Caraquet fête la poésie malgré la pandémie

Le job de la poésie, c’est de porter un regard différent sur notre monde. «On a besoin de ça en ce moment et si on le réussit, ce sera tant mieux», se croise les doigts Jonathan Roy.

Dans quelques heures, le 24e Festival de la poésie de Caraquet sera lancé. Ce qui est déjà un exploit en soi.

Il n’y aura pas de cérémonie d’ouverture comme telle. Le départ de ce grand rassemblement se traduira par le dévoilement de l’exposition «J’écris vers toi, ensemble» à la Place du Vieux Couvent de Caraquet… si le temps le permet.

Douze poètes de la francophonie canadienne ont été appelés à présenter des œuvres à lire dans l’espace public, physique et numérique. De grandes affiches de ces compositions seront placées sur les murs de l’établissement. Mais mercredi, la pluie et le vent ont usé la patience des installateurs…

Le premier événement «public» de la programmation 2020 est prévu samedi, à 11h, avec le premier de trois vidéopoèmes «Au fil du courant», dès 11h, au Cinéma du Centre de Caraquet.

Jusqu’au 31 octobre, le festival présentera diverses activités reflétant son thème, «Proches dans la distance», une référence à la résilience par rapport à ce qui s’est passé avec la COVID-19 depuis plus de six mois.

«Les gens qui sont habitués à nous suivre ont certainement remarqué que nous avons déplacé notre festival de l’été à l’automne, mentionne son directeur artistique et coordonnateur. Nous avons su assez tôt qu’il nous aurait été impossible de présenter un festival en présentiel. En août, on a établi qu’une édition numérique n’était pas la solution gagnante. On a donc décidé d’attendre à l’automne pour que les choses se tassent un peu.»

Lors de l’arrivée de la pandémie, Jonathan Roy et son équipe avaient déjà tout planifié. Les ententes avec les poètes invités avaient été complétées.

«Quand tout ça est arrivé, on s’est ressaisi et nous avons choisi de ne pas annuler. On ne voulait pas abandonner le festival et le public. La poésie se porte bien et ç’aurait été pour nous un trop grand deuil de laisser tomber», estime-t-il.

Outre l’exposition «J’écris vers toi, ensemble» et les trois vidéopoèmes – les deux autres se dérouleront les 17 et 31 octobre –, la programmation comprend également des entretiens à distance entre deux poètes (cinq en tout) sur la page Facebook du festival et sur YouTube.

La grande traversée poétique sera organisée du vendredi 23 octobre, dès 21h, au dimanche 25 octobre, à 21h. Le festival littéraire Québec en toutes lettres propulsera ce grand événement numérique de poésie en continu sur sa page Facebook, qui réunit 200 artistes de 20 pays, dont cinq Acadiens (Émilie Turmel, Emma Haché, Joannie Thomas, Pauline Dugas et Sébastien Bérubé). La diffusion sera relayée sur la page Facebook du Festival acadien de poésie.

Durant tout le mois, une quarantaine d’artistes illumineront le contenu du festival, se réjouit Jonathan Roy. Et vous pouvez parier votre chemise que les allusions à la COVID-19 seront très rares…

«On veut oublier cette lourdeur, avoue Jonathan Roy. Nous avons tous vécu une sorte de panne de courant avec ça. Je ne crois pas que personne ne voudra le thématiser…»