Dieppe: lumière sur les talents locaux

Pour son 10e anniversaire, le Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD) propose une programmation colorée et variée qui met en valeur les produits et les artistes locaux. Une chose est certaine, ce ne sera pas une saison ordinaire, assure le directeur par intérim, Louis Doucet.

Les responsables du CACD ont dévoilé, lundi, la programmation de la saison 2020-2021, marquant ainsi le début des festivités du 10e anniversaire. Malgré la relance progressive de ses activités culturelles, le centre se prépare à offrir une nouvelle saison assez diversifiée dans plusieurs disciplines artistiques.

Fidèle à son mandat, la famille sera au cœur de cet éventail d’activités en musique, chanson, arts visuels, cinéma, art culinaire, littérature, humour et théâtre. Pour arriver à concocter cette saison, la direction a créé des alliances avec plusieurs organismes.

«Si on le fait en partenariat, c’est d’autant plus facile. Ça risque aussi d’amener du monde qui normalement ne serait pas rentré aussi rapidement dans le centre», a expliqué Louis Doucet.

Parmi les nouveautés, mentionnons l’activité Un midi, un pays, une rétrospective de cinéma francophone, un festival d’art culinaire Goût de France, une exposition numérique sur la bande dessinée et la tenue du Salon du livre de Dieppe. En plus des expositions présentées dans la Galerie d’art, on offre une nouvelle activité Les soirées peinture et vin avec l’artiste en résidence Georgette Bourgeois.

Près d’une quinzaine de spectacles mettant en vedette des artistes de l’Acadie tels que Matt Boudreau, Chloé Breault, Émilie Landry, David Myles et Sandra Le Couteur figurent à la programmation. À cela, s’ajoute la série classique des Jeunesses musicales du Canada et deux spectacles d’humour avec Katherine Levac, ainsi que Hert et Rhéal LeBlanc. En chanson, le Centre accueillera aussi l’auteur-compositeur-interprète Wesli en février. En théâtre, on présentera, entre autres, Les chanteuses se cachent pour mourir de la nouvelle compagnie de la région de Dieppe, Théâtre du Tsar. La Caserne présentera aussi le spectacle d’ouverture de la FrancoFête en novembre.

Une grande partie des spectacles sera présentée dans une formule hybride conjuguant public en salle et virtuel, du moins tant et aussi longtemps que la Caserne ne fonctionnera pas au maximum de sa capacité. Au cours des derniers mois, l’équipe du centre a investi des fonds pour convertir la Caserne en studio d’enregistrement.

«Pour ceux d’avant Noël, c’est une formule hybride. Pour ceux d’après Noël, on verra selon la situation. On a même imaginé une formule qu’on va probablement explorer en début de saison avec du présentiel en salle et une formule cabaret – soit dans l’atrium ou dans la galerie – où les gens pourraient voir sur écran géant exactement ce qui se passe dans la salle.»

La plupart des artistes de l’extérieur de l’Atlantique qui devaient se produire au centre, cette saison, ont été remis à l’automne 2021, à l’exception des spectacles de Katherine Levac et Wesli. La pièce du Théâtre du Fret, Les 3 p’tits vieux qui ne voulaient pas mourir, sera aussi à l’affiche du CACD.

«Cet hiver, il y en a trois qui viennent du Québec, mais ils se font dans le cadre d’une tournée qu’on a concoctée avec Radarts. Quand ils arriveront ici, ils auront été largement en confinement. On a maintenant la fameuse clause Covid dans nos contrats qui nous protège. On ne connaît pas le futur, mais on espère qu’on va réussir à protéger notre bulle. C’est pour ça qu’on est très vigilant.»

Toutes les mesures sanitaires et de distanciation sont en place, assure Louis Doucet. La salle La Caserne de 224 sièges limite sa capacité à un maximum de 75 places (tout dépendant des bulles).

Le défi du financement

Avec un budget annuel qui frôle le demi-million $, le centre cherche à diversifier ses sources de revenus, soutient Louis Doucet. Au cours des derniers mois, l’établissement du centre-ville de Dieppe a perdu 57 000$ en revenu locatif en raison de la pandémie.

«Le centre est aussi utilisé pour des colloques, des conférences et des réunions. On en a beaucoup perdu. Ces pertes sont des sommes qu’on ne peut pas investir en programmation. Il y a là un défi. Ça nous prendrait un peu plus de capital de risque.»

Cette semaine, le centre offre quelques activités gratuites afin de souligner son 10e anniversaire. La direction souhaite ainsi rendre accessibles les arts et la culture à l’ensemble de la communauté. Louis Doucet, qui a œuvré au fondement du centre et assuré la présidence à ses débuts est de retour comme directeur intérimaire. Il estime que le centre joue un rôle important dans la communauté, surtout à Dieppe; une des villes canadiennes comptant le plus grand nombre de jeunes familles.

«J’ai eu le privilège de grandir dans les arts et la culture parce que ma famille y croyait beaucoup. J’ai vu comment ça m’a changé et je suis convaincu qu’on peut faire la même chose avec nos jeunes. Il faut leur donner des occasions de toucher aux arts et à la culture. Moi, c’est une conviction de vie et ça me fait plaisir qu’on prenne cette direction vers les jeunes familles.»

En plus d’une galerie d’art et d’une salle de spectacle, le CACD loge plusieurs organismes, dont une librairie, une académie de ballet et de danse moderne, une école de musique, une radio et des studios d’art, ainsi que des bureaux dont celui du Salon du livre de Dieppe.