Une journée consacrée aux livres du Nouveau-Brunswick

Dans la foulée du mouvement pour la consommation de produits locaux, le monde littéraire espère donner un nouvel élan au secteur du livre de la province en tenant la toute première journée J’achète un livre du N.-B., le 19 septembre prochain.

Des libraires, des maisons d’édition et des organismes littéraires francophones et anglophones de la province ont uni leurs forces pour créer cet événement, une initiative qui existe aussi au Québec et en Ontario. L’éditrice Marie Cadieux et le libraire Julien Cormier précisent que l’objectif est de faire rayonner les auteurs de la province et accroître les ventes de leurs livres dans les librairies locales.

«On aimerait que tout à coup que les gens s’aperçoivent qu’il y a des auteurs ici, qu’il y a de bons auteurs et qu’il y a de bons livres qui sont faits ici. On aimerait que les gens réalisent ça et qu’ils prennent la peine d’acheter un livre d’ici», a exprimé Julien Cormier.

Celui-ci précise que dans ses deux succursales, il vend beaucoup plus de publications de l’extérieur du Nouveau-Brunswick que de la province.

«Si on compare avec le Québec et avec la France, nous c’est minime ce qu’on produit ici et on a peu de maisons d’édition. On vend clairement beaucoup plus de livres d’ailleurs que de livres d’ici. On aimerait voir augmenter la vente de livres d’ici.»

Si l’industrie du livre était déjà chancelante avant la pandémie, la crise sanitaire est venue l’affaiblir davantage, souligne le propriétaire de la Librairie Pélagie qui a dû fermer sa succursale de Bathurst après plusieurs années d’existence. Selon lui, la journée J’achète un livre du N.-B. ne va pas nécessairement changer la dynamique dans ses librairies à Shippagan et Caraquet, mais cela pourrait certainement contribuer à accroître la visibilité des auteurs néo-brunswickois.

«Ce serait le fun que ça marche un tant soit peu comme ça marche au Québec. Là, tout à coup, ils ont vu une réelle différence dans la vente de livres québécois et nous autres, on aimerait bien que ce soit la même chose ici.»

Marie Cadieux précise que la pandémie a eu un impact réel sur le monde littéraire, renforçant ainsi les inquiétudes des éditeurs et des libraires.

«Les gens se sont mis à acheter beaucoup en ligne et surtout chez les grands distributeurs. Il fallait faire quelque chose et on dirait que c’était le bon moment», a affirmé la directrice des Éditions Bouton d’or Acadie.

Elle encourage les gens à se procurer des livres du Nouveau-Brunswick dans une librairie locale, dans différents points de vente ou à travers les sites web des éditeurs. Certains organismes organiseront aussi des activités lors de cette journée. Mme Cadieux rappelle que la littérature d’ici est riche et diversifiée.

«On espère que les gens vont aller voir les livres et qu’ils vont peut-être découvrir des choses plutôt que d’acheter un best-seller québécois, français ou une traduction américaine. On a parlé beaucoup d’achat local, il y a toutes sortes d’initiatives, beaucoup d’intérêt vers les produits agricoles locaux, alors pourquoi pas le livre.»

Politique d’achat

Le monde littéraire continue de réclamer une politique provinciale d’achat de livres. Selon Julien Cormier, une telle politique qui encouragerait les institutions publiques à faire leurs achats chez les libraires de la province aurait peut-être pu sauver sa librairie à Bathurst. Actuellement, les libraires doivent verser des remises en argent aux écoles et aux bibliothèques publiques, qui représentent plusieurs milliers de dollars, s’ils veulent demeurer compétitifs à l’échelle nationale. Le dossier de la politique d’achat traîne depuis déjà plusieurs années, soit depuis le cri du cœur de Marguerite Maillet, aux Éloizes en 2004, sur l’urgence de la mise en place d’un tel programme.

«Ça fait très longtemps. Il y a eu du travail. La résistance est grande à cause des ententes de libre-échange et le Nouveau-Brunswick se sent un peu les mains liées. Pourtant, il peut y avoir des exceptions culturelles.»

Enfin, Marie Cadieux ajoute que la journée J’achète un livre du N.-B. est une activité coopérative. Toutes les initiatives personnelles ou institutionnelles pour promouvoir et pour participer à cette initiative sont les bienvenues: suggestions de lecture, points de vente éphémères, présentoirs de livres, photos et listes d’achats, séances de dédicaces, etc.