Star Académie: Wilfred LeBouthillier encourage les jeunes à suivre leur instinct

Dix-sept années se sont écoulées depuis le triomphe de Wilfred LeBouthillier à la première mouture de Star Académie. Aujourd’hui, l’auteur-compositeur-interprète acadien conseille aux jeunes artistes qui tenteront leur chance aux auditions de se faire confiance, d’écouter leur instinct et d’être fidèles à eux-mêmes.

«C’est tellement un milieu qui change et un milieu qui n’a pas de recette. On peut se poser beaucoup de questions et avoir différentes réponses. Ça peut faire en sorte qu’on est tout mélangé et on ne sait plus quelle direction prendre. Mais à un moment donné, il faut apprendre à se faire confiance, écouter notre instinct et laisser la petite voix à l’intérieur de nous trancher», a déclaré Wilfred LeBouthillier au cours d’un entretien téléphonique depuis sa résidence à Tracadie où il passe une bonne partie de l’été.

Au terme des rondes d’auditions et du camp de sélection, 15 candidats, soit un de plus qu’en 2012, seront sélectionnés pour l’académie. À quelques semaines du début de la tournée des auditions qui s’arrêtera à Moncton, le 5 octobre, déjà plus de 1500 personnes se sont inscrites aux auditions.

«Y a des gens qui sont inscrits pour Moncton, mais c’est sûr que nous on en veut le maximum. On pourrait en voir 200 ou 300 personnes et même plus. On a les capacités pour en voir autant. Si on en voyait 300 à Moncton, je serais super content», a affirmé le producteur de l’émission Jean-Philippe Dion.

Celui-ci soutient que Star Académie n’est pas une émission montréalaise et qu’elle a sa place dans toute la francophonie canadienne.

«Je dirais que c’est une des premières questions qu’on s’est posées quand on s’est assis pour réfléchir à la prochaine mouture de “Star Ac” parce qu’évidemment sans grande cachette, c’est beaucoup plus économique de faire des auditions seulement à Montréal et à Québec et de faire déplacer les gens plutôt que nous de déplacer l’équipe, mais c’est vraiment important pour nous de montrer que “Star Ac” va aller chercher le talent là où il se trouve et donc on veut dépasser les frontières du Québec.»

Le producteur et son équipe recherchent avant tout de jeunes chanteurs qui ne cachent pas leur personnalité artistique. Jean-Philippe Dion ne veut surtout pas des imitateurs. Des interprètes oui, mais aussi des auteurs-compositeurs-interprètes qui ont déjà un style et une personnalité, reflétant ainsi l’évolution de la scène musicale francophone. Le producteur note que c’est une tendance de plus en plus marquée dans l’industrie musicale. Celui-ci assure qu’il n’est pas question de faire entrer les artistes dans un moule.

«On ne veut pas éteindre cette personnalité, on veut plutôt accompagner l’artiste pour justement qu’il arrive à définir encore plus et à peaufiner sa personnalité artistique. On ne veut pas de gens en audition qui cherche à imiter de grandes vedettes parce qu’ils aiment un tel chanteur et que depuis des années, ils chantent des chansons de leurs artistes préférés et finalement, ils imitent un peu la voix ou l’interprétation. On veut vraiment que les gens nous montrent leur personnalité dans cette audition-là en s’appropriant la chanson et en faisant à la limite une composition originale aussi.»

Si jamais les frontières entre le Nouveau-Brunswick et le Québec ne sont pas rouvertes le 5 octobre, le producteur assure qu’ils sont prêts. Il sera possible de repousser la date des auditions ou encore de les faire à distance. Le lieu de l’académie, les animateurs et le corps professoral seront annoncés au cours des prochaines semaines.

Jean-Philippe Dion voit dans la nouvelle mouture de Star Académie bien plus qu’une télé-réalité. C’est une école de formation qui permet au public de suivre l’évolution des candidats.

«Oui les caméras sont là et ça reste des caméras du même type qu’utiliser en télé-réalité, mais pour nous, c’est vraiment pour une raison technique parce qu’en fait, on doit livrer une émission chaque jour. On est plus dans le documentaire d’observation et encore plus cette année, avec le changement de réalisation.»

Diffusée à l’hiver 2021, l’émission aura sensiblement le même concept qu’avant avec une grande émission de variétés le dimanche et les rendez-vous quotidiens. Comme nouveauté, l’équipe intègre deux épisodes de camp de sélection qui rassemblera les 100 meilleurs candidats à la suite des auditions. Ils prendront part à un stage intensif de formation. De ce groupe, 15 chanteurs seront retenus pour faire leur entrée à l’académie. Chaque semaine, un candidat devra repartir à la maison pour terminer la saison avec le grand gagnant.

Un retour attendu

Wilfred LeBouthillier est heureux du retour de Star Académie sur les ondes, même s’il juge que le contexte de la pandémie n’est peut-être pas le moment idéal pour arriver à produire ce genre d’émissions.

«J’ai hâte de voir les nouveaux talents passer par le même chemin que j’ai passé, il y a 17 ans. Pour moi, c’est beaucoup plus rassembleur que La Voix. Je pense que c’est l’attachement que ça crée qui donne le goût aux gens de se rassembler derrière cette personne-là qui est un petit gars du coin. Ensuite, quand le participant sort, il y a un suivi parce que les gens se sont attachés à cet artiste et ça leur donne le goût d’aller le voir en spectacle et d’acheter son album», a commenté l’artiste qui ne cache pas son parti pris pour Star Académie.

Cette télé-réalité s’est avérée un tremplin dans sa carrière, rappelle le chanteur même s’il a dû essuyer quelques critiques à l’issue du concours et se battre contre certains préjugés en début de carrière.

«Dans le fond, tout ce qui est gros succès populaire, à un moment donné, ça dérange et les critiques embarquent, puis il faut se battre contre ça, il faut avancer et il y a tout le temps de quoi à prouver. À un moment donné, on n’a pas le choix d’avoir un laisser-aller avec tout ça et de dire y arrivera ce qui arrivera.»

Tout au long de sa carrière, Wilfred LeBouthillier s’est efforcé de rester intègre et honnête dans ses choix artistiques.

«Pour moi, je suis convaincu que je serais arrivé d’une façon ou d’une autre, mais de cette façon, ç’a été boosté pas mal sur des stéroïdes, on passe d’inconnu à connu. Je pense que pour n’importe quel artiste, s’il est devenu ce qu’il est devenu, c’est parce qu’à un moment donné dans sa carrière, il y a eu un élément déclencheur et moi, à cette époque – là, ç’a été mon élément déclencheur. Y en a d’autres que c’est un succès à la radio.»

C’est à l’artiste de prouver qu’il est là pour rester dans le cœur du public, rappelle le chanteur. Un artiste peut bien vouloir faire ce métier le plus longtemps possible, de faire tous les efforts nécessaires, mais en fin de compte, c’est l’amour du public qui décidera de son sort, conclut Wilfred LeBouthillier.