Culture: des engagements, mais pas de ministère

Si la plupart des formations politiques accordent une place importante aux arts et la culture dans leur programme électoral, il reste qu’aucune d’entre elles ne s’engage à créer un ministère de la Culture.

«C’est clair qu’on aurait aimé que chacune des plateformes propose la création d’un ministère de la Culture, mais on ne le retrouve pas. Nous aurons les quatre prochaines années pour y travailler très fort», a exprimé la directrice générale de l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, Carmen Gibbs.

Or celle-ci se réjouit de voir que les plateformes des libéraux, des Verts et du NPD comprennent un certain nombre d’initiatives pour renforcer le secteur des arts et de la culture, dont l’adoption d’une loi sur le statut professionnel de l’artiste, une mesure commune aux trois formations politiques. Ce dossier figure parmi les priorités de l’AAAPNB. L’Association, qui a fait parvenir une liste d’engagements souhaités en matière de culture, a reçu des réponses de trois des quatre partis principaux. L’organisation est en attente d’une réponse du Parti progressiste-conservateur qui n’avait toujours pas dévoilé son programme à six jours du scrutin. On s’attend à ce que la plateforme soit présentée jeudi.

«On serait très déçu s’il fallait qu’ils ne sortent pas de plateforme électorale premièrement et de ne pas trouver non plus une place importante pour les arts et la culture. On trouve qu’à quelques jours des élections, le fait que le Parti progressiste-conservateur n’ait pas sorti de plateforme électorale et n’ait pas dit ce qu’il souhaitait, ses promesses et les engagements qu’il allait faire envers tous les secteurs, notamment envers le nôtre, c’est un peu décevant», a déploré Mme Gibbs.

Depuis le début de la campagne électorale, l’équipe conservatrice n’a pas annoncé d’engagements spécifiques pour le secteur des arts et de la culture. Dans un message envoyé à l’Acadie Nouvelle, la directrice des communications du parti a rappelé que sous le gouvernement de Blaine Higgs, le budget 2020-2021 du Fonds en fiducie pour l’avancement des arts a été augmenté de 500 000$, représentant ainsi une hausse de 70% des fonds comparativement à l’année précédente.

Toutefois, les grandes augmentations du budget alloué à l’ensemble du secteur des arts et de la culture remontent à 2014 et 2015. Depuis, le budget est demeuré sensiblement le même. L’AAAPNB demande que celui-ci soit augmenté de 5 millions $ par année. Seul le Nouveau Parti démocratique s’engage clairement à le faire dans sa plateforme électorale.

Chez les Verts tout comme chez les libéraux, on promet par contre de relancer économiquement le secteur des arts lourdement affecté par la pandémie, sans nécessairement chiffrer cet engagement.

Les arts, un secteur de plus en plus reconnu

L’équipe libérale mentionne dans son programme la mise en place d’une politique d’achat de livres, ce que réclame depuis très longtemps le secteur littéraire. Du côté du Parti vert, on souhaite créer un poste de poète officiel à l’Assemblée législative.

Dans l’ensemble, les formations politiques veulent poursuivre le travail pour l’intégration des artistes et de leurs œuvres dans les écoles. Les néo-démocrates se disent prêts à appuyer l’AAAPNB dans la mise en œuvre de la Stratégie globale renouvelée pour l’intégration des arts et de la culture.

L’AAAPNB a réussi à rencontrer le chef du Parti vert, David Coon et trois candidats du Parti libéral. L’association attend toujours des réponses pour des rencontres avec des représentants des conservateurs et du NPD.

«C’est une courte campagne électorale, donc ça ne nous donne pas beaucoup de temps pour des rencontres en personne, mais je dirais qu’on a réussi à faire reconnaître dans les trois plateformes qu’on a reçu, notre secteur comme un secteur important à soutenir», a ajouté Carmen Gibbs.

Celle-ci fait remarquer que certaines campagnes électorales par le passé n’avaient absolument rien sur les arts et la culture.

«Je crois qu’à force de frapper les mêmes messages et je crois que les partis reconnaissent qu’un secteur qui amène 575 millions $ de PIB au Nouveau-Brunswick doit être reconnu au même titre que les secteurs comme la pêche et la forêt.»