Cayouche rêve de reprendre la route

Si Cayouche se réjouit de remonter sur scène pour retrouver le public, c’est avant tout la route qui lui manque. Ce troubadour du country rêve du jour où il pourra repartir en tournée dans les Maritimes et au Québec.

«Moi c’est la route, les motels pis les restaurants qui me manquent le plus. On a du fun là-dedans. Quand Cayouche arrive dans un petit village, il est traité comme un roi. Nous autres, on amène de la joie partout où on va», a-t-il confié en entrevue.

À une semaine du spectacle country à Memramcook, l’Acadie Nouvelle s’est entretenue avec le chanteur qui n’a rien perdu de son franc-parler et de son humour. Celui qui habite à Maisonnette dans la Péninsule acadienne depuis plus de 11 ans nous a raconté qu’il n’a pas fait grand-chose depuis le début de la pandémie.

«J’ai rien fait entoute. J’essaie de faire passer le temps, c’est ça que je fais. Nous autres, on s’amuse tout le temps icitte avec mes chums, on fait de la musique, mais des spectacles je n’ai pas fait de l’année», a raconté le chanteur qui habituellement est très occupé pendant la saison estivale.

C’est surtout au Québec qu’il se produit en spectacle. Il offre sensiblement le même spectacle depuis quelques années en parcourant l’ensemble de son répertoire. Le public ne se lasse pas de ses chansons, même que les spectateurs de tous les âges chantent avec lui. La reine du bingo, L’alcool au volant et La chaîne de mon tracteur sont les grandes favorites du public.

«Si je fais pas La chaîne de mon tracteur dans un spectacle au Québec, je vais me faire battre. L’alcool au volant itou. Au Québec, même les enfants savent toutes les paroles de toutes mes chansons. Moi je dis astheure que c’est pu moi qui fait le spectacle, c’est le monde qui fait le spectacle. Quand on a 2000 personnes qui chantent, ça fait une belle chorale.»

Panne d’inspiration

Il y a longtemps que Cayouche n’a pas composé de nouvelles chansons.

«Non, je compose pu astheure. Je décompose. Je suis trop vieux», ironise le chanteur dans un grand rire.

«Je pense qu’une des grosses raisons que je fais plus de tounes, c’est que j’ai pu d’aventures. Dans ce temps-là, je voyageais sur le pouce et les affaires que je voyais ça m’inspirait à faire une toune. Astheure, je suis assis à la maison icitte pis je fais rien. Y a rien qui m’inspire.»

En 2019, il a fait paraître une compilation qui rassemble 21 chansons marquantes de son parcours. Dans cette vaste sélection, Portrait de mon père demeure sa pièce préférée qui le touche particulièrement.

Premier artiste à être distribué par Distribution Plages, il figure encore parmi les musiciens acadiens du Nouveau-Brunswick à avoir vendu le plus d’albums en carrière. On estime à environ 125 000 albums vendus depuis 1994. Ses affaires vont bien, même si le chanteur avoue que l’argent ne reste pas très longtemps dans ses poches. «Mon père me disait quand ça marche, essaie pas de l’arranger.»

En route vers Memramcook

Le 26 septembre, les amateurs de country pourront réentendre les chansons du vieux hippie qui partagera la scène avec Laurie LeBlanc et le groupe Réveil dans un grand concert extérieur. Est-il fébrile à l’idée de remonter sur scène après une aussi longue pause?

«Je suis pas sur les nerfs, mais ça va être différent. Ça fait un élan que j’ai pas fait ça. On va voir…»

Il sera entouré des musiciens Johnny Comeau, Marty Melanson et Danny Maillet.

«Comme la Sagouine le dirait, v’nez nous ouère. On va s’amuser et on aura des petites bouteilles brunes», lance celui qui est demeuré fidèle à son Alpine. «C’est pu à tous les jours parce que je peux pu, mais à tous les deux jours», lance-t-il en riant.

Après Memramcook, le chanteur ne sait pas quand il pourra reprendre les tournées, peut-être en 2021, espère-t-il.

Né en 1949 à Moncton, le chanteur qui a vécu pendant de nombreuses années aux Massachusetts a eu sa première guitare à l’âge de 15 ans. Après avoir repris les chansons des autres, il a commencé à composer ses propres pièces à son retour au Nouveau-Brunswick. C’est le vieux country qui l’intéresse comme celui de Merle Haggard et de Johnny Cash. Le country moderne le laisse indifférent.

«Dans ce temps-là, c’était laid ce monde-là. Mais ça chantait en tabarouette par exemple. Aujourd’hui, c’est tout du beau monde et avec la technologie qu’ils ont astheure, n’importe qui peut bien chanter. Astheure, il faut que tu sois beau pour que ça marche.»

Le concert extérieur est présenté le 26 septembre à 20h dans le stationnement arrière du Monument-Lefebvre à l’occasion du 25e anniversaire du village de Memramcook. Tous les billets doivent être achetés à l’avance.