Joseph Edgar de retour sur disque

«Tout est tombé en place comme dans un rêve», affirme Joseph Edgar qui est de retour avec une nouvelle collection de cinq chansons qui témoignent bien de l’univers diversifié de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Moncton.

Le chanteur et poète est loin d’avoir dit son dernier mot comme il l’avait laissé entendre à la fin de 2019 alors qu’il était sur le point de prendre une pause de la scène musicale pour entreprendre de nouveaux projets artistiques. La vie en a décidé autrement et l’artiste lancera un nouvel opus Peut-être un rêve ce vendredi.

Tout comme pour la plupart des artistes, la pandémie est venue chambouler la vie de Joseph Edgar. Celui qui devait incarner l’écrivain Jack Kerouac dans un opéra de la musicienne gaspésienne Mathilde Côté (livret du slameur Ivy), en 2020, s’est vu du jour au lendemain devant rien. Tout a été remis à l’année 2022. Pour se consacrer entièrement à cette production sur l’œuvre de Jack Kerouac qui lui tient à cœur, il avait décidé de prendre une pause de la musique et des tournées. Le 12 mars, tout s’est arrêté en raison du confinement.

«J’étais comme quasiment dans une léthargie. Je ne voulais même pas regarder ma guitare et j’avais aucune inspiration. Je voyais aussi le fait que je ne pouvais pas m’en aller chez nous (en Acadie). Tout ça me rendait dans une zone d’ombre», a confié le chanteur.

À la fin juillet, comme par enchantement, il a eu envie de reprendre sa guitare et tout naturellement, une première chanson est sortie. C’était Peut-être un rêve, puis elle a été suivie le lendemain par Martine dit…, une pièce inspirée de tous les mouvements sociaux dénonçant les injustices, les tensions raciales, la crise environnementale, la violence faite aux femmes.

Pour réaliser ce mini disque qui marque un retour en force de l’artiste acadien, il a collaboré avec son ami de longue date, le bassiste Jocelyn Gagné.

«C’est mon “Chops” de Montréal!», lance Joseph Edgar qui fait ainsi un clin d’œil au bassiste Marc Arsenault du défunt groupe Les Païens avec qui il a souvent collaboré.

En un mois, les chansons ont été composées et l’album a été enregistré, mixé et finalisé. Tout s’est passé un peu comme dans un rêve, confie l’artiste qui a le sentiment parfois de vivre quelque chose d’un peu surréel.

«Peut-être un rêve, je trouve qu’en fin de compte ça représente bien le surréel de tout ce qui se passe tout de suite et aussi le surréel de comment cet album-là s’est fait.»

Si la pandémie teinte ce nouveau disque, il reste que l’auteur-compositeur-interprète n’a pas cherché nécessairement à s’en inspirer ou à en parler dans ses chansons. Le contexte de la pandémie est en filigrane. Joseph Edgar qui est établi à Montréal (qui passe en zone rouge) se désole de voir les salles de spectacle et les théâtres contraints de fermer à nouveau leurs portes, surtout les établissements qui avaient des pièces en production.

«À ce point-ci, je suis dans le canot et la rivière m’apporte dans ce courant-là. Je roule avec le courant. J’ai plein d’amis qui sont outrés et je comprends, mais moi tout de suite je regarde ça et je me dis c’est ça.»

L’art de la mélodie

À la fois intense et rempli de douceur, ce nouvel opus de Joseph Edgar conjugue plusieurs influences musicales. On y retrouve même une chanson country bien assumée. Il n’a rien perdu de son don pour les mélodies.

«Les derniers albums, c’était beaucoup la musique qui venait avant. Pour ceci, je n’ai rien vu aller et je travaillais jusqu’à tard le soir pour peaufiner les paroles et les mélodies. J’étais chanceux, j’étais chez nous, je travaillais dans la cour. C’était une première de ne pas aller à mon studio. Jocelyn Gagné a son studio à 3 minutes à pieds et j’allais là pour peaufiner des affaires.»

Sur ce disque, on retrouve, entre autres, une version moderne de la chanson Requiem pour un con de Serge Gainsbourg qu’il a intitulée Une autre histoire de con.

Peut-être un rêve sort sur la plupart des plateformes numériques le 2 octobre. Le disque sera accompagné d’un vidéoclip réalisé par Jean-Pierre Morin et la pochette a été créée par Mark Young, deux artistes de Moncton. Pour l’instant, le disque sera disponible seulement en format numérique. Il pourrait éventuellement y avoir un second chapitre à cette aventure musicale.