnel de la musique classique propose cette belle combinaison entre des pièces inspirées par les oiseaux et la science. En lever de rideau, l’ensemble a revisité Blackbird de Paul McCartney pour clore avec la pièce Bird on the Wire de Leonard Cohen, sur des arrangements de James Kalyn, interprétée de belle façon par le quintette. Quelle belle finale chaudement acclamée par le public! En écoutant la musique, le public a pu admirer des projections de photographies d’oiseaux prises par Alain Clavette.

Depuis tous les temps, les oiseaux fascinent les êtres humains, rappelle l’ornithologue acadien. De la couleur éclatante de leur plumage à la force de leurs ailes en passant par leur virtuosité, la structure complexe de leur système respiratoire et leur habileté à s’adapter aux constructions humaines, Alain Clavette transmet ses connaissances avec passion. L’ornithologue apprécie ce genre de concert qui sort des sentiers battus. Celui qui a évolué surtout dans l’univers du punk et du heavy métal s’est donc initié à la musique classique. À son avis, ce genre de projet est génial pour rapprocher le monde scientifique de la population en général.

«On ne serait pas dans la merde si le monde scientifique avait réussi à se faire entendre par la population en général dans les quatre, cinq dernières générations. Moi j’ai parlé des oiseaux dans le cadre de ces spectacles-là à des gens qui ne s’intéressent pas du tout aux oiseaux.»

De son côté, le quintette a pu ainsi attirer des gens dans un concert classique qui autrement ne seraient peut-être pas venus. Dans cette version écourtée du programme, des œuvres d’Ottorino Respighi, de David Picton et de la compositrice originaire de Maritimes, Emily Doolittle ont été présentées. Cette compositrice qui se dit zoomusicologue a une approche très particulière. Pour interpréter une de ses pièces, les musiciens se sont déplacés dans l’espace, offrant ainsi un des moments forts du concert.

Si l’acoustique était merveilleuse pour la musique, elle l’était moins pour les présentations au micro qui étaient difficiles à entendre en raison de l’écho. Il fallait être très attentif pour saisir tout ce que disait Alain Clavette, même s’il avait pris bien soin de parler plus lentement. Le défi était grand, admet Patrick Bolduc.

«Ça fait partie des conditions avec lesquelles il a fallu qu’on travaille dans les derniers mois (contexte de la pandémie) pour trouver des nouvelles façons de rester pertinents et de partager nos choses. Pour nous en ligne, ça ne marche pas. Acoustiquement, il y a des défis ici. Ce n’est pas ici qu’on aurait choisi de le faire en premier sauf que ça nous permettait d’avoir un public devant nous avec toute la distanciation qu’on avait besoin pour répondre au protocole.»

L’ensemble qui a déjà présenté ce concert à quelques reprises était heureux de se retrouver dans une salle un peu plus traditionnelle. Alain Clavette n’aurait jamais imaginé que sa passion pour les oiseaux l’amènerait à prendre part à un spectacle du genre à la cathédrale. Le concert sera présenté de nouveau à Tatamagouche en Nouvelle-Écosse ce dimanche, puis au Centre des arts à Edmundston le 24 octobre et à Florenceville le 25 octobre.