David Myles revient au bercail

Après 15 ans à Halifax, David Myles revient vivre dans sa ville natale à Fredericton. L’auteur-compositeur-interprète confie qu’il rêvait depuis longtemps de ce déménagement qui pourrait l’amener à travailler davantage en français.

«Quand j’avais 20 ans, je me demandais si c’était possible de faire une carrière en musique. Je l’ai fait et maintenant, je me demande: est-ce que ce sera possible de le faire d’ici (Fredericton) parce que ç’a toujours été mon rêve de faire ce que je veux d’ici. C’est sûr que ce sera un défi, mais c’est un défi intéressant pour moi et je crois que ça vaut la peine», a exprimé David Myles au cours d’un entretien téléphonique depuis sa nouvelle résidence.

Il a déménagé dans la capitale provinciale avec sa conjointe et ses deux enfants de 8 ans et 5 ans, il y a deux semaines, tout juste avant la rentrée scolaire. Ce retour à la maison le rapproche de sa mère qui demeure dans la capitale provinciale.

Il a quitté son patelin vers l’âge de 16 ans pour poursuivre ses études secondaires en Belgique puis à l’Université Mount Allison en science politique. C’est après ses études universitaires qu’il a choisi de tenter sa chance en musique, une passion qu’il nourrissait depuis sa jeunesse.

Après une douzaine d’albums, des années de tournées à travers le pays et le monde, David Myles a eu envie de prendre du recul. Forcé de suspendre ses spectacles en raison de la pandémie, il a passé ainsi plus de temps en famille, ce qui l’a fait réfléchir à son avenir et à ses priorités. Au cours des 15 dernières années, il y avait toujours quelque chose qui l’empêchait de déménager: les tournées, sa carrière, le travail de son épouse, la communauté musicale de Halifax, la proximité des studios, un aéroport international. Avec la pandémie, tout a changé, confie l’artiste.

«Ma femme a commencé à travailler de chez nous et on a vu qu’elle pouvait faire son travail de n’importe où. De mon côté, il n’y avait plus de tournées, plus de voyage, mais aussi j’ai vu que je n’avais pas vraiment envie de revenir à la vie d’être toujours en tournée. Pendant les six derniers mois, j’étais avec les enfants tous les jours. J’ai vu que c’était génial. Pour les prochaines années, je vais choisir les spectacles et les tournées. On a vu que c’était le moment pour faire ce changement qu’on espère depuis des années. C’était parfait parce que ma fille commence l’école cette année.»

Un déménagement éclair

Ils ont pris la décision de déménager à la fin juillet. Deux semaines plus tard, leur maison était vendue et ils achetaient une nouvelle résidence à Fredericton. David Myles adore cette ville. D’une famille de quatre enfants, il est le seul qui habite à Fredericton, ses frères étant établis dans l’Ouest et en Nouvelle-Écosse.

«Ma mère est super contente. Pour nous, c’est génial et pour mes enfants, c’est excellent. On la voit tous les jours maintenant. Être dans une ville qui est un peu plus petite que Halifax, c’est bien parce qu’on aime courir, faire du vélo et c’est une ville parfaite pour ça. Les sentiers sont magnifiques et les parcs sont vraiment super.»

Côté carrière, David Myles estime qu’il a encore le temps de voir venir les choses. En plus de produire une émission du genre talk-show sur la chaîne YouTube, il a commencé à travailler à la création d’un premier album de musique instrumentale. Une musique un peu groovy, jazz et soul. Le chanteur et guitariste qui est aussi trompettiste a son petit studio à la maison, lui permettant ainsi de créer des pièces tout en collaborant avec d’autres musiciens à distance.

«J’ai vu que c’était possible de faire toutes ces choses de chez moi. Et chez moi, ça peut être n’importe où. Si je me demande où je veux vraiment habiter, c’est clair que c’est ici à Fredericton. J’aime bien travailler avec d’autres musiciens et on peut le faire avec un ordinateur. On n’est pas si loin que ça du Québec et de Halifax. Ça me donnera la chance probablement de travailler encore plus en français.»

Les musiciens font face à des défis surtout dans le contexte actuel, et ce, peu importe où ils habitent, estime-t-il. Celui qui n’a pas offert de spectacle depuis le 12 mars dernier envisage de remonter sur scène surtout en solo étant donné que les auditoires sont plus petits.

Depuis la parution de son premier disque en français, le chanteur a toujours ce désir de réaliser un deuxième projet dans la langue de Molière. «J’ai des idées, mais je ne sais pas quand je vais les faire.»

Ses débuts sur la scène francophone ont été très remarqués notamment à la FrancoFête en Acadie en 2018 où il avait récolté de nombreux prix.