Un FAVA virtuel «parce qu’il faut bien continuer à vivre»

Le Festival des arts visuels de l’Atlantique a choisi comme thème «Articulations» pour sa 24e présentation. Mais il aurait aussi bien pu prendre «Parce qu’il faut bien continuer à vivre malgré la pandémie».

Alors que la grande majorité des événements publics ont été annulés en raison de la COVID-19 cette année, le FAVA est allé à contre-courant et présentera un rassemblement virtuel en majeure partie, du 23 au 26 septembre, à Caraquet.

Malgré la contrainte et le fait qu’ils ont besoin d’un public en chair et en os pour admirer, évaluer et critiquer leurs oeuvres, une vingtaine d’artistes ont accepté de relever le défi. Ils évolueront à travers un fil conducteur qui portera davantage sur la démarche artistique de création, mieux adaptée à la formule virtuelle, que sur le résultat final.

«Je le dis souvent et pas seulement pour le FAVA: il faut avoir un semblant de vie normal dans une communauté durant cette crise. C’est très important. On ne peut pas tout arrêter et on doit continuer avec les nouvelles structures et la réglementation qu’on nous impose. On aurait pu l’annuler, mais on pouvait aussi le modifier et le rendre intéressant en jouant avec les éléments», a raconté Daniel Landry, le président du conseil d’administration du festival, après le dévoilement de la programmation, mercredi après-midi, à Caraquet.

À son avis, le milieu artistique se prête particulièrement bien au nouveau défi de la virtualité à travers leurs oeuvres.

«Les oeuvres d’art sont pour tout le monde, rappelle-t-il. Tout le monde doit aussi s’adapter et se serrer les coudes afin de traverser le moment présent. C’est dans la nature des artistes de se réinventer et de sortir en dehors de la boîte. Pour eux, c’est un exercice naturel. La pandémie n’est pas un obstacle, mais une épreuve qui nous pousse à changer. C’est vrai qu’avoir un lieu physique où nous pouvons admirer les oeuvres est toujours mieux, mais avec les réseaux sociaux et la technologie, nous aurons une édition virtuelle assez intéressante.»

La marraine Élisabeth Marier, originaire du Québec et demeurant à Caraquet depuis 13 ans, se spécialise dans les oeuvres de verre fusionné. Elle a accepté cette responsabilité dans cette ambiance complètement différente.

«La démarche de création est un élément essentiel du travail de créateur, juge-t-elle. Pouvoir le partager avec les gens d’ici est merveilleux. On présente le travail dans le vif du sujet, dans la mesure où il évolue. C’est aussi un sujet qui se traite bien virtuellement. Je n’aurais pas pu présenter ce travail avec autant de punch que s’il avait fallu que j’attende que ce soit terminé, comme dans un FAVA non virtuel.»

Depuis le début de la pandémie, le monde artistique a appris à vivre simplement, ajoute-t-elle.

«Les artistes sont des administrateurs extraordinaires, car ils font des miracles avec très peu. Il y a des années d’exploration et des années de présentation. Pour moi, c’est un beau moment. On espère tous que cette pandémie aura une fin et qu’on pourra présenter nos nouvelles oeuvres. On a quand même des sites web et des réseaux sociaux dans lesquels nous les présentons. Ce sont des outils extraordinaires pour que les gens puissent voir notre travail de loin. C’est certain que nous préférerions tous les voir en personne, car être devant une oeuvre n’est pas la même chose. Mais on fait avec ce qu’on peut», note l’artiste.

La programmation complète du 24e Festival des arts visuels en Atlantique est désormais disponible sur leur page Facebook ou encore sur leur site web.