FAVA: une édition virtuelle «très différente» des autres

Le Festival des arts visuels en Atlantique marque souvent le début de la saison estivale à Caraquet. En raison de la pandémie, l’événement a été reporté à la fin septembre, avec une majorité d’activités en ligne. Malgré les contraintes, les organisateurs tirent un bilan positif de cette édition virtuelle et «très différente» des autres.

Le FAVA s’est déroulé du 23 au 26 septembre.

Lors d’un FAVA «normal», nombreux sont les amateurs d’arts visuels qui parcourent le Carrefour de la mer pour y admirer des œuvres d’artistes locaux et d’ailleurs ainsi que pour rencontrer des créateurs. Cette année, les gens ont pu rencontrer des artistes par le biais de capsules vidéos publiées sur Internet.

Pour Pauline Dugas, directrice artistique du FAVA, rien ne peut remplacer le contact direct avec un artiste, mais la tenue d’un événement virtuel a permis d’apporter quelque chose de nouveau à la table et d’élargir le public.

«Des fois, quand on va à l’événement, on parle avec l’artiste, mais en raison du grand nombre de personnes, on n’a pas vraiment le temps d’aller en profondeur dans la démarche artistique et ainsi de suite. C’est sûr que le contact est toujours intéressant, mais il se passe quelque chose d’autre avec un événement virtuel. Normalement, nous avons notre public local du Nouveau-Brunswick. Il suit le FAVA depuis des années, mais cette année, sur les réseaux sociaux, il y avait 70 000 personnes d’atteintes. C’est certain que nous n’avons pas eu cette visibilité dans le passé.»

La formule virtuelle a aussi permis à l’équipe d’envisager une plus grande participation du public. Lorsque le report du FAVA a été annoncé au printemps, on a tout de même mis sur pied l’activité Sketch atlantique, qui encourageait la population à soumettre des sketchs, ou dessins d’observation, à un concours. Deux prix de 500$ ont été remis.

Durant le FAVA, des artistes établis, Raynald Basque (Nouveau-Brunswick), Dominique Hurley (Terre-Neuve-et-Labrador), Lucie Bernadette Bellemare (Île-du-Prince-Édouard) et Denise Comeau (Nouvelle-Écosse), ont publié des sketchs réalisés du 23 au 26 septembre, sur Facebook.

«Vers le début de la pandémie, on a fait le pari d’établir un public virtuel. On a mis sur pied Sketch atlantique. J’aime les défis et la pandémie nous a forcés à aller ailleurs. C’est sûr que nous avions déjà songé à des projets numériques, mais la situation nous a précipités vers ça. On était prêt d’une certaine façon. Même sans les rencontres avec les artistes, on voulait que le public puisse y trouver son compte. Le caractère intimiste d’une version virtuelle a permis de créer quelque chose d’autre.»

Le FAVA ne s’est pas déroulé entièrement dans la sphère virtuelle. L’exposition Les Sentinelles, un projet initié par le designer Jean-Marc Gionet et le Centre culturel de Caraquet, rassemble neuf sculptures de goélands peintes par des artistes du Nouveau-Brunswick. Chaque oiseau installé à l’extérieur du Carrefour de la mer est unique.

Même lorsque le Nouveau-Brunswick et le reste du monde connaîtront un retour à la «normale», le FAVA continuera de retenir des leçons de cette année particulière.

Par exemple, l’activité Sketch atlantique s’est avéré assez populaire qu’on envisage de créer une version pour le grand public qui se poursuivrait à longueur d’année.

Selon Pauline Dugas, l’équipe envisage de créer une version de Sketch Atlantique pour le grand public qui se poursuivrait à longueur d’année.

«On est en train de prendre la décision. Il pourrait y avoir des activités dans les écoles et un calendrier pour sketcher en groupe, en tenant compte de la distanciation bien sûr, tant que la pandémie se poursuit.»